Écorchant notre coeur de lecteur tout en y mettant du baume, les enfants de la résistance n’ont pas fini de nous épater

Pas plus haut que trois pommes, c’est vite dit, mais imaginez que des mômes de cette taille fassent force commune, de quoi donner un grand pommier fragile de ses racines encore juvéniles mais téméraire pour rester solide lorsque ces branches se prennent dans le vent mauvais de l’histoire. Des pommes plus des pommes, pourvu qu’elles soient belles face à celles qui seront pourries, ça donne quelque chose de fort même quand l’adversité part dans l’escalade. Et Vincent Dugomier et Benoît Ers font plus que tenir bon, du côté des Enfants de la résistance.

Tome 1 => Ers et Dugomier: « Souvent, on parle peu de la résistance des premières années, un vrai eldorado pour nous » 

Tome 2 => Des héros pas plus hauts que trois pommes pour contrecarrer le nazisme et ses tragédies

Tome 3 => Entre deux géants, les enfants de la résistance doivent devenir… grands tout en se méfiant

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

Résumé de l’éditeur : François, Lisa et Eusèbe ont accompli la plus grande victoire du « LYNX » en détruisant l’usine de recyclage de cuivre. Mais leur contact avec la résistance est abattu, et l’heure est plus grave que jamais. Ils doivent maintenir le réseau qu’il a mis en place, et surtout le développer en assurant le bon acheminement d’un émetteur-récepteur, lequel leur permettrait de communiquer avec Londres !

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

Si, à l’instar d’un petit village gaulois, François, Lisa et Eusèbe résistent encore et toujours à l’envahisseur, celui-ci s’est taillé une redoutable place à Guerchin, Pontain l’écluse, comme ailleurs. Et les bons héros sont rarement irréductibles, encore moins dans les tourments de cette guerre qui force les plus faibles d’esprit à vendre leur voisin, leur copain. Les petits papiers circulent. Ceux qui organisent la résistance. Ceux qui fricotent avec l’occupant… et les fonctionnaires français qui se sont pliés à leur programme.

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

La chasse aux Juifs continue charriant expositions et campagnes de manipulations mais aussi arrestations brusques et brutes. Cette fois, le notaire et sa famille sont pris dans la tourmente, bien aidés par un corbeau jaloux aux précédés peu reluisants. Aberrant pour le trio de jeunes héros qui ne peut rien y faire mais continue de plus belle à relever la tête et à risquer leur peau pour des forces invisibles aux actions pourtant concrètes. Jusqu’à ce qu’ils se retrouvent face au terrible Pégase.

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

De la neige, de la verdure, des paysages champêtres et des petits chemins de campagne. Qu’est-ce que c’est beau sous le talent de Benoît Ers. D’ailleurs, si, avec Vincent Dugomier, ils ne faisaient pas autant peser la guerre et sa foudre, sans doute prendrait-on le temps de s’y balader, en toute insouciance. Sauf que là, ce mot-là, les mois passés comme passent des décennies ont pris le temps de l’effacer, de le bannir.

La joie de vivre ne se vit plus que par des maigres soubresauts (un bonhomme de neige qui se paye la tête et la moustache d’Hitler, par exemple) et il n’y a plus beaucoup de place pour l’insouciance. L’écho de la rafle du Vél d’hiv parvient à nos héros ainsi que d’autres horreurs. Les deux auteurs ne relâchent pas la tension, ils l’amplifient, attisant le climat de méfiance et d’incertitude mais promulguant la nécessité d’agir pour ne pas reculer sous les coups de sape de l’oppresseur.

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

Toujours aussi formidablement documenté (les affiches visant à monter la population contre les Juifs font toujours autant froid dans le dos), ce quatrième opus continue de refaire l’Histoire connue et reconnue, à l’échelle de ces mini-héros et de leurs actes valeureux et risqués. D’épisode en épisode, favorisant les rencontres et les échanges pour ouvrir l’esprit (qui, dans ce climat, pourrait vite être borné) de ces enfants héroïques… et celui, des nôtres, en 2018. Les dessins, portés par les couleurs si habiles à nous mettre dans l’atmosphère, nous rappellent magnifiquement que les jours noirs coulent des jours malheureux dans une neige douce, dans une verdure luxuriante ou sous un ciel bleu. Écorchant le coeur tout en y mettant du baume, car tout n’est pas désespéré et c’est la plus grande force du tandem. Le travail abattu est remarquable, tant dans la représentation que dans la fluidité et la vulgarisation de cette période qu’on voudrait oublier mais dont on doit perpétuer le souvenir et les leçons. Les deux auteurs sont au sommet de leur art et qu’est-ce qu’ils nous sont précieux !

© Dugomier/Ers chez Le Lombard

Série : Les enfants de la résistance

Tome : 4 – L’escalade

Scénario : Vincent Dugomier

Dessin et couleurs : Benoît Ers

Genre : Histoire, Aventure, Drame

Éditeur : Le Lombard

Nbre de pages : 48 (+ 8 pages de dossier documentaire)

Prix : 10,95€

Date de sortie : le 09/02/2018

Extraits : 

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