Conan par Brugeas et Toulhoat : champ de bataille maléfique a trouvé chef d’orchestre magnifique !

Outch ! Quand on vous disait, dans l’article que nous consacrions à Pierre Alary, que Glénat avait fait appel à un casting formidable pour revenir aux bases de ce qui a fait de Conan le Cimmérien une légende, c’est à dire les nouvelles de Robert E. Howard loin des fantasmes des comics et d’Hollywood qui n’ont pas hésité à le dénaturer, on ne vous mentait pas. Dans cette première salve, aux côtés de la Reine de la côte noire, on fait face au Colosse noir. Dans toute sa noirceur et, paradoxalement, toute sa splendeur. Une fresque toute-puissante, qui met tout le watt. Normal, entre les mains redoutables de Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat.

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© Brugeas/Toulhoat chez Glénat

Résumé de l’éditeur : Établi dans la cité de Khoraja, Conan tente sa chance au service des mercenaires d’Amalric. Dans l’attente du combat, il mène une vie d’homme de troupe ordinaire, buvant et batifolant dans les tavernes. Le destin le rattrape un soir alors qu’il rencontre par hasard Yesmala, princesse et régente du royaume en personne. Elle aurait vu Conan en rêve : les dieux l’ont désigné comme le général qui doit mener ses armées contre les hordes démoniaques du sorcier Nathok. De simple soldat, Conan le barbare devient le seul espoir de tout un royaume.

© Brugeas/Toulhoat chez Glénat

Cachottiers qu’ils étaient, Vincent Brugeas et Ronant Toulhoat s’étaient bien gardés de nous parler de ce projet à la démesure de leurs féroces ambitions : faire vivre Conan, le temps d’un épi-que-sode. La surprise n’en est que plus belle avec ce Colosse Noir qui n’a pas les pieds d’argile et va donner du fil à retordre et du noir à broyer (autant que du rouge sang) à notre héros promu au grade de général pour commander une armée dans une mission suicide. Vaincre ou périr. Une tâche rendue un peu plus délicate tant ce nouveau statut du héros ne fait pas l’unanimité. « C’est Conan, le plus indiscipliné de mes hommes ». La messe serait-elle dite? Et le coup de poker dans ce désert bientôt raisiné (et résigné ?) ne verrait-elle la victoire que dans la Fata Morgana ?

© Brugeas/Toulhoat chez Glénat

,Pourtant, il n’y a pas de mirages, juste de la maîtrise dans l’art qu’appuient, un peu plus à chaque album, ces ténors que sont Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat. Leur incursion dans l’univers d’E. Howard en impose, bien plus que ce que laissaient présager nos rêves les plus fous, et fait figure de symphonie guerrière dont Conan est l’incroyable chef d’orchestre face à un apprenti-sorcier de la pire espèce.

© Brugeas/Toulhoat chez Glénat

On commence comme un Indiana Jones dans un nouveau temple maudit (et hanté par des spectres crayonnés qui rappellent la vie qui y avait cours il y a longtemps déjà) avant de s’orienter quelque part entre le déferlement des dix plaies d’Égypte et 300 (et pourquoi ne pas mettre le thème de Mad Max Fury Road, par-dessus la lecture ?).

© Brugeas/Toulhoat chez Glénat

En deux temps, une guerre de positions (au sein du « camp » de Conan puis face à l’ennemi), froide, et la guerre chaude, au corps à corps, intense et âpre. D’ailleurs, ça dure. La collection ne s’est pas cantonnée à proposer le même nombre de pages pour chaque album. Là où Morvan et Alary disposaient de 46 planches, Brugeas et Toulhoat en mettent 63 à profit. Un espace pour respirer ? Plutôt pour faire suffoquer le lecteur dans cet opéra de feu et jusqu’au-boutiste, maniant les ambiances et éclipsant  les dialogues quand ils seraient de trop.

Car oui, qu’est-ce que ce duo fonctionne à merveille. On l’a dit, cette collection revient aux bases et évite les stéréotypes qui ont laissé une idée faussée de Conan dans les mémoires collectives. Il est Cimmérien, c’est la seule dénomination qui convienne. Par contre, on ne se privera pas de dire de Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat, qu’ils sont les barbares tant espérés, cannibales mais raffinés. Quelle virtuosité, saigneur !

© Brugeas/Toulhoat chez Glénat

Vous l’aurez compris, vous ne devez manquer ces deux premiers albums sous aucun prétexte. Et quand on voit ce qui se prépare pour les prochains, on risque encore d’avoir quelques sueurs. La preuve (et aussi des indices dans les chouettes interviews réalisées par Xavier Matéos de Tellement Geek): 

Aussi, dans chaque première édition des albums Conan le Cimmérien, vous trouverez un cahier bonus de huit pages dans lequel une poignée d’auteurs donnent leur vision en une image (et ils savent tous la choisir !) de ce héros mythique.

Série : Conan le Cimmérien

D’après l’univers et les nouvelles de Robert E. Howard

Récit complet

Tome : 2 – Le colosse noir

Scénario : Vincent Brugeas

Dessin et couleurs : Ronan Toulhoat (Instagram)

Genre : Aventure, Guerre, Fantastique

Éditeur : Glénat

Collection : Grafica

Nbre de pages : 64 (+ 8 pages de cahier bonus réservé à la première édition)

Prix : 14,95€

Date de sortie : le 02/05/2018 (version en noir et blanc, le 16/05)

Extraits : 

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