Entre découvertes étonnantes, retour mitigé et prestations flamboyantes le BSF a apporté son lot de contradictions musicales sous une météo capricieuse

Chaque année au mois d’aout, le BSF prend ses quartiers entre la Place des Palais et l’Albertine. Au programme de l’édition 2017 quatre scènes : le Magic Mirrors place du Musée, La Madeleine rue Duquesnois, Le Mont des Arts et la grande scène de la Place des Palais. Depuis dimanche dernier le festival a démarré avec les deux premières scènes citées et a pris son rythme de croisière à partir de ce mercredi 9 août avec l’ajout de la programmation au Mont des Arts avant d’atteindre son stade ultime de fréquentation le samedi 12 août avec l’entrée en lice de la Place des Palais. 

Bien sûr Branchés Culture est présent au Festival et se charge de vous faire vivre les moments les plus intenses de l’évènement. Un choix de concerts subjectif , car mon photographe et moi-même ne pouvons être partout.

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C’est parti pour le deuxième focus sur le Brussels Summer Festival, amis lecteurs accrochez vos ceintures !

Mercredi 9 août, porté par mon éternelle curiosité musicale, je me dirige vers le Magic Mirrors  pour assister au concert de CLARA LUCIANI . La demoiselle m’est quasi inconnue excepté ce que j’en ai lu dans son dossier de presse. Le concert est prévu à 17h et c’est un joli public qui a fait le déplacement pour applaudir cette Provençale qui a a rejoint Paris, à 19 ans, pour chanter avec des groupes comme La Femme et Nouvelle Vague. À l’entendre on se dit qu’elle doit avoir écouté quelques chanteuses plutôt rock, on pense d’ailleurs à Nico pour certaines intonations vocales.

Sur son premier EP Monstre d’amour, enregistré avec Benjamin Lebeau (The Shoes) et Ambroise Willaume (Sage), Clara rassemble ses influences avec talent et nous transporte dans son univers. Sensible et timide, cette jolie jeune femme aux allures de mannequin porte en elle une force tranquille qui étonne dès qu’elle s’exprime sur scène. Hormis un petit problème technique qui a légèrement perturbé Clara au moment où elle allait chanter « La Grenade », une chanson qui lui tient beaucoup à coeur, sa prestation fut réellement convaincante au point que j’en reparlerai ici dans ces colonnes lorsque son premier album sortira dans les bacs. Promis juré, je vous reviendrai bientôt pour vous donner quelques nouvelles de cette jolie perle. Une auteure-compositrice- interprète qui fera certainement chavirer vos coeurs.

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Au même moment à La Madeleine RIVE duo électro-pop belge intéressant par la voix et le charisme de Juliette et la rythmique percutante de Kevin propose un set bien sympathique. Un tandem à l’identité sonore et visuelle hautement addictive qu’il faudra suivre avec attention tant ils sont devenus des valeurs sûres pour les amateurs.

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Le temps de changer le matériel sur scène et voici  TYPH BARROW.  Pierrot mon photographe sur ce BSF, qui ne raterait pour rien au monde un concert de la jolie Typhène, et qui pensait avoir tout vu dans ses divers shows et prestations au cours des dernières années était présent. Il attendait avec un intérêt certain son apparition sur la scène de La Madeleine, et il n’a pas été déçu. Dès les premières notes envoyées par son band, l’ambiance était présente et Typh (oui oui, il se permet même de la tutoyer !), vêtue d’un tailleur floral, chevelure en bataille et allure de tigresse, est prête à dévorer son auditoire.

 » The Whippet » ,  » Daddy’s Not Coming Back  » et d’autres titres de son prochain album défilent pour le plus grand bonheur des aficionados. Typh Barrow est une artiste qui  vibre incontestablement du plaisir qu’elle transmet par son talent, son charme et sa générosité à son public qui grossit de jour en jour. Un très bon moment.

