Les Solidarités, un pêle-mêle d’émotions pour une édition qui nous a mis face à de cruels dilemmes

Comme chaque année, à l’approche du dernier week-end d’août, la Citadelle de Namur s’est parée de ses plus jolis moulins à vent pour accueillir les Solidarités. Du rap à la chanson française, le festival offrait encore une fois un éventail impressionnant d’artistes programmés, l’occasion pour les festivaliers de découvrir, d’explorer mais aussi de se perdre dans les méandres de la Citadelle.

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Samedi, 14h. Voilà que nous entrons déjà sur le site du festival, prêts à découvrir ce qu’il nous a réservé pour cette édition 2018. Nous prenons vite marque entre l’esplanade, le Théâtre de Verdure, la nouvelle grange ou encore le Maquis ; force est de constater que cette scène n’a pas bougé depuis l’an dernier, toujours enclavée dans son entonnoir de végétation. Justement, c’est là que nous restons pour applaudir ces deux génies géniaux que sont Caballero & JeanJass. Ils avaient déjà retourné le théâtre de Verdure, cette fois c’est le Maquis qu’ils s’apprêtent à prendre d’assaut. Les camarades à Roméo Elvis offrirons un show à la hauteur des attentes d’un public adulescent et pogotant. Pourtant, le duo nous a déjà habitués à des concerts encore plus explosifs !

Nous redescendons déjà du côté de l’esplanade où un groupe culte s’apprête à monter sur scène : les Négresses Vertes. Dans leur style guinguette méditerranéenne, ils mettent le feu à la scène devant un public encore éparse mais pour le moins motivé. Sur l’esplanade baignée de soleil, ce n’est pas l’ombre de Zobi la mouche qui plane mais bien celles des dizaines de guêpes qui coursent festivaliers et boissons.

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©Benoit Demazy

C’est aux alentours de 18h que l’esplanade se remplit de plus en plus pour accueillir Thérapie Taxi et ses hits fleuris dans l’air du temps. De Hit Sale à Salope en passant par Coma Idyllique, nul doute que le groupe français a la scène dans le sang. Entre une chanteuse, Adélaïde, d’une apparente froideur et un chanteur, Raphaël, survolté et charismatique, le concert s’étire dans une douce folie qui attrape le public pour ne plus le lâcher.

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©Benoit Demazy
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©Benoit Demazy

20h. C’est sans doute un des highlights de cette édition, Eddy de Pretto entre en scène son iPhone en main. Nous l’attendions avec impatience, nous sommes ravis de l’entendre entonner ces chansons que nous connaissons déjà presque par cœur. Sa voix grave, inimitable, fait trembler la citadelle à chaque mot. Le kid nous donne le meilleur de lui-même, prouvant que son talent dépasse les studios d’enregistrements pour aller habiter la scène. Le Quartier des Lunes, Kid, Normal, Rue de Moscou, Fête de Trop, le répertoire de cet artiste est brillant et sur scène, il prend une autre dimension. Le concert se finit, nous nous hâtons peut-être de remonter mais nous sommes conquis !

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©Benoit Demazy

Il faut se presser, il est déjà 21h. Un choix titanesque s’offre à nous comme un cadeau empoisonné. À cette heure, la programmation oppose sans gêne de très grands artistes : d’un côté, il y a Lomepal, l’incontournable, de l’autre, il y a Feu! Chatterton, les rockeurs poétiques. Quel drôle de choix que de les programmer en même temps. Mais puisqu’il faut bien choisir, nous montrons au Maquis applaudir Lomepal, nous ne l’avions encore jamais vu et il nous touche dans le cœur. Quant aux cadavres exquis de Feu! Chatterton, une fois n’est pas coutume, ce sera pour une prochaine fois.

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©Benoit Demazy

Le concert de Lomepal est terrible, l’ambiance est là. Les pogos battent leur plein, les 2000 s’enjaillent mais nous, nous devons nous contenter de vivre ce concert par écran interposé. Le constat est le même que l’an dernier, le Maquis ne semble pas adapté à cette scène. C’est dommage, ça ne sert pas ce grand monsieur qui enflamme la scène avec la nonchalance qu’on lui connaît. L’atmosphère s’électrise crescendo, jusqu’à atteindre son apogée avec cette dernière chanson incontournable : Yeux disent. Le public plane une dernière fois avec Lomepal, enchanté.

22h30, encore shooté à la musique planante de Lomepal nous marchons dans la fraîcheur. Nous rejoignons la grange pour assister à la Battle 2vs2. La soirée se termine alors pour nous, doucement. La fatigue se fait sentir, le froid a raison de nous, nous laissons Alex Germys et Todiefor aux courageux.

Dimanche, 15h. Le public est enfantin en cette après-midi fraîche et venteuse. Alors qu’une foule se presse pour découvrir la jeune Lou, gagnante de The Voice Kids, une autre descend les hautes marches du Théâtre de Verdure pour découvrir Aldebert et ses enfantillages. Au même moment, du côté du Maquis, Noa Moon prend place pour nous mettre en route vers le paradis.

