Lettre à Johnny Hallyday et ses fans…

 

Ce texte se veut un éditorial écrit avec le coeur, un dernier au revoir à l’idole de ma jeunesse…

6 décembre, jour de la Saint-Nicolas pour nous les Belges. Hélas pour beaucoup d’entre nous, cette année, la faucheuse a pris la place du grand saint pour nous apporter le pire cadeau qu’on pouvait imaginer…

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Il est sept heures du matin, ma femme me réveille : « T’es au courant de la nouvelle ? » … « Johnny ? » lui dis-je craignant le pire. « Oui Johnny… »   » Non !!!  »  En quelques secondes, une partie de ma vie vient de s’envoler en fumée. Je vis à cet instant précis ce que des millions de fans ont vécu ce jour-là, des souvenirs qui défilent dans la tête, les larmes qui montent doucement,  le coup de massue en pleine face, même si la terrible nouvelle était crainte depuis plusieurs semaines.

Comme un zombie, je descends l’escalier et me dirige vers l’écran de télévision sur lequel apparaît le visage de Jean-Philippe Smet tandis que sa voix exceptionnelle résonne dans la pièce. Je reste là, passif, résigné, révolté et triste. Pourquoi déjà..? Comme le dira Michel Drucker en sanglots dans un sublime hommage, quelques heures plus tard :  » T’aurais pu vivre encore un peu Johnny !  »  La faucheuse et cette saloperie de crabe en ont décidé autrement…

Le restant de la journée et les jours qui suivirent ne furent qu’hommages et témoignages de la part des médias et de célébrités qui, pour certaines, se découvrent une amitié soudaine avec l’idole des jeunes mais aussi, heureusement, de la part des fidèles amis, ceux de toujours : Billon, Line Renaud, Philippe Labro, Bruel, Jean-Claude Camus, Eddy Mitchell, Jean Reno, Michel Drucker, impossible de les citer tous. Certains sont dévastés comme le sont les membres de sa famille et ses enfants bien sûr qui feront tous preuve d’une incroyable dignité et d’un courage exceptionnel dans le malheur, et comme cette multitude d’anonymes, ces fans terrassés par le chagrin à qui l’on vient d’arracher une partie du coeur. J’en fais partie.

Car Johnny c’était bien sûr l’homme de scène, le performer incroyable à la voix magistrale qui transformait chaque duel vocal avec d’autres artistes en joute bienveillante mais dont on connaissait à l’avance le vainqueur. Johnny c’était aussi une part de la France, une part de la francophonie toute entière, un héros rock’n’roll rassembleur qui, tour à tour, représentait pour ses admirateurs un frère, un copain, un parent disparu, une idole, un exemple… Johnny, c’était tout simplement un homme, généreux, simple, respectueux, volontaire et sincère qui, lorsqu’il foulait les planches, se métamorphosait en dieu vivant au charisme exceptionnel. Capable de galvaniser des milliers de personnes et de leur procurer l’émotion ultime, celle qui met les larmes aux yeux, fait dresser les poils et stimule vos pulsations cardiaques.

Johnny c’était une fulgurance, un surhomme du rock qui n’a jamais triché et un homme écorché par une enfance chaotique qui n’a eu de cesse de combattre ses démons et de fonder au crépuscule de sa vie la famille ultime, celle qu’il n’a pas eu dans sa jeunesse. Une famille composée des siens bien sûr, de sa femme et de ses enfants, de ses amis fidèles, mais aussi de son public qui durant 57 ans lui a donné tant d’amour. Quand pendant les concerts ses yeux bleus se plongeaient dans les nôtres, on y lisait la sincérité d’un homme qui n’a jamais triché et s’est toujours transcendé lorsqu’il avait rendez vous avec son public.

Johnny c’était un géant à la voix magique et au déhanché sulfureux, un grand prêtre aux multiples grands messes rock’n’roll, la dernière idole d’une époque qui aujourd’hui quasi révolue, celle où les stars n’étaient pas de pacotille et servaient d’exemple à une jeunesse en mal d’amour, d’argent, de travail ou de modèles. Chacun a en soi, au fond du coeur, une chanson de Johnny qu’il rattache à un moment important de son existence, chacun porte en soi une part de Johnny Hallyday.

Alors, quand des millions de fans se sont rassemblés samedi sur les Champs Elysées devant l’église de la Madeleine ou tout simplement devant leur téléviseur dans l’intimité de leur salon par pudeur, par choix ou par manque de moyens, je n’ai pas été étonné, c’était mérité.  Et quand le président Macron déclare sur le parvis de l’église de la Madeleine : « Johnny était beaucoup plus qu’un chanteur, c’était la vie dans ce qu’elle a de souverain, de plus éblouissant, de plus généreux. Une part de nous-même, une part de la France. C’est un destin français !« , il se fait l’écho de millions de ses concitoyens orphelins d’un homme qui représentait le rock’n’ roll mais aussi une France glorieuse et gaie aujourd’hui disparue.

Alors, je sais que certains feront la fine bouche, que des tristes sires même s’ils n’appréciaient pas spécialement l’homme ou la star n’auront pas la décence de se taire dans de telles circonstances et critiqueront les hommages ou l’importance accordée à l’événement mais qu’importe les esprits chagrins, l’important c’est cette immense flambée d’amour qui s’est dégagée du peuple, des artistes et même des politiques lors de cet hommage hors norme. L’important, c’est que, depuis ce 6 décembre 2017 date où Jean- Philippe Smet est parti rejoindre le paradis des saltimbanques, Johnny Hallyday, lui, est devenu immortel.

La star n’est plus, place maintenant à La Légende !

Texte : Jean-Pierre Vanderlinden aka jprockbruxelles

Johnny Hallyday © Jean-Pierre Vanderlinden

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