Des beaux galops, des formules magiques, du Ferré, des coeurs en chamade, des choeurs gros comme ça et un énorme soleil pour un album majeur de Barcella

Vous reprendriez bien une dose de soleil, non ? Du beau, du chaud, du récalcitrant à la morosité. Jugeant qu’une chanson n’était pas suffisante pour rendre hommage à ses rayons, Barcella lui dédie un album majestueux (le plus beau jusqu’ici?) qui fait la pluie et le beau temps sur nos émotions et les magnifie en poésie et en interprétation, sans faille.

À lire aussi | Barcella: « Je travaille la simplicité pour en trouver les évidences »

À lire aussi | La folie contagieuse de Barcella a désarmé la froideur et mis le soleil au coeur et au corps du W:Hall

Un album de Barcella, c’est toujours un événement, une aventure, un monde de sensations qui vont du frisson à l’éclat de rire salvateur. Et le quatrième album de l’auteur du Chant des sirènes, qui n’a pas son pareil pour nous faire succomber au sien, est fameux. Tendre, nostalgique, sur le fil ou sur la brèche, doux et dur aussi (surtout envers les enfants qui prononceront des gros mots, vous êtes prévenus), envoûté par des choeurs fait-maison (avec les membres de l’association On souffle dans ton dos qui accompagne les enfants souffrant de troubles de comportements et en les aidant à les dépasser) et des coeurs qui battent la chamade.

Toujours aussi magicien, Barcella ne déroge pas à la règle en proposant un tour de Passe-Passe, léger et dansant qui risque bien de porter ses ondes sur les radios et, pourquoi pas sur les plages. La paternité est partagée avec le groupe belge, Suarez. Un petit air sensuel, charnel même, pas bien méchant même si, ne nous cachons pas, on a été habitués à bien mieux de la part de cette plume si habile à donner des ailes aux chansons qu’elle couche sur papier et que la musique vient animer. Cela dit, c’est le single idéal !

Pas de quoi faire grise mine, la suite est passionnante, affolante. On est en Camargue ou en montagne, dans les grands espaces, face à la mer ou au ciel, à suivre le courant des nobles mais désormais rares chevaux sauvages. Envoûtant, emportant. L’histoire prend corps et âme, rythmée par une mélodie qui lui va comme un gant, un galop de générosité, et les choeurs prennent déjà toute leur importance. Ils garderont le cap jusqu’au final.

Les joyaux sont souvent à notre portée sans qu’on s’en rende compte. Barcella les dévoile, à coups de mot choisis minutieusement, comme cette joyeuse et guitaristique améthyste, dont les cuivres viennent un peu plus extraire tout le bonheur qu’elle nous procure. Baba est dans la place, prodigieux prestidigitateur au sourire irrésistible. L’appel des secondes et minutes l’est tout au temps, une sorte de nostalgie reprend du galon et nous voilà sur les plages de nos si belles enfances, avec du sable dans les maillots et toute notre énergie concentrée à la création des plus forts des châteaux, téméraires face aux flots. Les châteaux de l’égo, la formule est jolie, ce qu’y met le chanteur comme intensité, l’air de rien, est redoutable d’authenticité et de simplicité. Et ces choeurs, toujours impériaux.

L’auditeur est comme un lapin que Barcella s’amuse à faire sortir et rentrer dans son chapeau emblématique, l’emmenant de part et d’autre du rideau, des émotions les plus extrêmes, la roue tourne, la vie tourne. On rencontre Tatiana, trépidante; on se jette à l’eau dans Le silence est d’or, réconforté par cette façon d’enchanter les mots et les formules qui n’appartiennent qu’à lui. Sans musique, ça marcherait. Avec elle, c’est feu d’artifice. Et tant qu’on est dans l’eau, Barcella, toujours raccord dans la succession des titres sur cet album, nous fait piquer une tête jusqu’à la rivière insolente.