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©Benoit Demazy
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©Benoit Demazy

À 16h, l’Esplanade voit se former une timide assemblée pour accueillir une grande dame de la musique. Alors que les fans de Dadju sont déjà installés au premier rang, les autres festivaliers arrivent peu à peu, pour danser aux sons caribéens de Calypso Rose. Du haut de ses 78 printemps, cette grand-mère assure le show, se déhanchant comme jamais. Chaque concert d’elle est d’une énergie rare et d’une douceur absolue, celui-ci ne déroge pas à la règle. Souriante et bienveillante, la reine du Calypso a encore frappé et conquis.

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©Benoit Demazy

Après les Caraïbes, nous nous envolons pour Liège ou plutôt pour le Théâtre de Verdure où Liège viendra à nous en la personne de Piano Club & Friends. Pour ce concert unique, Anthony Sinatra accueillera bon nombre d’amis comme son comparse d’Hollywood Porn Stars, RedBoy mais aussi Pierre Dumoulin (Roscoe), Gilles Dewalque (Pale Grey), Jérôme Magnée (Dan San), Gaëtan Streel, David Leo et bien d’autres. Sur scène, ils sont plus de dix à habiter le répertoire de Piano Club avec de sublimes versions de Christine et Comets.

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©Benoit Demazy

Piano Club tire déjà sa révérence et Dadju monte déjà sur scène du côté de l’Esplanade sous les acclamations d’un public fervent qui chante plus fort encore que le chanteur. Dadju ce n’est pas la came de tout le monde, mais il faut bien avouer que ce gentleman 2.0 sait faire onduler un public. Nous ne nous attardons pas et allons flâner du côté de l’urban village où la compétition de skate fait rage, pour rejoindre ensuite le Belvédère où s’apprête à se produire Citadel Lost Kids, un jeune collectif de rappeurs namurois . Au programme : Max V et Charly Kid mais aussi Patee Gee et Bigbi de Just Tise League. Nous les redécouvrons sur scène dans une ambiance à la fois survoltée et bon enfant.

Mais, pas le temps de les applaudir jusqu’à la fin, il est déjà temps de redescendre car Juliette Armanet sera bientôt là ; pas question de la rater ! La foule est encore timide lorsque la chanteuse apparaît sur scène, mais les fans, eux sont là. Elle se met à chanter de sa voix magique et le crachin s’arrête. Malade et enceinte, Juliette Armanet offre un bien beau cadeau au public des solidarités, un concert magique et hors du temps qui fait la part belle à l’amour. Entre deux quinte de toux, cette grande artiste à mi-chemin entre Sheller et Sanson, réinvente son univers si touchant et poétique. Il fait peut-être froid, mais au son de sa voix et de sa musique, les cœurs se réchauffent.

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©Benoit Demazy

Alors que Raphaël met le feu Théâtre de Verdure, voici venu le temps de la surprise pas si surprenante que ça. Il avait été annoncé, Gad Elmaleh sera là ce soir, sur la scène de l’esplanade, entre Juliette Armanet et Julien Clerc. Un rideau noir est installé et aux alentours de 21h45, l’humoriste fait face à une foule hurlant aux anges. Il balance quelques blagues de derrière les fagots, puis il tourne une scène de sa future série Netlfix, ce pourquoi il est venu aujourd’hui. Il fait ses adieux devant la caméra, une prise, deux prises et le voilà déjà qui s’en va pour de bon.

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©Benoit Demazy

Un artiste disparaît pour qu’un autre entre dans la lumière. Ses musiciens sont en place, son quatuor à cordes est prêt, son piano blanc n’attend plus que lui. Cette fois, c’est au tour de Julien Clerc, le grand Julien Clerc, de monter sur scène. Et c’est avec une chanson puissante qu’il démarre son concert de ce soir: Utile. « À quoi sert une chanson si elle est désarmée? » Alors que le public chante avec lui, tout le monde s’aperçoit que la magie encore planante de Juliette Armanet s’opère encore, tissée par l’intemporelle voix de cet autre grand chanteur. Ma préférence, La Californie, Ce n’est rien, Hélène, Fais-moi une place, La cavalerie, La fille aux bas nylons Melissa, Double enfance… Tant de chansons, tant de tubes, que Julien livre ce soir à son public avec simplicité et humanité. Gentleman jusqu’au bout, il se lève entre chacune de ses chansons pour saluer ceux qui l’applaudissent malgré le froid et la pluie.

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© Benoit Demazy

Le public n’est peut-être pas aussi amassé que pour Patrick Bruel, mais le moment est tout aussi grand et tellement plus touchant.

Et c’est donc encore une fois avec un ponte de la chanson française que les Solidarités se terminent. L’heure est déjà au bilan, il y a eu des hauts, il y a eu des bas mais il y a eu de jolis moments avec Lomepal, Juliette Armanet ou encore Julien Clerc, et c’est cela que nous retiendrons. Ce sont ces images qui resteront en mémoire lorsque nous reviendrons l’année prochaine sur les hauteurs namuroises avec, croisons les doigts, quelques degrés de plus et un Maquis réarrangé. À l’année prochaine !

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