Frankenstein au Théâtre National, un laboratoire émotionnel magique qui s’érige peut être déjà en spectacle de l’année !

Un choc ! Voilà ce qu’est le Frankenstein écrit et mis en scène par Jan-Christoph Gockel et le génial marionnettiste Michael Pietsch. Le spectacle est joué en ce moment dans la grande salle du Théâtre National et se révèle être un vrai choc émotionnel et artistique comme on n’en avait plus vu depuis longtemps.

Née de l’imagination débordante et fantasque de Mary Shelley, on connait l’histoire du monstre et de son créateur le Baron Viktor Frankenstein qui récoltait dans des charniers des fragments hétéroclites de squelettes et de cadavres pour les assembler, les faire revivre, et créer ainsi un nouvel être artificiel.

© Hubert Amiel

Dans la création présente, Gockel et Pietsch ont élaboré sur scène un laboratoire dans lequel sera créé face au public un monstre gigantesque de six mètres de haut composé partiellement d’objets de récupération qui ont tous la particularité d’avoir appartenu à des êtres humains aujourd’hui décédés. Chaque objet a son histoire propre dont certaines seront évoquées sur scène par les comédiens en alternance avec des extraits de l’oeuvre de Shelley. En 2017, une vaste campagne de récolte d’objets avait été lancée en vue du spectacle, récolte qui avait… récolté un joli succès. Sur scène chaque pièce trouve sa place pour constituer le monstre ou alimenter le décor.

© Hubert Amiel

Durant ce spectacle étrange, visuellement magnifique et fortement chargé d’humanité, les acteurs semblent prendre possession de notre âme et la malaxer à leur manière, sans cesse à nous bousculer par des citations interpellantes qui nous forcent à réfléchir. On a tous perdu des êtres chers. La force des objets n’est elle pas de porter le souvenir et de véhiculer les âmes des défunts pour leur redonner vie dans nos coeurs ? Un monstre gigantesque, à qui son créateur n’a même pas donné de nom,  constitué de souvenirs et d’émotion peut-il toucher l’essence même de la vie ? Frankenstein fait le lien entre la vie et la mort, le passé et le présent, ce qui fut et ce qui perdure…

© Hubert Amiel

Au bout de leurs fils, les marionnettes s’animent, manipulées par des hommes qui leur transmettent comme un souffle de vie. Sans cette manipulation vitale, elles ne sont qu’immobiles et raides. Les comédiens jouent d’ailleurs avec les marionnettes comme si elles étaient de vrais partenaires.Tout dans ce spectacle nous renvoie à notre propre existence, lentement, insidieusement. Les comédiens jouent d’ailleurs avec les marionnettes comme si elles étaient de vrais partenaires. Michael Pietsch est étourdissant dans la manipulation de ces personnages de bois qui sans lui ne seraient rien. Il partage la scène avec Thomas Halle, Gianni La Rocca,  Leone François, Bruce Ellison et Alfredo Cañavate, tous excellents dans leurs rôles respectifs.

© Hubert Amiel

La pièce, portée par une musique formidable d‘Anton Berman, musicien génial qui jongle durant tout le spectacle entre piano, chant et accordéon et élabore sa partition sans filet, est multilingue (allemand, anglais, français) et des surtitres en français et en anglais sont projetés sur scène pour la bonne compréhension de tous.

Puzzle géant magnifique et gothique, Frankenstein est une véritable expérience de vie, un laboratoire émotionnel incroyable dont vous ne sortirez pas indemne. Qui ne rêve pas de la vie après la mort ?

Alors si vous ne devez aller voir qu’un seul spectacle cette année au théâtre, Frankenstein est pour vous incontournable. Plus qu’un spectacle théâtral, c’est un véritable expérience de vie !

Jean-Pierre Vanderlinden

 

FRANKENSTEIN au Théâtre National du 07 au 17/03/2018

Réservationshttps://www.theatrenational.be/fr/

Texte et mise en scène
Jan-Christoph Gockel

D’après le roman
«Frankenstein; Or, The Modern Prometheus» de Mary Shelley

Scénographe
Julia Kurzweg

Créateur marionnettes & marionnettiste
Michael Pietsch

Création Costumes
Emilie Jonet

Création son & musicien
Anton Berman

Créateur lumière
Jean-Jacques Deneumoustier

Dramaturge
Cécile Michel

Assistant mise en scène
Maxime Glaude

Assistante scénographie
Sarah Deppe, Julia Ippolito

Assistante dramaturgie
Irina Reinke

Traduction et surtitrage
Werkhuis SPRL, Cécile Michel

Avec
Léone François, Anton Berman, Alfredo Cañavate, Bruce Ellison, Thomas Halle, Gianni La Rocca, Michael Pietsch (en alternance avec Laurenz Leky)

Et
Lucas Hamblenne, Romain Gueudré, Pierre Ottinger

Un remerciement particulier à
Vincent Hennebicq

Régie générale
Romain Gueudré

Régie Lumière
Emily Brassier
Stagiaire: Virgile Morel De Westgaver

Régie Son
Jeison Prado Rojas
Stagiaire: Pawel Wnuczynski

Régie Plateau & construction
Stéphanie Denoiseux, Lucas Hamblenne, Pierre Ottinger

Conception et réalisation machinerie
Frédéric Opdebeeck, Didier Rodot

Construction
Dominique Pierre, Yves Philippaerts, Pierre Jardon

Décoration
Eugènie Obolinski, Bruno Verlaet

Accessoires
Sarah Deppe, Noémie Vanheste

Confection costumes
Nicoles morris, Nathalie Willems
Stagiaire : Pauline Aschoff

Production
Théâtre National Wallonie-Bruxelles

Coproduction
Théâtre de Namur, Tandem scène nationale, le Manège Maubeuge, Shelter Prod

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