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Au Mont des Arts c’est LESCOP qui lançait les hostilités sur le coup de 19h15. Mis sur orbite avec « La Forêt », hit minimaliste aux forts relents new-wave, Lescop nous est revenu cet hiver avec « Echo », un disque truffé de références cinématographiques, de rythmiques cold wave et de chansons montrant son intérêt pour la pop mélodique. Plutôt statique sur scène, le Français communique néanmoins facilement avec un public qui lui a réservé au final un très bon accueil.

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Mais de toute évidence c’est FISHBACH qui a drainé la grosse foule en ce début de soirée. Véritable phénomène dont on dit le plus grand bien, l’édition 2016 du BSF lui avait déjà permis de faire ses premiers pas scéniques chez nous. Maintenant connue de tous (ou presque), cette artiste atypique du nord de la France est devenue le phénomène de la pop hexagonale de l’année. Malaxant sons d’aujourd’hui et influences improbables, Fishbach impose sa différence et se place directement au-dessus de la mêlée.

Très charismatique et un peu folle, alternant une attitude très vamp à la Lauren Bacall lorsqu’elle vient asseoir au pied de la scène cigarette à la main et qu’elle toise longuement son public, elle se révèle l’instant d’après rock star déjantée évoquant par son attitude la Catherine Ringer de l’époque Rita Mitsouko. Une prestation brillante à laquelle on peut attribuer quatre étoiles, et qui en a épaté plus d’un.

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Il est passé 22h30 lorsque JAIN monte sur scène avec une vingtaine de minutes de retard sur l’horaire annoncé devant un Mont des Arts soldout et noir de monde. Artiste actuelle géniale ou produit préfabriqué ? Je vous laisse juge.  La jeune femme toulousaine à qui tout réussi depuis son premier album  » Zanaka »  sorti fin 2015 et certifié double disque de platine un an plus tard, nous a balancé son electro pop parfois reggae devant un public très jeune qui  » kiffe »  à fond sa musique. Pour ma part, je n’ai jamais accroché à son univers et je décide donc après trente minutes de concert de laisser Jain à ses fans et d’en rester là pour aujourd’hui . Mais rassurez-vous, si vous aimez Jain on vous offre ci dessous quelques photos souvenirs.

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Après une nuit de sommeil réparatrice c’est reparti pour une nouvelle journée au BSF.

Après un passage au Magic MirrorsAdrien Soleiman propose ses chansons devant un auditoire d’environ une trentaine de personnes sans réellement se montrer très convaincant, direction le Mont des Arts pour une journée placée sous le thème du rock dur.

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Au programme pour ouvrir la soirée  et sous une pluie interminable qui semble s’être invitée pour la journée, il y THE BLACK TARTAN CLAN présent pour un de ses derniers concerts, le groupe ayant décidé de mettre un terme à son activité déjà longue d’une décennie. Mac Touche se lance un nouveau défi et le groupe estime ne pas pouvoir continuer sans lui, et c’est bien dommage au vu de ce que le combo a une fois de plus démontré live en cette fin d’après midi. Si pour vous, la fête est synonyme de pogo, de bière et de sueur,  la joyeuse bande de The BlackTartan Clan et son mélange improbable de riffs punk et de cornemuses celtiques était faite pour vous.

Pour se consoler il nous restera toujours les albums pour faire la fête, mais ce chant du cygne fut majestueux et jouissif, même sous la pluie. Bravo les gars et merci pour tout ce que vous avez offert comme bons moments à vos fans, et qui sait, peut être à bientôt sous d’autres noms…

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Apres le punk celtique revigorant, place maintenant à du lourd ! Lorsque MASS HYSTERIA a ajouté son nom à la liste des groupes programmés cette année au BSF on avait toutes les raisons de se réjouir. La légende hexagonale du nu-métal, vient de mettre fin à une tournée triomphale de 85 dates qui a attiré plus de 250.000 personnes. Et, en effet, le band français surfe sur une réputation de grand groupe de scène aux prestations enflammées et il l’a prouvé haut là main ce jeudi dans notre belle capitale.  « Salut les furieux et les furieuses ! »  lance Mouss Kelai en arrivant sur scène, et c’est parti pour une déflagration musicale de 75 minutes qui vous colle au mur.

