Les Solidarités: la chanson utile de Clerc, la fièvre de Feu! Chatterton, les poings d’Eddy De Pretto, un Raphaël caniculaire et une place de choix pour les enfants et arts urbains

Le mois d’août vient à peine de débuter, il serait sans doute rabat-joie de déjà se projeter à la fin du mois. Pourtant, les 25 et 26 août prochains, fin de vacances ou pas, l’heure sera à la fête du côté de la Citadelle de Namur qui accueillera Les Solidarités. Il est venu le temps de baver devant une programmation plus qu’alléchante.

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Samedi 24 août, un mélange de genres et de nouveaux talents

Feu! Chatterton, les augustes oiseleurs

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Voilà un groupe qui est tant de choses à la fois : poètes incandescents, bêtes de scène magnétiques, glorieux rockeurs,… Il faut les voir, au moins une fois, pour se rendre compte la magie qui se cache derrière ce nom mystique. Si chacun de leur concert est unique, nul doute qu’ils sont tous bouillonnants d’une ferveur à laquelle il est difficile de résister. Emporté par leur musique, vous danserez, touchez par leur poésie, vous rêverez. Spoiler alert : chez Branchés Culture on trépigne déjà d’impatience à l’idée de les applaudir pour la énième fois.

Feu! Chatterton, le 25/08 à 21h (Théâtre de Verdure)

BaliMurphy, cent planètes pour un univers

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Depuis 1999, les Bruxellois de BaliMurphy ont eu le temps de peaufiner un univers bien a eu, à mi-chemin entre chansons à texte et folk. Entre ambiances festives et moments plus mélancoliques, le groupe habite la scène et captive le public. Avec leur quatrième album « Nos Voiles » ils détricotent ce qui ronge la société : la peur de l’autre. Un concert qui s’annonce d’ores et déjà touchant et plein d’espoir.

BaliMurphy le25/08 à 19h30 (Grange)

Lomepal, skateur devenu rappeur

Il faut avoir vécu dans une grotte pour ne pas avoir entendu parler d’Antoine Valentinelli, plus connu sous le nom de Lomepal. Moderne, le rappeur s’est imposé dans le game avec un son unique, brisant les codes à coup de tricks. De dérision en confession, le tout en subtilité, l’homme pâle dévoile toutes les palettes de son art en passant du rap au chant ou en grattant sa guitare acoustique. Nul doute que Lomepal touchera les solidaires dans le cœur pour un concert qui s’annonce épique.

Lomepal, le 25/08 à 21h10 (Maquis)

Eddy de Pretto, Kid dit mieux ?

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Impossible d’être passé à côté de LA révélation de l’année. Avec ses textes incisifs, ses survêtements pour seules parures et son IPhone comme orchestre, Eddy de Pretto est sans doute celui qui incarne le mieux cette nouvelle scène française foisonnante. Sensible et subtil, le kid pose des questions essentielles en racontant ses amours désenchantés et sa vision de la virilité. Chacun de ses morceaux touchent autant qu’ils interrogent et il paraît que sur scène, c’est terrible. Pas question donc de le rater. (La chronique de l’album arrive, ces prochains jours).

Eddy de Pretto, 25/08 à 20h (Esplanade)

Da Silva, la citadelle pour station balnéaire

Fils de l’indus et du punk-rock couvert de tatous et reconverti avec succès en tant qu’auteur-compositeur-interprète dans la chanson française à texte poétique, mélancolique, cathartique et sachant se faire énergique; Da Silva est une figure majeure trop souvent oubliée de la pop à la française franche et décomplexée. Architecte de la maturité de Jenifer, collaborant tous azimuts, Da Silva n’est jamais autant conquérant que quand il écrit et compose pour lui. Son dernier album, le bien nommé L’Aventure, est la dernière livraison de perles d’un collier qui commence à peser lourd.