Un monument que cette chanson qui nous a ébranlés, sur scène déjà, et nous a sans doute un peu changés. Encore une fois, le choix des mots fait sens, c’est admirable de précision, emballée par une mélodie crescendo. C’est larmoyant mais pour bien des bonnes raisons. Barcella a ce don pour nous ramener à nos expériences personnelles, universelles ? « Jamais, je n’ai dit je ‘t’aime’, à personne… » Quelques notes de cuivres donnent un peu plus d’aplomb, des cris de cour d’école soufflent l’insouciance. C’est en tout point fameux. Et le final, c’est Ferré qui le soigne avec une brillante et expéditive intervention sur l’amour face à Pivot. « Il y a très peu de gens qui aiment, vous savez ». Et ce sont des chansons comme celle de Barcella qui donnent envie d’aimer un peu plus fort et de prendre soin de ceux qui nous aiment.

On ne s’arrête pas en si bonne voie, il y a encore des pépites à découvrir. Et notamment un premier duo avec un gars qui a de la voix, et même des voix, Michaël Gregorio (aussi compositeur de cette chanson), mais qui point timidement sur Je lève mon vers (savourez le jeu de mot relevé, Babar n’est pas un apôtre du calembour fadasse), un regard en arrière fait de nostalgie bienveillante et souriante.

Et si quelques larmes peuvent couler au fil de cet album (lâchez-vous, ça ne fait pas de mal, vous dira Barcella en concert), les voilà réchauffer avec le titre emblématique de cet album : Soleil. Je soleille, tu soleilles, il soleille, elle soleille, nous soleillons… Quel hymne formidable, ça nous va à ravir !

La suivante aussi d’ailleurs, avec une chanson à destination des (grands) enfants comme Barcella, à qui se joint Aldebert, en a le secret. Sans pathos et préconisé par l’… Éducation Nationale ! Voilà donc le duo si bien assorti qui part en croisade contre… les gros mots. C’est la chanson la plus dingue et jouissive de cet album, haute en couleur et complètement délirante, cruelle aussi !

Le piano chasse ce moment de récréation pour un autre un peu plus grave, au creux des sublimes valses machiavelles, faites d’aventures et de séparations. C’est la plus romanesque, la plus « Brel » de l’album, avant la plus belle. Barcella conclut avec une nouvelle chanson pour un membre de sa famille : sa maman. C’est si dur de trouver les mots pour des sujets qui nous touchent de si près. Barcella a mis le temps mais les a trouvés, magiques et somptueux, intimes et néanmoins universels. On termine sur ce titre bouleversant qui nous fait dire que Barcella brise parfois les coeurs, à raison, pour aussitôt les réparer, les réconforter et y mettre du baume avec des mots et un peu de musique, beaucoup de simplicité et de tendresse. Le trésor inestimable, l’auteur-poète-compositeur-magicien-interprète-fournisseur-de-bonheur-et-bien-d-autres-choses-encore l’a trouvé. Nous aussi et on ne va pas le lâcher, il touche au cœur, il enlumine nos vies.

Et un inédit apparemment non-retenu sur l’album :

Artiste : Barcella (Page Facebook)

Album : Soleil

Genre : Chanson française

Label : Ulysse maison d’artistes

Nbre de titres : 12

Durée : 46 min

Date de sortie : le 30/03/2018

À voir en concert : le 23 mars au centre culturel Jacques Duhamel à Vitré; le 29 mars au Festival Les Enchanteurs de Noyelles-Sous-Lens; les 5 et 6 avril au Café de la Danse à Paris; le 7 avril au Théâtre de Cambrai; le 13 avril au Sonambule de Gignac; le 16 mai aux Trinitaines de Metz; le 17 mai aux  Tanzmatten de Sélestat; le 19 mai au Festival Algues au rythme d’Arradon; le 20 mai au Pay’ta Tong de La Ferriere; le 23 mai au Metronum de Toulouse; le 24 mai à La Baleine d’Onet-Le-Château; le 25 mai au Centre Simone Signoret de Canéjan; le 1er juin à Ninkasi Kao à Lyon; le 17 juin à La Magnifique Society de Reims; le 21 juin à la Fête de la musique de Bellegarde-Sur-Valserine; le 4 juillet au Festival Pause Guitare d’Albi; le 21 juillet au Festival Salut à Vous de Jau-Dignac-Et-Loirac; le 27 juillet à l’Estival Open Air d’Estavayer-Le-Lac (Suisse)…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.