K.O. en moins de trois rounds sous les uppercuts de Feu! Chatterton, magnifiques et magnétiques oiseleurs

Faut-il encore présenter Feu! Chatterton ? J’en doute. Pas ici en tout cas! Il y a tant d’articles et de mentions de cette géniale bande sur Branchés Culture que nous pourrions presque leur dédier une rubrique entière. Ce 29 avril, Feu! Chatterton revenait hanter un Botanique qu’il ne connait que trop bien, pour notre plus grand plaisir. Un concert qui a surpassé nos attentes tellement grandes.

3_Feu! Chatterton @ Nuits Bota 2018 - 29-04-2018 © ManuGo Photography (2)

Début mars, ces cinq génies nous ont offert un magnifique deuxième album, L’Oiseleur. Une sorte de voyage musical qui fait du bien au cœur et à l’esprit en plus de ravir les oreilles. Après le coup de foudre procuré par leur premier EP, il y a quatre ans déjà, la romance s’était cristallisée en les découvrant sur scène, à la Rotonde. C’était une évidence, ils arrivaient un peu en magiciens, sortant de leur chapeau, tout ce que nous attendions. Et bien plus encore.

Depuis, nous ne les avons plus manqués, chaque passage de ces incandescents cadavres en Belgique était des retrouvailles festives qui nous transportaient à chaque fois un peu plus loin dans le ravissement. Chaque fois un peu plus percutants, un peu plus magistraux, un peu plus inoubliables. Et les liens se tissèrent, de plus en plus forts, avec ce groupe de poètes pudiques, qui à chaque écoute dévoile une magie qui semble capable de guérir tous les maux de l’esprit. Avec Feu! Chatterton, point de cantilène, chaque note, chaque mot n’est qu’extase et ferveur.

Autant dire qu’après avoir eu envie de pieuter chez mon disquaire pour apprivoiser cet Oiseleur aux premières secondes de sa sortie, j’attendais la date du 29 avril avec la fébrilité de ces retrouvailles prévues de longue date et mille fois imaginées.

Le Botanique et ses jardins nous ouvrent leurs portes sur le coup de dix-neuf heures, il faudra encore attendre un peu pour Feu! Chatterton. Avant eux, sur la scène du Chapiteau, il y a d’abord Mortalcombat, groupe né des cendres (qui pourraient encore reprendre, cela dit) d’Italian Boyfriend. Le public est bien là quoiqu’un peu frileux face au groupe et ses mélodies édulcorées. Nous les connaissions par leur premier titre, Beau et Décadent, nous les découvrons sur scène en ce timide début de soirée bien frisquette.

1_Mortalcombat @ Les Nuits 2018 - 28-04-2018 © ManuGo Photography (7)

C’est ensuite au tour de Calypso Valois de découvrir l’audience grandissante sous le chapiteau. C’est sa première rencontre avec le public belge et nous sommes tout aussi intrigués qu’elle de ce qui se produira. Nul doute, la jeune trentenaire habite autant la scène que cet pop orchestrale dont elle a le secret. Ce premier rendez-vous n’est pas raté, loin de là, mais pour l’heure, il est temps de la laisser partir alors que l’impatience est à son comble.

2_Calypso Valois @ Les Nuits 2018 - 29-04-2018 ©ManuGo Photography (9)

21h20. L’atmosphère s’électrise. Ils seront bientôt là, avec nous, on peut presque percevoir leurs ombres vigilantes arpentant les backstages. L’attente ne durera plus que quelques minutes, on ne peut s’empêcher de se poser cette question : Que vont-ils encore nous offrir ce soir ? Pas le temps de chercher la réponse, des silhouettes s’avancent sur scène, Arthur, Clément, Sébastien, Raphaël et Antoine : nos rencards du soir. Les applaudissements retentissent déjà, des cris se perdent alors que les premières notes de Ginger, jamesbondesque introduction, s’élèvent. J’avais misé sur cette chanson en ouverture, mon intuition était juste.

3_Feu! Chatterton @ Nuits Bota 2018 - 29-04-2018 © ManuGo Photography (5)

Dès la première chanson, ce n’est pas la montagne mais le public qui vacille, déjà. Diantre qu’il est bon d’entonner enfin ces nouvelles chansons qui sonnent déjà à mes oreilles comme des classiques à force d’avoir écouté et réécouté leur second album en l’espace de deux petits mois. Chaque morceau est digne d’un travail d’orfèvre et sur scène, cet Oiseleur prend une tout autre dimension. Céleste ? Peut-être bien.

Le Côte Concorde nous accueille ensuite pour partager avec nous son funeste destin. C’est étrange mais nous sommes presque heureux de le retrouver celui-là, même s’il est en train de nous emmener vers les fonds marins. Du ciel tombent des cordes, faut-il y grimper ou s’y prendre ? lance Arthur, bras levé vers le ciel. Cette phrase c’est un uppercut à elle tout de seule, le premier de la soirée. Car c’est bien vrai, un concert de Feu! Chatterton c’est un peu comme KO en trois rounds. Nos cinq lascars balancent leur petits coups pour nous étourdir, puis ils montent en puissance peu à peu pour nous épuiser, et enfin vient le coup final qui nous fait voir les étoiles.

3_Feu! Chatterton @ Nuits Bota 2018 - 29-04-2018 © ManuGo Photography (9)

Tout le concert durant, Feu! Chatterton oscille entre neuf et « ancien » (tout est relatif). Ils magnétisent leurs nouvelles créations et magnifient leurs précédents titres. Ainsi on danse comme jamais avec la Malinche (Oh oui !),  on observe les milliers d’avions qui éventrent le ciel au travers de la Porte Z, on se prépare pour un grand départ, À l’Aube. Ils emportent le public dans l’Ivresse de cette chanson qui m’obsède depuis des semaines et qui en live se révèle encore plus fascinante. Ils nous emmènent avec eux vers le merveilleux Sari d’Orcino, ils nous baladent jusqu’à l’essence même du Souvenir. Tant d’émotions pour un si beau moment. Encore un à ajouter au palmarès de Feu! Chatterton. Cette fois encore, ils étaient meilleurs que la dernière. Ils bonifient ces petits gars-là, comme un bon vin et j’ai déjà hâte de voir quelle est la prochaine étape de leur maturation romanesque.

3_Feu! Chatterton @ Nuits Bota 2018 - 29-04-2018 © ManuGo Photography (3)

C’est donc dans ambiance du feu de dieu que le concert se termine. Personne ne semble prêt à les laisser partir, on voudrait prolonger ce partage d’une heure ou deux supplémentaires. Il faut dire qu’on les écouterait sans flancher des heures durant. On voudrait encore entendre Bic Médium, Fou à lier, Harlem ou même Anna, ces titres encore juvéniles à l’aura de grands classiques. Ce sera pour une prochaine fois car, pour aujourd’hui, nous nous arrêterons là. Et c’est étourdis par cette grande fête du rock et de la poésie que nous quittons le Botanique. Après ce soir, Feu! Chatterton n’est qu’un peu plus tatoué sur notre peau et dans notre mémoire. Tandis que nous remontons la rue Royale, nous lançons cette à promesse à la nuit bruxelloise : Nous nous reverrons Feu! Chatterton ! Nous nous reverrons…

 

 

 

Texte : Alizée Seny

Photos : ManuGo Photography

Feu! Chatterton :

 

 

Calypso Valois :

 

 

Mortalcombat :

 

 

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