Dans une adaption libre et simplifiée de Thierry Debroux, Hamlet a revécu au Théâtre du Parc sous les traits de l’étonnant Itsik Elbaz

Depuis qu’il a repris la direction du Théâtre Royal du Parc en 2010, Thierry Debroux a incontestablement dépoussiéré le théâtre de papa et redynamisé une programmation théâtrale désormais plus moderne, attirant par là même un nouveau public plus jeune et plus exigeant. Au programme et au fil des saisons, nous avons eu droit à des adaptations étonnantes (de Thierry Janssen avec scénographie de Ronald Beurms sur Le Mystère Sherlock Holmes, L’Ile au Trésor et Le Tour du Monde en 80 Jours), des créations formidables (de Othmane Moumen, Thierry Janssen et Jasmina Douieb avec  Chaplin), ainsi que les étonnants Les Trois Mousquetaires ou Vampires  adaptés par Thierry Debroux lui-même.  Impossible de citer tous nos coups de coeur tant les excellentes surprises sont nombreuses. 

Pour sa rentrée 2017, Thierry Debroux nous propose Hamlet, le chef d’oeuvre de William Shakespeare, dans une adaptation libre et simplifiée qui serait d’après le metteur en scène accessible à partir de 10 ans. « S’ils ont compris Le Roi Lion, ils comprendront Hamlet… » déclarait-il à qui veut bien l’entendre.

C’est donc à une version plus courte, allant à l’essentiel de l’intrigue que Thierry Debroux nous convie. La distribution est irréprochable avec Itsik Elbaz qui campe un Hamlet mystérieux et fragile en proie au terrible tourment qui l’habite. L’action est cette fois plongée au cœur de la Russie du XIXème siècle où règne un roi fourbe, et non plus au Danemark comme dans l’oeuvre originale.

Quant à l’intrigue on la connaitLe roi, père d’Hamlet meurt. Son frère Claudius l’a remplacé et a épousé Gertrude, la veuve de son frère. Le spectre du roi apparaît alors et révèle à son fils qu’il a été assassiné par Claudius. Hamlet doit venger son père et pour mener son projet à bien simule la folie. Mais son comportement étrange plonge la cour dans la perplexité. Mis en cause à mots couverts par Hamlet, Claudius perçoit le danger et décide de se débarrasser dec son fantasque neveu…

Autour de Itsik Elbaz on trouve une jolie brochette de comédiens comme Fabian Finkels qui campe un Horatio loyal et fidèle à son ami Hamlet, un Serge Dumoulin totalement crédible dans le rôle de Claudius le roi félon et glacial puis repenti, Anouchka Vingtier qui réalise  une performance époustouflante dans le rôle d’Ophélie tiraillée entre son désir amoureux et l’obéissance à son père, et Christian Crahay excellent en Polonius qui se fera tuer comme un rat.

2582363034.jpgAucun comédien ne démérite dans cette adaptation de Hamlet qui est dans l’ensemble très réussie, même si la simplification du texte lui fait perdre quelque peu la majestuosité de l’oeuvre de Shakespeare et cette emphase qui caractérise son écriture. Même la fameuse tirade du « être ou ne pas être » perd de sa magie déclamée trop discrètement comme si Hamlet s’adressait intimement à la salle dans un langage plus propre à notre époque. Certains apprécieront cette volonté de simplicité naturelle. Personnellement, j’aime la grandiloquence shakespearienne et j’ai été un peu déçu. Quant à la scénographie signée Vincent Bresmal, elle joue sur des décors géométriques en galerie prônant la simplicité et habillés d’une très belle lumière. Un choix discutable mais qui finalement fonctionne bien.

Mention spéciale à la fin de la pièce où Hamlet d’un ton grave clôture avec panache cette tragédie intemporelle. Au final, on ne regrette pas de s’être déplacé pour profiter de cette adaptation originale d’Hamlet dont il faut concéder à son metteur en scène d’avoir choisi un parti pris auquel chacun est libre d’adhérer ou pas. Car le but principal est atteint : éviter un théâtre qui ronronne et prendre des risques artistiques afin de nous proposer encore et encore de grandes pièces portées par des comédiens de talent. Et de ce côté là le Théâtre Royal du Parc de Thierry Debroux n’a rien à envier à personne…

Pour cette saison 2017/2018 le Théâtre Royal du Parc n’a pas fini de nous étonner avec entre autres la programmation de spectacles dont nous vous reparlerons prochainement dans ces colonnes comme Le Noël de Mr Scrooge avec Guy Pion, Un Tailleur pour Dames de Georges Feydeau avec Stephane Fenocchi et Thierry Janssen, une nouvelle adaptation de Thierry Debroux qui s’est penché sur Le Livre de la Jungle et la reprise de l’excellent Chaplin à ne manquer sous aucun prétexte si vous l’aviez raté la saison dernière.

Texte : Jean-Pierre Vanderlinden

Durée : 2h30 entracte compris

Avec :
Itsik ELBAZ,
Anouchka VINGTIER,
Jo DESEURE,
Serge DEMOULIN,
Fabian FINKELS,
Christian CRAHAY,
Adrien LETARTRE,
Camille PISTONE,
Valentin VANSTECHELMAN,
Baptiste DENUIT,
Jonas JANS,
Amandine JONGEN,
Coralie SCAUFLAIRE

Mise en scène : Thierry DEBROUX

Assistanat : Catherine COUCHARD

Chorégraphie : Grazielle FURTADO

Chorégraphie des combats : Jacques CAPPELLE

Scénographie : Vincent BRESMAL

Création et réalisation des costumes: Anne GUILLERAY

Lumières : Laurent KAYE

Création des maquillages : BOUZOUK

Décor sonore : David LEMPEREUR

Maquilleuse : Florence JASSELETTE

Stagiaire en maquillage : Romane ADAM, Cindy PLANCKART

Musique des chansons: Pascal CHARPENTIER

Peinture du décor et sculptures : Geneviève PÉRIAT

Video : Allan BEURMS

Réalisation des costumes : Sarah DUVERT et Béa PENDESINI

Vieillissement du spectre : Sophie CARLIER

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