Da Silva, 25/08 à 17h30 (La Grange)

Fùgù Mango, la fièvre tropicale version belge

Voilà un nom qui ferait presque penser à un délicieux cocktail caraïbéen, mais ce trio est bien de chez nous. Avec leur son métissé, entre afro-beat et pop, leur vocation est de faire onduler les foules, telles les vagues sur l’océan. N’hésitez plus, rejoignez ces doux aliens de la musique belge, vous ne serez pas déçus. Dans la touffeur de l’été, leur musique est un vent marin doux et frais alors, laissez-vous porter…

Fùgù Mango, le 25/08 à 19h (Esplanade)

Hyphen Hyphen, les enfants prodiges de la pop

Leur musique lumineuse et explosive était l’une des révélations de l’année 2016. Deux ans plus tard et des scènes écumées tout autour du monde, la jeune formation niçoise est de retour avec un deuxième album à paraître très prochainement. Ils reviennent à Namur pour une date exclusive. Chacune de leur performance scénique est magistrale, les manquer ne fait pas partie du programme !

Hyphen Hyphen, le 25/08 à 22h15 (Esplanade)

Thérapie Taxi, ambassadeurs de génération Z

Derrière Thérapie Taxi, il y a Adé, Raph, Renaud et des frontières repoussées à la limite de la décence. Leurs paroles sont explicites et bousculent la bien-pensance sur un ton léger. Leur univers déjanté a fait le buzz si bien qu’ils cumulent les millions de vues sur YouTube. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, ils seront là pour retourner la Citadelle très prochainement, autant s’accrocher !

Thérapie Taxi, le 25/08 à 18h (Esplanade)

Caballero & JeanJass, le retour des MC’s

Il y a deux ans, ils avaient réussi à mettre le Théâtre de Verdure sens dessus dessous, cette année, pour leur retour, il fallait une scène encore plus grande. Le Maquis devrait faire l’affaire pour contenir leur énergie tonitruante, leurs délires et leurs punchlines à la fois intelligentes et sensibles. La hâte de les retrouver se fait déjà sentir.

Caballero & JeanJass, le 25/08 à 15h10 (Maquis)

Todiefor, un cool kid des DJs belges

Du haut de ses 22 ans, Luca Pecoraro peut déjà se targuer d’avoir atteint le haut du panier des DJs belges. Épinglé par la BBC Radio One et le New York Times (rien que ça !), il tisse peu à peu son univers coloré et s’amuse dans des sets déjantés. Sur l’Esplanade, c’est là qu’il faudra être si l’on veut danser jusqu’au bout de la nuit sur les sons d’un garçon qui a le vent en poupe.

Todiefor, le 25/08 à 01h (Esplanade)

Dimanche

Raphaël et ses zones de haute-pression

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Je suis né dans cette caravane… Qui n’a pas un jour chanté cette chanson ? Eh bien c’était il y a treize ans, déjà, que Raphaël se dévoilait dans un album touchant et poétique. Depuis l’eau a coulé sous les ponts et notre homme a bien évolué, son style avec. Dans son huitième album, Antyciclone, le chanteur se livre sans filtre et évoque les sujets qui le touchent ; la perte d’un proche, l’amour inconditionnel ou encore la protection de la planète. Élégant et sensuel de ses mélodies à sa voix, Raphaël nous fera voyager sous le soleil et les intempéries de la vie. Nous partons, allez viens…

Raphaël, le 25/08 à 21h (Théâtre de Verdure)

Calypso Rose, des Caraïbes à Namur il n’y a qu’un pas pour une rose

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Calypso Rose, c’est le sourire et la joie transmise au gré d’une musique qui sent bon le soleil des îles. Ce sont aussi des combats contre les injustices sociales et les violences faites aux femmes. À 78 ans, la reine du calypso, produite par nul autre que Manu Chao, est encore au sommet de sa forme et s’apprête à faire danser les foules namuroises. Avec So Calypso!, son dernier album, elle nous entraîne à nouveau en Trinidad & Tobago entre chansons originales fleurant le calypso mais aussi le reggae et quelques reprises étonnantes mais aussi détonantes (I say a little prayer de Dionne Warwick, Rivers of Babylone des Melodians ou encore Rum & Coca Colades Andrew Sisters). Craquant et vivifiant.

Calypso Rose, le 26/08 à 16h (Esplanade)

Chaton, comme quoi tout est Possible

Avec un nom comme ça, qui aurait envie de l’écouter. Qui voudrait le voir sur scène à part les adorateurs de licornes. D’autant plus que celui qui s’appelait auparavant Siméo ne fait rien pour vous caresser dans le sens du poil. Celui qui avait autrefois une voix à la Riké ou à la Guizmo (de Tryo), l’a plongée sous anxiolytique et hautes doses de vocoder. A priori, rien pour nous séduire sur son premier album Possible. C’est tout l’inverse qui se produit sur des textes-chagrin, fruit d’une époque dérangée. Celui qui avait repris Pour que tu m’aimes encore de Céline Dion, ne croyait pas si bien chanter. Un vrai OVNI à ne surtout pas rater.

