Monstruos’été #8 : un vieux grimoire pour prouver que cette sorcière-exorciste d’Alexis et ses démons ont plusieurs vies.

Mesdames et messieurs, venez assister à notre grand lâcher de monstres en ville. À toute heure du jour ou de la nuit, les freaks ont désormais quartier libre, au-delà de la pleine lune et du fatidique 31 octobre, hiver comme été. Et en cet été caliente, on en a trouvé beaucoup dans le monde de la BD pour refroidir un tant soit peu vos ardeurs et faire l’objet d’une série thématique. Il y a presque 15 ans, une héroïne d’un style nouveau et auquel les lecteurs n’étaient pas vraiment habitués faisait ses premiers pas au CRPS (Centre de recherche des phénomènes surnaturels) et, par la même occasion, dans le Journal de Spirou: Alexia. Une curieuse exorciste dont la vie ne mettrait pas longtemps à se compliquer dangereusement et diaboliquement entre des collègues soit possédés soit n’ayant pas toutes leurs frites dans le même paquet et un héritage lourd à porter. Les années ont passé et pourtant comme sous l’effet d’un filtre de jeunesse ou d’immortalité, l’héroïne de Vincent Dugomier et Benoit Ers n’a pas pris une ride. Ni même livré tous ses secrets et ses mystères.

© Dugomier/Ers/Scarlett chez Dupuis

Résumé de l’éditeur: Le C.R.P.S., Centre de recherche des phénomènes surnaturels, est une institution discrète qui a pour mission de lutter contre les événements paranormaux qui pourraient bouleverser l’équilibre de notre planète. Devant la recrudescence de phénomènes inquiétants et inexpliqués, le centre décide de faire appel à une jeune exorciste, Alexia. Tout le monde ignore, à commencer par elle-même, qu’elle descend d’une des plus éminentes sorcières de Salem !

© Dugomier/Ers/Scarlett chez Dupuis

Alors que pas mal de fans attendent toujours une hypothétique (et guère gagnée) reprise de la série, voilà que les quatre premiers tomes des Démons d’Alexia se rappellent à notre bon et envoûté souvenir dans une première intégrale d’un bien bel acabit: dans la même veine (forcément noire) que l’intégrale de Green Manor (là encore, on en attend tellement la suite).

© Dugomier/Ers/Scarlett chez Dupuis

Comme un grimoire à la couverture un peu usée mais qui aurait résisté aux siècles pour parvenir jusqu’à nous sans que son sinistre contenu n’ait perdu son pouvoir de fascination et de destruction. D’ailleurs, les auteurs essaient bien de nous prévenir mais le feu du Malin semble avoir eu raison de leur secret et nous laisse face à un monde démoniaque, bien plus profond et abyssal qu’il n’y paraît.

© Dugomier/Ers/Scarlett chez Dupuis

Spirou, 2003, 3414e album et une couverture qui me glace encore le sang aujourd’hui, après une histoire courte (reprise dans le présent album) et deux premiers épisodes de ce premier récit à suivre, L’héritage, Alexia prenait la vitrine du Journal du groom en se la jouant chien des Baskerville… ou bête du Gévaudan. Terriblement effrayant de la part de deux auteurs indissociables, Ers & Dugomier, qui ajoutaient une première corde à un arc qui s’émancipait du côté très jeunesse de leur première série (ils y reviendraient sans négliger le lectorat adulte avec Les enfants de la résistance).

© Dugomier/Ers/Scarlett chez Dupuis

Avec Alexia et ses démons qui se dévoileraient bien assez tôt, le duo offrait au lecteur un grand bain ésotérique, repoussant les limites du normal pour plonger dans des zones interdites et voyager de mystères en mystères, de révélation en révélation, jusqu’aux portes sinistres autant qu’envoûtantes de Yorthopia.

© Dugomier/Ers/Scarlett chez Dupuis

Affutée et concernée par son sujet dès le départ, la série, non contente de rendre crédible son univers ambitieux et spectaculaire, lui insufflait atmosphères et ambiances (voyages à la clé). Par le trait d’un Benoît Ers qui affinait toute sa précision et son sens des détails sans déforcer le récit intelligent de son comparse.

© Dugomier/Ers/Scarlett chez Dupuis

Magie ou sorcellerie, le tandem avait pris le meilleur des deux pour un cocktail enivrant et cauchemardant servi par de personnages attachants (Gabriel, le tavernier, justement) ou complètement glauques (Stoughton, directeur du CRPS sorti d’un sommeil profond et qui n’a rien à envier à la Dolores Ombrage de Harry Potter), entre complots, ambition, hargne et magie. Le diable personnifié mais pas forcément uniquement là où on le voit. Une série terrible !

© Dugomier/Ers/Scarlett chez Dupuis

Série : Les démons d’Alexia

Intégrale 1/2

Scénario  : Vincent Dugomier

Dessin : Benoit Ers

Couleurs : Scarlett Smulkowski

Genre: Ésotérique, Fantastique, Horreur

Éditeur: Dupuis

Nbre de pages: 204 (+16 pages documentaires)

Prix: 25€

Date de sortie: le 01/06/2018

Extraits : 

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