Après Black et avant Patser et le Flic de Beverly Hills, Bilall Fallah était au FIFF: « On rêve de faire un grand film de science-fiction à la Star Wars »

Le FIFF, terreau fertile de rencontres humaines et artistiques… Cette année, les discussions furent belles et enrichissantes au théâtre de Namur, en face à face avec des réalisateurs, acteurs, chanteurs même, de tous horizons. Cette année, Bilall Fallah, co-réalisateur émérite de Black, était de retour à Namur, non pas pour y présenter un film mais pour présider le jury de la compétition court-métrage. L’occasion de tailler une bavette avec un futur grand réalisateur hollywoodien qui garde la casquette sur la tête, et la tête sur les épaules.

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Bilall Fallah - Andy Tierce
(Photo de couverture : ©Andy Tierce)

Vous voilà de retour à Namur pour le FIFF, cette fois en tant que président du jury court-métrage. C’est tout de même un bel honneur…

C’est un grand honneur. On aime beaucoup venir au festival, la première fois on n’était encore que des étudiants et on réalisait le making-of des Barons de Nabil Ben Yadir. C’était la première fois qu’on venait sur un grand festival et pour nous, Namur c’était un peu Hollywood ! Après, on est venu présenter Image, puis Black et voilà que maintenant nous revenons pour faire partie d’un jury. C’est un rôle important, je trouve, car c’est une manière d’encourager le cinéma du futur et je prends ce rôle très à cœur.

Un premier jury ?

Non, j’ai déjà fait partie d’un jury mais, par contre, c’est la première fois que je suis le président. (Rires)

Comment se prépare-t-on à juger des collègues finalement ?

C’est très difficile parce que le cinéma ce n’est pas comme les math où il n’y a qu’une seule manière de faire. Je regarde toujours quelle est l’histoire que le réalisateur veut me raconter, et comment il la raconte. Pour moi, le plus important, ce ne sont pas les moyens ou la technique, ce sont les idées créatives. C’est ça que je cherche dans les courts-métrages et que je soutiens. Mais je suis très curieux de voir ce que fait la jeune génération de réalisateurs maintenant, quelles sont les histoires,… Nous, ça fait cinq ans qu’on a fait notre dernier court-métrage et je voudrais voir la même passion que nous avions dans leurs films.

Les courts-métrages sont un domaine à part du cinéma, il faut raconter son histoire dans un format court, ce qui n’est pas si évident…

J’aime bien les courts-métrages parce que c’est court, …ce n’est pas long ! Mais, Adil et moi, on a aussi commencé avec les courts-métrages, et c’est très difficile de raconter une histoire pour qu’à la fin du film tout le monde l’ait comprise. Mais si tu y arrives dans un court, tu y arrives dans un long !

Par contre, quand tu fais un long, ça ne veut pas dire que tu peux faire un court parce que là, tu as tout juste 15 minutes pour dire quelque chose. Et tu dois tout mettre dans ces 15 minutes. C’est pour ça, je crois, que c’est important qu’un réalisateur passer en premier par le court.

Le court-métrage est aussi un passage obligé, une manière pour un réalisateur de se faire une carte de visite avant de passer au long. Ça a été votre cas ?

Oui, notre dernier court-métrage a gagné le plus grand prix en Flandre, le VAF Wild Card et c’est grâce à ça que nous avons pu réaliser Image. Avec un court-métrage, tu peux aller à l’international, c’est une carte de visite.

Vous êtes des habitués du FIFF, vous le disiez, qu’est-ce que ça fait de revenir à Namur, année après année ?

C’est une belle ville. À chaque fois j’oublie mais putain que c’est une belle ville ! La prochaine fois, je viendrai juste à Namur pour me relaxer, chiller ! Parce que jusqu’ici je suis toujours venu pour le travail et c’est vrai que c’est un beau côté de la Belgique. Qu’en Flandre on ne voit pas assez.

Ce qui est intéressant c’est de voir qu’à chaque fois que vous venez ici, vous gravissez les échelons de plus en plus !

Oui, mais il y a encore un long chemin ! (Rires)

Il y a deux ans vous présentiez Black, ici à Namur, un film coup de poing qui a un peu secoué notre festival. Maintenant, les portes de l’international s’ouvrent à vous…

Black nous a ouvert les portes d’Hollywood. On a déjà fait Snowfall, une série télévisée pour FX, la plus grande chaîne télé en Amérique.

On a travaillé à Hollywood et c’était une expérience de dingue!  On a signé de grands contrats avec de grands films, le Flic de Beverly Hills par exemple mais aussi The Big Fix (ndlr. un thriller international sur les matches de football arrangés). Il y a aussi plusieurs autres projets qu’on est en train de développer. Mais maintenant, on est occupé à faire notre troisième film, ici en Belgique, un truc très hollywoodien ! Et après, Inch’Allah, on va faire un film à Hollywood!

Et depuis le début, il y a quelque chose dans vos films de très hollywoodien. C’est un cinéma qui vous inspire depuis le début ?

C’est grâce à ça que je veux faire du cinéma. Quand j’étais jeune, mon père m’emmenait au cinéma et c’était toujours pour voir les grands films hollywoodiens comme Star Wars ou Jurassic Park. Ça m’a fait rêver et c’est ça qui m’a vraiment inspiré. Mais en même temps, on a étudié dans une école de cinéma ici à Bruxelles alors je crois que ça m’a aussi inspiré. Je crois que dans notre travail on retrouve les deux influences…

Et c’est justement une arme de pouvoir tant composer avec un cinéma plus auteuriste qu’un cinéma commercial… 

C’est vaiment ça qu’on essaye de faire dans nos films, avoir le côté artistique et en même temps le côté grand public qui fait que tout le monde pourra le voir.

Depuis vos débuts, vous avez eu l’occasion de côtoyer des cinémas différents, le cinéma belge, flamand et wallon, le cinéma anglophone hollywoodien, comment ressent-on ces changements d’univers ?

Je ne pense jamais en termes de cinéma à étiquettes : belge etc. Ce qui compte, c’est que le film soit bon. Avec Black, on a essayé de faire quelque chose de spécifique pour la Belgique parce que l’histoire le voulait, mais qui puisse être vu partout, aux États-Unis, au Brésil, au Japon. Pour moi, le cinéma c’est universel avant tout, sans aucune barrières Depuis le début c’est ce qu’on essaye de faire, et on va continuer !

Si vous parlez d’un cinéma sans cloisons, il y a tout de même des différences dans la manière de travailler entre ces différents cinémas… 

À fond ! Ce que j’ai appris de notre expérience c’est que la liberté artistique n’existe pas à Hollywood. Hollywood c’est une machine, c’est le grand business avec beaucoup d’argent, beaucoup de producteurs, des grands studios. En tant que réalisateur, tu dois toujours expliquer pourquoi tu fais tel ou tel choix, tu dois avoir une liste d’arguments pour justifier tes décisions. Ici en Belgique, tu es libre, tu peux faire ce que tu veux et ça ça ne s’achète pas ! C’est pour avoir cette liberté qu’on fait des films !

Quels sont vos espoirs pour ce bel avenir qui se dessine devant vous ?

Il y a encore un long chemin…J’espère qu’on va faire un jour un grand film de science-fiction à la Star Wars. On veut faire des grands films ! Mais d’abord, il y a notre troisième film, Patser qui va sortir en janvier. Notre focus est sur ce film-là pour le moment.

Bilall Fallah3

Propos recueillis par Alizée Seny

 

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