Brel, C’était au temps, la comédie musicale qui prend le parti de vous plonger dans l’univers du Grand Jacques sur un ton léger

Le 9 octobre 1978, Jacques Brel nous quittait.  Brel, C’était au Temps, née de la plume de Jean Marie Delattre et mise en scène par Nathalie Stas réunit les personnages emblématiques de ses chansons au bistrot « Chez Eugène », face à l’arrêt du tram 33. Tout ce beau monde commémore le Grand Jacques à sa manière en buvant, dansant et en riant. Proposée dans le cadre sympathique du théâtre Le Fou Rire à Anderlecht , Brel, C’était au temps a attiré plus de 3.000 spectateurs en 15 jours et propose deux ultimes représentations ce mardi 26 décembre à 15h et 20h15, avant que le spectacle ne prenne sans doute la route ailleurs en Belgique et en France.

© David Taillebuis

Quand on s’attaque à un monstre comme Jacques Brel on sait que le challenge est de taille. Fan absolu de l’artiste, Jean-Marie Delattre s’est lancé dans l’aventure en faisant appel à des comédiens qui savent chanter et témoignent d’une belle énergie sur scène. Mais pour ce genre de spectacle l’enthousiasme ne suffit pas, car on s’attaque au génie. Pour ma part, je suis sorti du spectacle avec un avis mitigé, et nettement moins enthousiaste que certains spectateurs visiblement ravis. Et ça s’explique…

Brel, C’était au temps ne peut que diviser le public car la comédie musicale témoigne d’un parti pris qui ne plaira pas à tout le monde. Décliné sur un mode « comédie musicale amusante » , le spectacle souffre par moments d’une certaine faiblesse au niveau des dialogues qui font la jonction entre les différentes chansons et qui semblent parfois avoir été écrits juste pour cette raison. De plus, certains comédiens surjouent, à l’image d’un Alain Eloy fort sympathique Eugène, qui se sent obligé d’hurler la plupart de son texte en forçant l’accent bruxellois, ce qui sur la durée de la pièce devient fatigant. Nathalie Delattre et Veronique Sonnevile, respectivement Madeleine et Mathilde s’en tirent avec tous les honneurs dans leurs rôles respectifs, et brillent surtout par leurs jolis arrangements vocaux à deux voix qui sont assez convaincants. Mention spéciale à Stéphane Oertli qui campe un Sancho caricatural mais fort amusant, et surtout à Marc De Roy, le seul à ne pas « flotter »  dans le costume pour beaucoup bien trop large du Grand Jacques.

© David Taillebuis

Car c’est bien là que le public peut être divisé. Il y’a ceux qui viennent voir une comédie musicale qui zwanze dans laquelle ils retrouvent avec plaisir les chansons revisitées de leur artiste favori et ils seront comblés, et les autres plus puristes, pour qui Brel est inégalable et se conjugue avec émotion, ferveur et interprétation magistrale. Ceux-là frémiront durant les interprétations volontairement différentes et parfois légères de  » Ne Me Quitte Pas » ,  » Quand on n’a que l’Amour », « Jef » et « Les Bonbons ». Là, on est à des lustres de l’emprunte artistique  inattaquable que Brel apportait à ces classiques. D’autres titres se laissent écouter avec plaisir comme « Les Bourgeois », « Rosa » ou « La Chanson des Vieux Amants ». Quelques chansons sortent du lot et se rapprochent plus de l’émotion première que Brel leur insufflait comme « Le Plat Pays », « Au Suivant », « La Valse à Mille Temps » et une magnifique interprétation de « Mathilde » par le talentueux Marc De Roy. Quand au trio de musiciens (composé de Stijn Bettens à l’accordéon, Anne Creuen au piano et Christophe Devisscher à la contrebasse) qui accompagne les comédiens,  il livre une prestation sans risques mais irréprochable.

© David Taillebuis

Au final, Brel, C’était au temps vous fera passer un agréable moment musical et tendre dans l’univers des chansons de Jacques Brel sur un ton léger et humoristique, mais si vous venez y chercher l’émotion intense qui vous parcourait à l’écoute du Grand Jacques sur scène et qui persiste enfouie au plus profond de vos souvenirs vous pourriez être un peu déçu. Et cela même si le spectacle auquel j’ai assisté s’est terminé sous les applaudissements nourris de la grande majorité des spectateurs visiblement ravis. Un homme averti en vaut deux.

Jean-Pierre Vanderlinden 

 

© Brel, C’était au Temps…

Brel, C’était au Temps…

Comédie musicale de Jean-Marie DELATTRE
Avec: Marc DE ROY, Alain ELOY, Véronique SONNEVILE, Nathalie DELATRE, Stéphane OERTLI.
Orchestre sous la direction de Stijn BETTENS.
Mise en scène Nathalie STAS Scénographie Francesco DELEO
Les 7,8,9,14,15 et 16 déc 2017 à 20h15, les 10 et 17 déc 2017 à 17h
Prix: 30€ Senior: 25€ étudiant 15€

Dernières représentations le 26/12 à 15h et 20h15

 

 

 

 

Théâtre Fou Rire: Rue des 2 Gares, 124b à 1070 Bruxelles

Réservationshttp://brel-cetaitautemps.be/reservations/

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