« Je sais pas » : l’innocence de l’enfance mise à mal par Barbara Abel

Une histoire à suspense différente des thrillers habituels, des romans policiers classiques. Une jolie découverte et un roman qu’on lit en une traite : Je sais pas de Barbara Abel.

La personne qui m’a conseillé « Je sais pas » m’avait prévenue : « Commence-le quand tu as un peu de temps devant toi, car tu ne pourras plus le lâcher ! » Et c’est vrai. J’ai commencé ma lecture samedi vers 14h, le livre était fini dans la soirée ! Une intrigue bien ficelée, des personnages complexes, des petites histoires au milieu de la trame principale… Bref, les ingrédients sont réunis pour un bon moment lecture.

Camille est une jeune mère d’une trentaine d’année. Sa petite fille Emma a cinq ans et est connue pour son visage d’ange, ses boucles blondes, … Lors d’une sortie scolaire, Emma disparaît en forêt … Suivie rapidement par la disparition de son institutrice. Le cataclysme, l’inquiétude que provoquent ces disparitions dans la vie de Camille sont insoupçonnés. La police mène l’enquête, les questions provoquent des silences,… des secrets sont en passe d’être révélés.

Petit à petit, l’enquête découvre la personnalité des deux disparues…

Barabara Abel dresse un parallélisme entre les comportements inadéquats de l’institutrice et de son élève. Elles sont toutes deux méchantes, perfides, désagréables et les enfants et les adultes les évitent dès qu’ils le peuvent. La seule différence qui les sépare c’est que la petite est à l’image d’un ange, tandis que l’institutrice est aussi laide dedans que dehors !

On sent que Barbara Abel souhaite nous questionner sur l’innocence de l’enfance « A cinq ans, on est innocent, dans tous les sens du terme… ». On sent aussi qu’elle essaie de nous révéler quelques chose « d’une source du mal » … Mais cela pèche un peu par des répétitions de texte. En effet, lors de l’enquête de personnalité sur la petite Emma, il arrive de relire des paragraphes entiers déjà écrit au sujet de l’institutrice, les mêmes mots, les mêmes phrases, la même succession d’idées… Un parallélisme grossier à mon sens dommageable à la qualité du roman. Autre bémol, on comprend assez vite les tenants et aboutissants des caractères des deux disparues, on sent aussi qu’il y a quelque chose à explorer, mais à mon sens, Barbara Abel aurait pu aller plus loin. Nous interroger sur la précocité de la psychopathie, de la sociopathie; le lieu, l’histoire, le cadre scolaire étaient propices pour pousser un peu plus loin ces réflexions. À partir de quand peut-on s’inquiéter des attitudes d’un enfant ? Les psychopathes adultes ont un jour été jeunes, comment se construisent-ils ? Comment ces êtres sont-ils devenus ce qu’ils sont ? La petite Emma est le reflet, l’image de l’institutrice mais Barabara Abel n’a pas osé développer jusqu’au bout son idée.

Je ne connaissais pas l’auteure et le roman incite à en découvrir plus… Sans doute les lectures de ces prochaines semaines… C’est que le contrat est rempli, non ?

« Je sais pas » est un roman qu’on lit en une fois. Impossible, malgré quelques faiblesses, de le laisser de côté. On le prend, on le garde, on le dévore. Belle intrigue, jolie balade dans les côtés obscurs de la nature humaine. Un roman à conseiller.

Je sais pas

Barbara Abel

978-2-266-27833-1

Belfond – 2016 et Pocket-2017

440 pages chez Pocket

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