Nicolas Duvauchelle : « Quand on me donne la possibilité de changer la perception que les gens ont de moi, c’est toujours bon à prendre, je fonce ! »

Le FIFF terreau fertile de belles rencontres artistiques et humaines… Cette année, parmi le panel d’artistes présents à Namur, il y en avait un que le festival souhaitait mettre à l’honneur en le nommant coup de cœur. Après Audrey Tautou, Josiane Balasko, Benoît Magimel ou encore Vanessa Paradis, c’était au tour de Nicolas Duvauchelle d’être mis à l’honneur durant une semaine. L’occasion de le rencontrer et de discuter dans le magnifique cadre du théâtre de Namur.

FIFF2017 - Fabian Rigaux (2)

Bonjour Nicolas. Un coup de cœur c’est tout de même un bel honneur…

Oui, tout à fait ! Je suis très très content d’être ici et de pouvoir présenter trois films qui m’ont marqué, de pouvoir venir en parler après avec le public.

Vous avez déjà une belle carrière derrière vous avec une large filmographie. Comment avez-vous choisi les trois films à présenter au FIFF ? Ça n’a pas dû être facile car chaque film à son empreinte, ses souvenirs,…

C’est vrai… J’ai vraiment essayé de choisir trois films qui représentent chacun une période de ma vie, de ma carrière. Le premier, Les Corps Impatients, de Xavier Giannoli, j’avais 23 ans. Le deuxième, Les yeux de sa mère, de Thierry Klifa,  j’avais une trentaine d’années.

Et puis, Je ne suis pas un salaud, d’Emmanuel Finkiel, que j’ai fait il y a deux ans. Ce sont vraiment trois films qui incarnent trois périodes différentes de ma vie, où je jouais aussi différemment. Je pense que je l’ai ai choisi aussi pour montrer aux gens l’évolution !

Les yeux de sa mère - Thierry Kliffa
Les Yeux de Sa Mère, de Thierry Klifa

Un coup de cœur au FIFF, ça permet aussi de faire un flash-back de toute sa carrière… 

J’ai pas quatre-vingts piges non plus, mais c’est certain ! Quand ils m’ont proposé ça, j’étais très honoré, on se rend compte qu’on compte quand même un petit peu, donc ça fait plaisir !

Vous dites que votre façon de jouer a évolué tout au long de votre carrière, votre rapport au cinéma sans doute aussi…

Certainement ! Déjà, aujourd’hui, je me sens plus à ma place. Après vingt ans, être nommé parmi les meilleurs acteurs aux Césars, c’est un réel plaisir; on commence à se dire qu’on est pas là par hasard! Et puis, on espère avoir encore plein d’autres nominations parce que ça voudra dire qu’on aura fait des beaux films ! Après, les prix ce n’est pas si important, ça rassure, on se dit qu’on a bien bossé mais il faut pouvoir se concentrer sur la suite et les films qu’on fera derrière.

C’était un rêve le cinéma ?

Non, le cinéma est vraiment arrivé par hasard dans ma vie, quand j’ai fait Le Petit Voleur.

Avant ça, je n’étais pas du tout dedans, mes parents non plus, même si j’aimais beaucoup le cinéma. Je n’avais jamais pensé être acteur un jour et c’est venu par hasard, sur le film d’Eric Zonca. Ils sont venus faire un casting à la boxe et, à la base, ils m’ont proposé de faire des essais pour de la figuration, puis ils m’ont donné un texte et ainsi de suite. Au final, je me suis retrouvé avec le premier rôle ! C’est comme ça que tout a commencé et maintenant, je me sens beaucoup plus légitime, c’est sûr ! Le cinéma, ça n’a jamais été un rêve de gosse.

Mais à présent, c’est une évidence…

Pour le coup, je ne pourrais pas faire autre chose, je suis devenu complètement accro ! Et puis, les rencontres avec les gens, les projets artistiques, c’est ce qui me fait vivre, j’adore ça !

Tout au long de votre filmographie, on vous a vu endosser pas mal de rôles de salauds, d’écorchés,… Comment fait-on pour ne pas, en tant qu’acteur, se laisser enfermer dans une case ? Ou pour en sortir finalement ?

