La belle mort, dernier baroud d’honneur avant… l’extinction !?

La vie est belle répète inlassablement Indochine depuis quelques mois, la mort aussi peut l’être. Surtout dans les mains de Mathieu Bablet. La belle mort, un premier fait d’arme retentissant pour celui qui a depuis explosé (pas en plein vol, hein) avec l’impeccable Shangri-la. Une réédition avec dos toilé vient de sortir chez Ankama. L’occasion pour ceux qui l’auraient raté de récupérer ce retard inconcevable.

© Mathieu Bablet chez Ankama

Résumé de l’éditeur : À quoi bon résister ? Voilà ce que se répètent jour après jour Wayne, Jeremiah et Scham, uniques survivants de l’invasion dévastatrice d’insectes extraterrestres. La fin de l’humanité a eu lieu. Cherchant un but, une destinée justifiant leur futile présence dans un monde en ruine, ils ne se doutent pas qu’ils font partie d’un plan bien plus vaste, de quelque chose qui les dépasse complètement et qui implique un autre survivant…

© Mathieu Bablet chez Ankama

À trois, c’est sûr, on est un peu moins seuls qu’un Will Smith légendaire ou qu’un Tom Hanks et son ballon, mais quand même. Dans cette ville qui écrase nos trois personnages principaux, pas de zombies ni de vampires à l’horizon, le calme plat si ce n’est des insectes aliens (le cinéma bis, le bon, n’est pas loin) qui ont ruiné les beaux rêves de l’humanité. On est peu de chose, ma p’tite dame. Et il n’y a aucun espoir. Sinon celui de s’engueuler quand ces trois héros post-apocalyptiques bien malgré eux n’ont pas la même vision des choses. Ça a le mérite de pimenter la vie qui semble n’être qu’un autre recommencement, chaque jour de plus, tant que l’ennemi quasi-invisible veut bien les laisser tranquilles. Pourtant, notre trio est bien décidé à ne pas rester mutique.

© Mathieu Bablet chez Ankama

Les larmes aux yeux, c’est ainsi que l’album commence sur un constat grandiose entre soleil de minuit et la Lune qui fait basculer les personnages dans un monde urbain en perte de repères. Les hommes sont des fourmis dans cette ville immense, écrasante, qui semble avoir perdu sa superbe depuis bien longtemps, décadente et désaffecté.  Sans rien à envier à Prypiat ou Hiroshima.

© Mathieu Bablet chez Ankama

Dans ce carcan sans salut, étendu sur un peu plus de 140 planches, Mathieu Bablet tisse son art, précis et pointilleux, en expansion. Maître des cartes et des chemins qu’empruntent ses personnages dans ce décor labyrinthique (auquel cette nouvelle édition grand format rend tous les honneurs), le jeune auteur nous berce pourtant d’incertitude et d’imprévu. Car dans cet univers si semblable à nos grandes villes mais désespérément vidé, le lecteur que je suis se sent vite perdu, asphyxié par cet espace délimité par de longues tours désormais immobiles, tétanisées. Asphyxié et pourtant enchanté. Et si La belle mort n’étaient qu’un début pour de grandes choses !

Titre : La belle mort

Récit complet

Édition grand format

Scénario, dessin et couleurs : Mathieu Bablet

Genre : Anticipation, Fantastique

Éditeur : Ankama

Label : 619

Nbre de pages : 160

Prix : 17,90€

Date de sortie : le 01/09/2017

Extraits : 

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