Monstruos’été #3 – Vampirella par Millar, Smith et Mayhew: sexe, drogue, rock’n’roll et forcément des litres d’hémoglobine

Mesdames et messieurs, venez assister à notre grand lâcher de monstres en ville. À toute heure du jour ou de la nuit, les freaks ont désormais quartier libre, au-delà de la pleine lune et du fatidique 31 octobre, hiver comme été. Et en cet été caliente, on en a trouvé beaucoup dans le monde de la BD pour refroidir un tant soit peu vos ardeurs et faire l’objet d’une série thématique. On continue fort avec une héroïne extra-terrestre qui, à elle seule, vous donnerait envie de devenir un vampire pour peu que ce soit à ses côtés, le temps de l’éternité. J’ai nommé Vampirella.

© Millar/Mayhew/Drew/Haberlin Studios/Monsanto chez Graph Zeppelin

Résumé de l’éditeur : Dans ce recueil composé de deux épisodes dessinés par Mike Mayhew (Star Wars) et scénarisés par Mark Millar (Spider-man, Wolverine), Vampirella, la célèbre et sexy femme vampire, amie des humains, suit la trace de plusieurs criminels vampires affiliés à un culte démoniaque local, une petite ville repliée du monde surnommée Le Grand-nul-part, où ne vivent que des vampires. Elle décide de mettre un terme à cette menace pour l’humanité mais ce qu’elle va découvrir sur place va complètement changer la donne.

© Millar/Mayhew/Drew/Haberlin Studios/Monsanto chez Graph Zeppelin

Avec ce Masters Series reprenant en première partie le récit que le désormais incontournable (un peu plus depuis que Kick-ass et Kingsman sont passés à la postérité cinématographique) Mark Millar a signé sur-mesure de Vampirella, on navigue quelque part entre le tonitruant Army of Darkness : Ashes 2 Ashes dont nous vous parlions il y a peu et le Une nuit en enfer de Tarantino et Rodriguez, avec pas mal de second degré à prendre de cette histoire rococo sur les bords, sanguinolente à ras-bord et mine de rien véritablement fun à défaut d’être finement jouée. Ce Vampirella-là ne fait pas dans la dentelle et assume totalement son statut de série BD qui invite à sortir les dents mais à laisser son cerveau à l’entrée. Et à laisser parler les gros bras.

© Smith/Mayhew

Ainsi, voilà notre héroïne bientôt quinqua et toujours aussi charmante qui se trimballe dans sa tenue toujours aussi légère sous le trait de Mike Mayhew (affirmé par les couleurs de Drew, de Gilbert Monsanto et du Haberlin Studio) qui allie son réalisme redoutable à une certaine idée de la grotesquerie, notamment dans les expressions de certains personnages. C’est déstabilisant au début, on cherche le ton sur lequel les deux auteurs jouent avant de comprendre qu’il faut lâcher prise et laisser le second-degré, graphique notamment, être de la partie. Les gros lourds de service, un peu misogynes, aussi. Si Mark Millar ne résiste jamais à leur donner une raclée, il se faufile aussi derrière les apparences pour amener son héroïne, moins sanguinaires que d’autres finalement, dans ce Grand-Nul-Part qui réussit à tirer sa carte du jeu du Grand n’importe quoi pour livrer un message (un peu comme dans Redneck avant que ça ne parte en coui…) de tolérance. En mettant ses gros pieds dans le plat et en mettant Vampirella au milieu d’un champ de bataille décérébré. Fracassant.

© Millar/Mayhew/Troy/HaberlinAvalon Studios chez Graph Zeppelin

Cet album se complète avec une autre histoire elle aussi dessinée par Mike Mayhew (qui va pouvoir pousser un peu plus loin son dessin infernal avec quelques monstres bien sentis et fournis en dents) mais racontée par John Smith. Cette fois, c’est au coeur d’un trafic de drogue vampire (coupée forcément à l’hémoglobine) que Vampirella va être plongée jusqu’à découvrir quelque chose d’encore plus épouvantable : le bien nommé Miroir des peurs. Camion-stop, piscine, caïds gangstas et sbires férocement abominables font partie de cette histoire sans prétention, où la nuit est rendue redoutable par Andy Troy, Brian Haberlin et Avalon Studios, mais dans lequel Mike Mayhew est toujours aussi efficaces pour amener un peu plus d’enfer jouissif sur terre et édenter les méchants.

© Smith/Mayhew

Un bon moment, vite oublié mais pas assez que pour faire passer le goût du plaisir coupable assumé.

© Smith/Mayhew

Série : Vampirella – Masters Series

Recueil

Scénario  : Mark Millar; John Smith

Dessin: Mike Mayhew

Couleurs : Drew, Gilbert Monsanto, Haberlin Studio, Andy Troy, Brian Haberlin, Avalon Studios

Traduction: Stéphanie Chaptal

Genre: Fantastique, Horreur

Éditeur: Graph Zeppelin

Éditeur VO : Dynamite

Nbre de pages: 144

Prix: 19€

Date de sortie: le 20/02/2018

Extraits : 

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