Pour le moment, j’essaye d’aller dans des registres un peu différents, un peu plus grand public, des comédies… pour ne pas rester enfermer dans un rôle-type. Mais ce n’est pas évident… C’est vrai que certains n’ont pas beaucoup d’imagination donc ils vous voient dans un rôle et puis ils se disent que vous ne pouvez faire que ça. C’est ça que j’avais aimé chez Thierry Klifa dans Les Yeux de sa Mère. 

Personne ne voulait que j’aie le rôle de Mathieu, qui était à contre-courant de ce que j’avais l’habitude de faire et, au contraire, Thierry était persuadé que je pouvais le faire. Quand on me donne la possibilité de changer d’image et surtout de changer la perception que les gens ont de moi, c’est toujours bon à prendre, je fonce !

20 ans de carrière c’est déjà quelques tournages au compteur, si vous deviez en revivre un quel serait-il ?

Des tournages heureux, il y en a eu quelques uns, Les Corps Impatients, Les Yeux de sa Mère et même Tout Nous Sépare. Des beaux tournages qu’on pourrait prolonger sur des mois et des mois tellement ils sont enrichissants. Mais Tout Nous Sépare, c’était vraiment un super tournage.

Justement pour en venir à ce film que vous présenterez ce soir au FIFF, vous accueillez dans l’équipe Ken Samaras, alias Nekfeu, qui joue dans son premier film. Comment accueille-t-on de jeunes acteurs comme lui sur un film ?

Je ne suis pas du tout paternel, s’il veut me demander quelque chose, je suis là, toujours prêt à donner des conseils… mais je ne suis pas du tout à guider les gens. On n’a pas assez de différence d’âge non plus pour ce genre de relation. Il aurait eu quinze ans, je ne dis pas, mais ce n’est pas le cas ! Et puis, je pense qu’il avait aussi envie de faire son truc dans son coin.

Tout Nous Sépare - Thierry Kliffa
Tout Nous Sépare, de Thierry Klifa

On voit pas mal éclore sur nos écrans de nouveaux talents, comme vous l’avez été vous aussi il y a quelques temps. Quel est votre regard par rapport à cette nouvelle génération d’acteurs qui débarquent dans le monde du cinéma français ?

J’ai eu l’occasion de rencontrer Rod Paradot que j’aime vraiment beaucoup, je trouve qu’on a un truc d’assez similaire tous les deux, quelque chose de brut. C’est vrai qu’on a un vivier de jeunes comédiens très doués comme Pierre Niney par exemple. Je pense qu’on n’a pas à se faire de soucis pour le futur !

Vous avez eu l’occasion de tourner en France mais aussi en Belgique, d’un pays à l’autre, vous avez constater des différences de cinéma?

Pas vraiment, c’est vrai que j’ai tourné quelques fois en Belgique et à Bruxelles mais je n’ai pas vu tant de différences que ça, parmi les techniciens. Ce qui est certain, c’est qu’en Belgique on est toujours bien accueilli !

Et à Namur, il y a quelques années, un film un peu à part de votre filmographie avait été présenté en clôture, Mariage à Mendoza

Oui, et je n’ai même pas pu venir parce que je tournais. C’est complètement un film à part, en-dehors des normes avec ce Philippe Rebbot qui est un OVNI et que j’adore ! Et puis j’apprécie énormément Edouard Deluc aussi, je ré-embarque avec lui quand il veut. C’était une superbe expérience avec ce tournage en Argentine de deux mois, c’était magnifique. Un très très bon souvenir…

Vous avez tourné pas mal de choses, au cinéma, à la télévision, voyagé dans pas mal de registre, quel est votre rêve de cinéma maintenant ?

Bonne question ! Je dirais que je rêve de réaliser mon film et de jouer dedans ! Apparemment, d’après ce qu’on m’a dit, c’est très compliqué, mais ça me tente ! C’est un réel rêve, et pour tout vous dire, j’y travaille actuellement.

Vous vous sentez donc prêt à vous lancer ?

Je pense qu’on n’est jamais totalement prêt et si on attend d’être prêt, on ne fait jamais rien ! Mais j’ai l’envie. Et d’avoir vu des metteurs en scène travailler, l’envie n’en est que plus forte. Mettre en scène, ça me tente profondément…

Et dans quel genre vous aimeriez diriger votre projet ? Le noir, peut-être ?

Ah bah oui ! Bien sûr ! C’est le genre de films qui me touche le plus donc c’est naturel pour moi d’aller dans cette direction.

Donc on ne peut que vous souhaiter la réussite derrière et devant la caméra et encore plein de projets artistiques…

Exactement !

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