Esperanzah ! 2018 : millésimé d’un cépage plein de panache, teinté des couleurs du multiculturalisme

Cette année encore, Esperanzah ! fut une cuvée des plus exceptionnelles ; tant d’un point de vue qualitatif, que d’un point de vue quantitatif. Le site du festival floreffois afficha plus que Sold Out pour ces deux premières journées. L’enceinte de l’abbaye ne pouvant accueillir que 12.000 festivaliers a vu sa capacité maximale être rehaussée à 12.600 personnes le vendredi et à 12.900 le samedi.

© Benoît Demazy

12 est aussi le nombre de réalisations qui furent diffusées lors de cette édition. Les festivaliers, qui franchirent les portes du cinéma, eurent droit à des projections traitants de thématique qui sont chères aux organisateurs d’Esperanzah !. Les films et documentaires étaient centrés sur la différence (Dangerous Curves), l’immigration (Je n’aime plus la mer), l’extrémisme religieux (The Poetess) et l’homophobie (La sociologue et l’ourson).

La condition de la femme fut, comme annoncé, l’épine dorsale sur laquelle l’ossature de cette édition pris forme. « Le déclin de l’empire du mâle » eut une tribune grâce aux sept débats proposé lors du festival.

© Benoît Demazy

Le nombre d’enfants participants à l’évènement fut une fois encore plus important que lors des éditions précédentes. C’est, d’ailleurs, dans l’optique d’offrir un spectacle tout en aussi adapté aux plus petit qu’aux plus grands que 240 artistes, appartenant à 22 compagnies différentes prirent possessions des divers scènes cachées aux détours des chemins de l’abbaye de Floreffe.

© Benoît Demazy

Les deux professionnels et les 50 bénévoles du plan SACHA et de la Safe Zone purent conscientiser plus de 2.000 festivaliers sur les divers problèmes liés aux gestes déplacés et au harcèlement vécu par une festivalière sur six chaque été.

Enfin, il n’y eut aucun accident à déplorer au cours d’Esperanzah ! 2018, tant au niveau de la sécurité qu’au niveau sanitaire. Malgré les chaleurs accablantes, les organisateurs avaient assigné une poignée de ses 2.000 bénévoles à une mission « rafraichissement global » par l’utilisation de brumisateurs. De plus, de nouvelles fontaines furent installées dans le but de distribuer gratuitement l’eau aux festivaliers pour faciliter leur réhydratation.

Si les « à côté » du festival sont une réussite, qu’en est-il des concerts proposés cet été ? Est-ce possible de trouver son bonheur grâce aux 34 prestations de cette édition ? Les artistes pressentis comme têtes d’affiche que sont Jain, Roméo Elvis, Goran Bregovic, Médine, Bernard Lavilliers, Naâman, Mélanie De Biasio, Grand Corps Malade et Gogol Bordello ont-ils mérité ce statut ? Alizée vous détaille tout dans ses chroniques journalières d’Esperanzah! 2018 (Jour 1, Jour 2 et Jour 3).

© Benoît Demazy

Outre les prestations des ténors de cette édition, Esperanzah! a une fois de plus offert de belles découvertes musicales à son public. Lyre le temps, Jahneration et Meute ont marqué de leur empreinte le vendredi. Luca Bassanes fut la pépite qui éblouit la fin de soirée du samedi. Enfin, les sons de Keyaki feat. Tobias permirent aux festivaliers de se ressourcer le dimanche.

Et pour swinguer, les organisateurs avaient tout prévu, dès le vendredi, Sur le coup de 16h, les premières notes de musique se mirent à résonner sur la scène du Jardin. Le groupe strasbourgeois, Lyre le temps, mené par le chanteur Ry’m, l’un des participants du télé crochet The Voice France de l’édition 2017 et l’auteur-compositeur de la bande son du film Gaston Lagaffe de Pef, avait décidé d’embraser les cœurs des festivaliers. Sous un soleil qui étincelait de mille feux, la foule était là pour se déhancher.

Ces Français, passionnés par l’ambiance et l’histoire des années folles et de la prohibition, étaient venus présenter les morceaux de leur album Brokopolis. Un ensemble de rythmiques qui rappellent parfois les sonorités des groupes, français eux-aussi, Chinese Man et Caravan Palace.

Jahneration, qui était présenté comme un groupe qui mêlait reggae et musique électronique, fut l’une des bonnes découvertes de cette première journée. Le brassage musical des compositions de ce groupe est à l’image de ce que l’on attend d’un festival comme Esperanzah!. Les sonorités électro-reggae alliées à des touches hip-hop lancées sur des rifs de basse emprunt au métal. Jahneration est un bel appel au multiculturalisme.

Le collectif allemand Meute fut très certainement l’expérience qui transcenda la fin de soirée des festivaliers le vendredi. Avec leurs cuivres et son xylophone, Meute offrit une ode frénétique à la musique techno.

Le samedi, fin de soirée rima encore avec dépaysement. L’ambassadeur de la scène folk-rock italienne qu’est Luca Bassanese était venu livrer sa poésie militante. Sa musique qui rappelle les chants des révolutionnaires sonne comme un appel à une grande fête populaire.

Le dimanche, alors que la chaleur était venue à bout de la motivation d’une grande partie des festivaliers, les ondes du didgeridoo de Keyaki remplirent un véritable bain d’énergies. Les rythmes ensorcelant de ce globe-trotter fut le coup de boost pour les spectateurs en perdition qui avaient eu la bonne idée de se prélasser dans le jardin suspendu.

Suspendu, c’est le mot, pour qualifier ce week-end.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.