Chaton, le 26/08 à 18h30 (La Grange)

Gauvain Sers, le gavroche de la chanson française

Difficile d’être passé à côté de cette révélation musicale. Repéré par Renaud (dont il doit encore sortir un peu de l’ombre) en 2016, Gauvain Sers a rapidement réussi à conquérir le cœur des amoureux des mots sublimés en chanson. Les premières parties de légendes, c’est désormais fini. Maintenant, il chante ses textes engagés sur le devant de la scène. Comme un miroir de notre époque, son album Pourvu a déjà l’aura de ces disques qu’on chantera encore pour un bout de temps.

Gauvain Sers, le 26/08 à 19h (Théâtre de Verdure)

Dadju, groovy gentleman

Issu d’une famille de musiciens, petit frère d’un certain Maître Gims, Dadju ne pouvait louper une remarquable entrée sur scène. Son premier album, Gentleman 2.0, s’est rapidement imposé en haut des classements, il y partage un univers vibrant de sonorités africaines dans un emballage de R’n’B et hip-hop. Adulé par tout un public, nul doute qu’il sera un incontournable de cette édition.

Dadju, le 26/08 à 18h (Esplanade)

Delta, les pieds dans la pop, la tête dans les étoiles

Après quelques titres largement diffusés sur les ondes belges, le duo formé par Benoît Leclercq et Julien Joris a enfin sorti son premier album « À ciel ouvert« . Au programme, une pop délicieuse et rafraîchissante, des mélodies parfois planantes, souvent entraînantes et des tubes en puissance. Sur scène, ils sont chaque fois meilleurs, on a déjà hâte de les retrouver sur la scène du Maquis.

Delta, le 26/08 à 17h (Maquis)

Juliette Armanet, petite amie de la chanson française

Moderne, poétique, subtil et éthéré, tant de mots pourraient décrire l’univers raffiné de cette nouvelle coqueluche de la nouvelle scène francophone. Derrière son piano, en tissant la toile de sa personnalité, Juliette Armanet rappelle des monuments de la chanson comme un William Sheller ou une Véronique Sanson. L’invitation est lancée, il vaudra mieux répondre présent pour un moment hors du temps.

Juliette Armanet, le 26/08 à 20h (Esplanade)

Clara Luciani, dégoupillée

À la croisée des mondes de la pop, du rock et de la chanson à texte, Clara Luciani s’est révélée au gré de titres percutants tels La Grenade ou Monstre d’Amour et de son duo avec CalogeroTalentueuse auteure, interprète et compositrice, elle saura emmener le public des solidaires dans son univers personnel à résonance universelle.

Clara Luciani, le 26/08 à 21h (Grange)

Piano Club & friends, pour un concert d’anthologie à la liégeoise

Entouré de la crème de la crème de la scène liégeoise, Piano Club montera sur scène aux Solidarités pour un concert unique qui s’annone déjà incroyable. Une quinzaine de formations seront représentées avec Hollywood Porn Stars, Dan San, David Leo, Malibu Stacy, Roscoe, Gaëtan Streel, Roscoe, et j’en passe. Exclusif et immanquable !

Piano Club & Friends, le 26/08 à 17h (Théâtre de Verdure)

Julien Clerc, vous l’aimerez etc.

« À quoi sert une chanson si elle est désarmée… » Défenseur de chansons d’amour mais aussi d’utilité publique, c’est un grand Monsieur de la chanson française, parmi les plus sympathiques de ses pairs, qui conclura en beauté ces trois jours namurois (éh oui, il y en a un en plus, voir ci-dessous). Julien Clerc viendra avec un peu de Calogero qui était sur la même scène il y a trois ans puisque le chanteur en appesanteur a réalisé et arrangé l’album À nos amours. Et si la façon de chanter de Julien a changé au fil des années, il a gardé cette intensité, cette générosité qui font que le temps semble ne pas avoir passé sur ses chansons. Ses grands tubes seront évidemment de la partie.

