Monstruos’été #7 : Westerfeld and Puvilland spi…ll your head right round, right round…

Mesdames et messieurs, venez assister à notre grand lâcher de monstres en ville. À toute heure du jour ou de la nuit, les freaks ont désormais quartier libre, au-delà de la pleine lune et du fatidique 31 octobre, hiver comme été. Et en cet été caliente, on en a trouvé beaucoup dans le monde de la BD pour refroidir un tant soit peu vos ardeurs et faire l’objet d’une série thématique. En nous, il y a toujours un aventurier qui sommeille et qui développe ses talents de l’une ou l’autre manière. Certains ne reculent devant rien et aucun interdit pour étancher leur soif d’aventure, Indiana Jones qu’ils sont. C’est ainsi que la pratique de l’urbex s’est popularisée, avec des découvertes et des explorations qui valent bien quelques risques. C’est le cas d’Addie, une téméraire jeune fille qui est l’héroïne de Scott Westerfeld et d’Alex Puvilland dans Spill Zone. Spill Zone, une ville presque abandonnée si ce n’est par des « fantômes » et des phénomènes paranormaux. De quoi rajouter encore un peu plus de danger à la pratique déjà casse-cou qu’est l’urbex.

© Westerfeld/Puvilland/Sycamore
© Westerfeld/Puvilland

Résumé de l’éditeur : Il y a trois ans un événement a détruit la petite ville de Poughkeepsie, était-ce un accident changeant pour toujours la réalité de ses frontières ? La ville est devenue une zone à risque, contrôlée par le gouvernement où plus personne ne s’aventure car d’étranges phénomènes et dangers mortels guettent les curieux. Depuis cette fameuse nuit où tout a basculé, les parents d’Addison ont disparu, sa petite sœur Lexa est muette et communique avec son étrange poupée devenue animée. Addison décide de savoir ce qu’il s’est passé et pénètre clandestinement toujours plus loin dans la zone tout en respectant son propre code de survie. Elle y prend des photos qu’elle vend illégalement à une collectionneuse. A l’occasion d’une commande qu’elle ne peut refuser, Addison s’avancera encore plus loin dans le coeur de la no-go zone. Que découvrira-t-elle ?

© Westerfeld/Puvilland

Sur son fidèle destrier à deux roues, Addie file comme une balle et pourrait laisser penser qu’elle n’a peur de rien, surfant les limites du plausible et de l’impossible, du légal et de l’illégal, elle s’astreint une certaine liste de règles à ne pas franchir. Des règles qui lui permettent de continuer à exercer son passe-temps et métier de photographe saisissant tout ce qui se passe de bizarre dans la Spill Zone. Et dieu sait qu’il y a des amateurs dans le monde protégé… jusqu’ici.

© Westerfeld/Puvilland

Avec son style aussi enfantin qu’adulte et parvenant tout à fait à rallier les deux publics, Alex Puvilland est parfaitement raccord avec ce que nous raconte Scott Westerfeld. Il y a un relent de Chair de Poule tant on pénètre dans la Spill Zone comme dans une maison hantée à ciel ouvert et sous haute-sécurité. Pourtant, c’est bien plus effrayant. D’abord parce que la catastrophe qui a transformé Poughkeepsie en ville-fantôme, rien ne l’explique encore et, à l’heure actuelle, il se pourrait bien que cette métamorphose d’outre-tombe soit le fruit d’une catastrophe nucléaire. Poughkeepsie comme un nouveau et encore plus effrayant Tchernobyl ? Pourquoi pas ? En tout cas, il y a de ça.

© Westerfeld/Puvilland/Sycamore chez Rue de Sèvres

Pour le reste, pris à son jeu et à l’appât du gain, nécessaire à vivre dans la petit bicoque qu’elles occupent elle et sa soeur mutique, orphelines depuis la catastrophe; Addie va accepter une mission qui va repousser ses limites et ses règles et rapprocher le danger. Trop vite propulsée dans une vie d’adulte et de responsabilités que pour avoir tout à fait la tête sur les étoiles.

© Westerfeld/Puvilland

Ce premier tome de Spill Zone est à l’image de son contenu, radioactif. De par le trait speedé d’Alex Puvilland, dans la même veine qu’un Jeff Lemire, et les couleurs que lui a asséné Hilary Sycamore. Du high level qui varie les décors et les plaisirs pour ne jamais retomber sur ses pattes et aller plus loin, porté par un vent d’effroi assemblant les arguments trouvés (des personnages très intéressants et ambigus, notamment) par les auteurs pour ne pas faire de sur-place. Un album qui attire le lecteur à lui et le fait entrer dans ce spectacle taillé à la mesure des ambitions du trio. Et depuis la conclusion folle de ce premier acte, on ne tient plus en place. Maudits qu’on est de devoir attendre la suite.

© Westerfeld/Puvilland

Série : Spill Zone

Tome : 1

Scénario : Scott Westerfeld

Dessin : Alex Puvilland

Couleurs : Hilary Sycamore

Genre: Fantastique

Éditeur VF: Rue de Sèvres

Éditeur VO : First Second Books

Nbre de pages: 216

Prix: 16€

Date de sortie: le 23/05/2018

Extraits : 

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