Au Théâtre des Galeries, la revue 2018 manque cruellement de peps !

Chaque année lorsqu’arrive la période des fêtes, la Revue est au programme du Théâtre Royal des Galeries. Véritable institution, le spectacle a pour vocation de passer l’actualité sous toutes ses formes à la moulinette de l’humour et de la dérision. Un show basé sur un bel équilibre de compétences qui a longtemps été le moteur des revues durant les années héroïques. Aujourd’hui, il est triste de constater que la revue s’essouffle un peu et a du mal à se hisser au niveau de ses illustres années. Tentative d’explication ci après…

La Revue @Martin Gallone

Créée en 1958, la Revue se joue annuellement jusque dans les années septante (où la fréquence se calme un peu et s’espace parfois de plusieurs années), pour reprendre ensuite son rythme régulier à partir de 1988. Spectacle pluridisciplinaire qui mélange chanson, autodérision, parodie et glamour, le show se doit prioritairement de distraire le public et de le faire rire. Hélas, cette année on sourit seulement et on ne rit quasi jamais à gorge déployée devant une Revue qui manque de rythme et surtout de bons auteurs. Et les reproche ne sont certainement pas à adresser aux comédiens, car on a beau être le meilleur acteur du monde si le texte à défendre s’avère être moyen on n’arrivera que très rarement à le sublimer.

Dans un décor d’une sobriété étonnante le spectateur assiste à une succession de sketches très inégaux à l’humour parfois daté dont plusieurs semblent avoir été rajoutés en dernière minute pour cause d’actualité brûlante ( Puigdemont en exil à Bruxelles, Francken et les migrants du parc Maximilien, l’hommage à Johnny…). Par ailleurs, on ne perçoit plus dans la troupe cette aura exceptionnelle qui animait des comédiens à personnalité forte comme Stéphane Steeman, Jean Hayet, André Lamy ou même Maria Del Rio pour n’en citer que quelques uns qui sont inscrits dans l’inconscient collectif lorsqu’on évoque les grandes heures de la Revue. Seule réelle exception, la traditionnelle tirade de Mr Colla magnifiquement servie par le désopilant Bernard Lefrancq, le seul à interagir avec les spectateurs, et qui porte pratiquement à bout de bras les seuls rires francs de cette édition 2018.

La Revue @Martin Gallone

Quand à Fabian Le Castel, il est indéniablement un très bon imitateur mais on le sent parfois perdu, parachuté entre deux sketches politiques pas toujours percutants. Car la Revue 2018 (qui, cette année, ne nous parle pas de la famille royale) est quasi exclusivement axée sur nos politiques qu’elle n’égratigne pas toujours avec bonheur, comme cette parodie d’Yvan Mayeur en Robin des Villes qui aborde le thème du scandale du Samu Social et qui au final agace plus qu’elle ne fait rire. Idem pour le sketch sur Emmanuel Macron et Brigitte d’un sexisme affligeant et à des lieues en deçà de la parodie hilarante et brillante qu’avait proposé Jerôme de Warzée dans son émission satirique du Grand Cactus.

Mais rassurez vous, hormis ces faux pas, la Revue propose aussi beaucoup de bons moments distrayants comme le sketch sur Ryanair qui pique la où ça fait mal , un défilé de mode cocasse assez étonnant , une confrontation Kim Yong / Trump très amusante et une parodie réussie du Coco Câline de Julien Doré rebaptisée Coco Déprime pour la circonstance.

Dans l’ensemble, cette édition 2018 de la Revue des Galeries laisse une impression assez terne et manque de piquant et d’impertinence, car si certaines idées sont bonnes, c’est plutôt le traitement qu’on leur a réservé qui déçoit. Espérons donc qu’il ne s’agisse que d’un faux pas et que la prochaine cuvée de la Revue 2019 tienne toutes ses promesses et redynamise comme il se doit cette institution théâtrale qu’on ne demande qu’à voir pétiller comme une coupe de champagne.

Jean-Pierre Vanderlinden

La Revue 2018 : Du 6 décembre 2017 au 28 janvier 2018
Avec : Bernard Lefrancq, Angélique Leleux, Pierre Pigeolet, Perrine Delers, Anne Chantraine, Marie-Sylvie Hubot, Gauthier Bourgois, Denis Carpentier, Frédéric Celini, Kylian Campbell, Natasha Henry et Fabian Le Castel.
Mise en scène : Bernard Lefrancq et David Michels
Décors : Francesco Deleo
Costumes : Ludwig Moreau et Fabienne Miessen

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