Percutant et énergique, le band est d’une efficacité redoutable et s’y connait pour mettre de l’ambiance malgré la pluie qui entre-temps a redoublé d’intensité. Ce qui n’a cependant pas découragé le public présent en nombre, ni les photographes qui tentent par tous les moyens d’arracher de bons clichés dans des circonstances particulièrement difficiles. Mouss improvise une descente dans la fosse, au grand dam de la sécurité,  fait tourner le public autour de lui et déclenche un mosh pit, puis remonte sur scène et le groupe repart de plus belle à l’assaut d’un public déjà conquis. Avec des titres comme  » Contradiction » ,  » Tout est Poison » ,  » Plus que du Metal »  et  » Furia » Mass Hysteria a enflammé le Mont des Arts du premier au dernier rangPas un concert m’sieurs dames, une tuerie !

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Passons maintenant à la tête d’affiche, ceux que tout le monde attendait au tournant,TRUST. Formé en 1977 et popularisé au début des années 1980, on peut se demander ce qui a motivé le groupe a reprendre du service et à repartir sur les routes sans aucun nouveau matériel. L’argent disent certains, d’autres fans de la première heure veulent y croire et invoquent le plaisir renouvelé de jouer ensemble. Néanmoins les échos des concerts précédents ne sont pas des meilleurs et c’est donc perplexe que j’attends de voir ce que le combo a encore dans le ventre, quarante ans plus tard.

Avec ses brûlots « Antisocial » , « Police Milice », « Elite » ou encore « Marche Ou Crève » et centré autour de son chanteur-parolier Bernie Bonvoisin et de son guitariste Norbert Krief alias « Nono » , Trust  a pourtant matière à nous convaincre, hélas le choix de la setlist peu judicieux et un manque d’énergie flagrant va transformer le concert de ce soir en parodie besogneuse de ce que le groupe fut à sa grande époque. Titres interminables, manque d’âme dans l’attitude et look approximatif d’un Bernie qui ferait bien d’abandonner ce chapeau de plage ridicule, c’est un TRUST qui n’est plus que l’ombre de lui même que nous avons vu sur scène au BSF. Tout au plus l’ambiance est-t-elle montée d’un cran lorsque le groupe a joué  » Antisocial » en fin de set , mais au final la déception était bel et bien au rendez vous. Un concert qui s’apparente à un coup dans l’eau, ce qui est un comble, car lorsque TRUST est monté sur scène la pluie avait enfin cessé de tomber…

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Mais pour les plus courageux la journée n’était pas finie car après TRUST au Magic Mirrors  à 23h59, se produisaient THE TRINGLERS ! Si ce nom amusant et leur logo détourné affiché sur de nombreux t-shirts dans l’assistance vous évoque The Stranglers, ce n’est bien sûr pas un hasard. La devise du band est « No cover, no tribute, something else ! « . Établis depuis 2006, les cinq membres du groupe ne jouent « que les quatre premiers albums des Stranglers » comme des puristes, et avec un talent évident. Si on ferme les yeux on s’y croirait, et comme ces mecs-là se donnent à fond et assurent le show comme des chefs, on est certain à chaque fois de passer un excellent moment en reprenant en choeur des hymnes classiques comme  » No More Heroes » , Peaches »,  » Bring on the Nubiles » ou   » Duchess « . Bref, le Magic Mirrors archi-bourré a tremblé sur ses bases avec The Tringlers et on ne s’est pas ennuyé une minute malgré l’heure tardive et la fatigue accumulée depuis le début de l’après midi. The Tringlers c’est en quelque sorte l’anti Trust , du fun de la sincérité et du punk rock efficace ! Bref on s’est bien éclaté et dans un coin du Magic Mirrors, un certain Claude Remy avait le sourire…

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Voilà pour ce deuxième chapitre consacré au Brussels Summer Festival, on se retrouve bientôt pour un dernier focus sur le BSF, et d’ici là restez Branchés Culture !

Texte : Jean-Pierre Vanderlinden aka JPROCK. Photos : Jean-Pierre Vanderlinden et Pierre Destrebecq.

 

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