En liberté!, sans conditionnel, joue le sens de la dé…fête et nous laisse avec le même sentiment formidable qu’Intouchables

Quatrième jour et voilà, mon Fiff est déjà réussi. J’ai vu la pépite que j’attendais… sans l’attendre. Attention, merveille ! Pourtant, rien n’y préparait. Et, à vrai dire, j’avais prévu d’aller voir autre chose qu’En liberté ! Faut dire qu’on aime tant se faire enfermer. C’était sans compter un Pierre Salvadori au sommet de son art, dramatique autant que comique. Je n’avais pas entendu parler de ce film et j’ai eu le bonheur de le rencontrer sans a-priori, sans idée préconçue, d’en rire à ne plus savoir m’arrêter et de réprimer aussi l’émotion. Dans les mêmes conditions que la fois où j’ai vu Intouchables, des semaines avant sa sortie et le succès qu’on sait.

Salvadori nous entraîne (sur une musique féroce de Bazbaz) ainsi dans une histoire comme on aime en raconter aux grands enfants, ôtant le voile des apparences, là où « les innocents reviennent avec la cruauté des victimes ». Pour l’heure, c’est une grosse baston de blockbuster avec un Vincent Elbaz en super-flic (mais pas trop) à laquelle on assiste. Une histoire comme Yvonne (Adèle Haenel resplendissante), flic aussi, aime en raconter à son fils depuis que son mari de flic est mort en héros… alors qu’il était le plus vil des ripoux. C’est ce qu’elle apprend lors d’une perquisition homérique d’un club sado-maso (attachante et hilarante ménagerie). Ripoux d’époux au point d’envoyer Antoine (Pio Marmaï explosif et intenable dans un rôle complètement barge), un innocent, en prison, huit ans durant et de quoi rendre zinzin. Et ça, dans son luxe factice, Yvonne ne peut l’accepter.

En liberté… s’esquisse sans conditionnel, dans une folie dure plutôt que douce, un délice de scénario et des dialogues merveilleux. Là où le film aurait pu être un drame crasse et sans espoir, c’est un running-drame cocasse et inespéré qui nous embarque dans sa course. Laissant un peu sur le côté un Damien Bonnard ne sachant sur quel pied danser entre virilité et amour transi : là aussi un beau rôle. De quoi faire le ménage jubilatoirement parmi des thèmes sérieux et d’actualité : une relation basée sur le mensonge, le deuil du héros, la culpabilité de l’innocent se demandant s’il ne vaut pas mieux être un salaud et les problèmes de communications à cause de parasites ou par omission. Tout s’imbrique magnifiquement dans cette comédie qui manie habilement tendresse, douceur, foutage de gueule permanent, quelques scènes complètement bouleversantes (celle des amoureux qui se sont trop attendu, de quoi prouver s’il le fallait encore, tout l’humanisme d’Audrey Tautou) et d’autres qui vont vite devenir d’anthologie.

En liberté ne pouvait mieux porter son nom tant son réalisateur s’autorise tout dans cette variation autour des dégâts que font la prison, le mensonge… la vie surtout. Il la braque sans pudeur mais avec ardeur, la saisissant par les cornes pour la faire tourner jusqu’à ce que crise de rire s’ensuive, une prise de conscience aussi, pas vaine. Ici, rien n’est calculé tout est dans l’amour du spectacle, le sens de la fête… qui n’a jamais vraiment eu lieu et dont on paie les pots cassés. Et le spectateur entre dans la combine pour aider à les réparer. Prodigieux.

Titre : En liberté !

Réalisateur : Pierre Salvadori

Acteurs : Adèle Haenel, Pio Marmai, Damien Bonnard, Audrey Tautou, Vincent Elbaz…

Genre: Comédie dramatique

Durée : 108 min

Date de sortie : le 31/10/2018

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