Julien Clerc, le 26/08 à 22h15 (Esplanade)

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©Skuds – Simon Fusillier

Les Solidarités et ses à-côtés pour un festival complet au-delà de sa programmation

Le festival des Solidarités s’est toujours illustré par sa programmation musicale éclectique, mais aussi par ses à-côtés d’arts de rue et d’animations en tout genre. Jamais les Solidarités n’ont dérogé à leur identité de festival familial qui propose autant d’activités pour les grands que pour les plus petits.

Cette année encore, la Cité des Enfants plantera ses fondations sur l’Esplanade pour proposer à nos têtes blondes des activités toujours plus amusantes ; entre grande roue, escalade, parcours aventure, manèges… En tout, ce seront plus de 60 activités qui seront proposées tout au long du festival. Pour couronner le tout, le Parc Attractif Reine Fabiola ouvrira ses portes aux jeunes festivaliers désireux de plus d’amusements encore.

Les arts de rue seront eux aussi bien représentés pour faire rêver les enfants avec neuf compagnies de théâtre, cirque, ateliers contés, arts forains… De quoi donner vie à un univers riches et colorer pour émerveiller le jeune public.

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©Skuds – Simon Fusillier

Du côté de la Grange, il fera bon découvrir spectacles de théâtre et autre stand-up. En effet, le festival propose cette année à ses solidaires de découvrir la pièce Montenero qui raconte la vie d’Italiennes venues vivre en Belgique. À travers la chanson et le récit, accompagnées d’un accordéon et d’une guitare, elles mettent en valeur la femme tout en témoignant sur l’immigration.

C’est cette même Grande qui accueillera sur ses planches trois stand-uppers parmi les plus doués de leur génération ; Noman Hosni, Tareek et Redouane Bougheraba, tous trois passés par le mythique  Jamel Comedy Club.

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©Skuds – Simon Fusillier

Autre incontournable des Solidarités, co-produit par la Maison des Jeunes « Jeunesse et Culture » et le collectif NBS : l’Urban Village, véritable vitrine des cultures urbaines et hip-hop. Mais l’Urban Village, késako ? C’est beaucoup de choses en fait ! Une sélection des meilleurs DJ’s hip-hop, des battles et workshops de breakdance, des démonstrations de Street Soccer, des ateliers de Graff, des initiations au skate et des compétitions de Cypher. Mais ce n’est pas tout, pour rester dans la mouvance féministe de cette année 2018, l’Urban Village proposera un débat sur la place de la femme dans la culture hip-hop avec comme invitées : Éloïse Bouton, une militante féminine ancienne Femen et Karima, pionnière du B-girling en France.

Comme chaque année les Solidarités accueilleront encore une grande battle de breakdance. Après une séance de qualifications à Gand, les meilleurs crews de breakdancers s’affronteront en finale dans le tout nouvel espace de La Grange. Le jury prestigieux de cette année sera composé de Karima (Aktuel Force), Mounir (Vagabond Crew) et en tant que président, le b-boy allemand Storm (aussi parrain de l’Urban Village). Au programme de cette grande finale, une ambiance du tonnerre et des démonstrations impressionnantes. Bref, voilà encore un spectacle à ne pas manquer.

Peut-être ne le saviez-vous pas, mais cette année, les Solidarités se rallongent d’un jour. En effet, pour la première fois, le festival nous présente son Agora qui prendra place le 24 août. Une journée particulière pour rassembler des acteurs et actrices de la société civile, associations et ONG. Quatre débats rythmeront cette journée spéciale : la justice migratoire, l’égalité femmes-hommes, la redistribution des richesses et la démocratie dans l’assiette au service de toutes et tous. Lors de cette journée, 27 mouvements et associations seront présents et l’entrée sera libre. Pour clôturer cette initiative en beauté, c’est Chicos y Mendez qui montra sur scène.

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©Skuds – Simon Fusillier

Voilà pour le tour d’horizon de cette édition 2018 des Solidarités. Cette année encore, entre le Maquis et l’esplanade, entre l’Urban Village et la Cité des Enfants, il y en aura pour tous les goûts et c’est très bien. Les 24, 25 et 26 août prochain, il fera bon flâner du côté de la Citadelle de Namur, au gré des arts et des engagements citoyens.

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