Entre les murs et sur les toits mortels du Haut Palais, on vit et on crève en esclave… mais la magie a désormais son mot à dire

La collection Original Graphic Novel lancée il y a quelques mois par Glénat (et qui compte déjà les deux tomes de Croquemitaines, Sukeban Turbo…) ne s’interdit décidément rien. Non contente de prendre des auteurs d’ici pour les faire passer la frontière océane et arriver au Pays de l’Oncle Sam (ou Stan, quand on parle de comics) en partenariat avec IDW Publishing; la collection convie cette fois un duo anglo-américain bien connu depuis son Lucifer : Mike Carey et Peter Gross. L’occasion pour le duo de prendre d’assaut le format européen mais aussi le Haut Palais présidant à la destinée du pays d’Ossaniul. Dans lequel se passent de drôles de choses décidément !

© Carey/Gross/Alquier chez Glénat

Résumé de l’éditeur : Dans le pays d’Ossaniul, il existe une forteresse aussi démesurée qu’inaccessible : le Haut Palais. En maîtres des lieux, les membres de la noble famille d’Aldercrest y règnent sur une véritable armée d’esclaves. Au plus bas de l’échelle, le jeune Moth effectue les tâches les plus ingrates et a raisonnablement peu d’espoir de vivre longtemps. Jusqu’au jour où il fait la connaissance d’Obsidian, une mystérieuse entité prisonnière des lieux qui lui parle dans son sommeil. Si Moth fait ce qu’il lui demande, Obsidian lui promet fortune et gloire. Va-t-il accepter ce marché ?

© Peter Gross

Y’en a qui fuient comme le héros de Jesus Carrasco et Javi Rey et d’autres qui se font enfermer. C’est le cas de Moth qui n’avait rien demandé à personne et qui coulait des jours paisibles (autant qu’ils puissent l’être quand c’est l’extrême pauvreté qui dicte sa loi) jusqu’à croiser la route de Cael Extat, l’intendant du Clan Aldercrest (cherchez pas, vous ne le trouverez pas dans Game of Thrones). Un homme mystérieux et surpuissant qui sillonne le royaume pour ramener à son seigneur des esclaves dignes de ce nom. Et à vrai dire si Moth n’a pas le handicap de sa soeur (la pauvre souffre d’une cataracte prématurée qui la rend « inutilisable »), il n’est pas des plus costauds ni des plus vaillants. C’est un enfant, comme les autres, ne méritant pas le joug et l’enchaînement. Et pourtant… Le Haut Palais, c’est pas la mine mais ce n’en est pas loin.

©Peter Gross

Et si Moth a la chance de travailler à ciel ouvert, c’est sur les pentes des toits qu’il répare qu’il risque la mort à tout moment. Pourtant, dans son malheur, le jeune garçon semble surveillé par un ange gardien. Est-ce pour ça que Cael Extat l’a non seulement choisi mais qu’il semble aussi si bienveillant à son égard ? Dans ces murs sans pitié, Moth va vite comprendre qui sont ses amis et qui sont du parti des ennemis mais également que, surplombant ce petit monde il y a peut-être bien quelque chose de magique et puissant. Quoique Cael en pense.

© Carey/Gross/Alquier chez Glénat

Dire que Mike Carey et Peter Gross se sont trouvés, c’est un euphémisme, on le sait depuis bien longtemps. En revanche, on peut aisément dire que les deux continuent de se comprendre agréablement dans un ping-pong où chacun répond aux envies de l’autre. Ainsi se retrouve-t-on dans un décor hérité des Balkans et d’un esprit moyen-âgeux. On y trouve des brigands dans les bois, des carrosses cahotants et, surtout, un château imprenable, architectural et sculptural, labyrinthique par dessus tout, à explorer de haut en bas, et tout en voltige. Sans se défaire de son aspect de peinture immortelle sous les couleurs de Fabien Alquier.

© Carey/Gross/Alquier chez Glénat

Comme cette poursuite de toit en toit qui coupe le souffle et nous fait bien nous accrocher à notre album face aux déséquilibres des cases sous les bonds de notre héros et de son ennemi juré. On ne sait pas encore de quoi l’avenir sera fait ni où nous entraîne la bouche béante qui attire Moth à la fin de cet album, mais les deux bonnes fées que sont Carey et Gross ont vite fait de nous donner confiance tant le fond (même s’il souffre d’un effet de déjà-vu dans pas mal d’autres récits) et la forme sont parfaitement digérés. Voilà un univers qu’on prendra plaisir à épuiser tant ses secrets et ses richesses mythologiques semblent, eux, inépuisables. En espérant que la suite le confirme !

© Carey/Gross/Alquier chez Glénat

Série : Le Haut Palais

Tome : 1 – Le pacte d’Obsidian

Scénario : Mike Carey

Dessin : Peter Gross

Couleurs : Fabien Alquier

Genre : Fantasy, Fantastique, Drame

Éditeur : Glénat

Collection : Original Graphic Novel

Nbre de pages : 64

Prix : 14,95€

Date de sortie : le 07/06/2017

Extraits :

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