PHOTOS | À Esperanzah !, magasin de farces et d’la trap, pour un samedi résolument rap

C’est sous le soleil et quelques gouttes que s’est déroulé ce samedi soldout sur le site de l’Abbaye de Floreffe. Les campeurs et les fêtards, encore fatigués de la veille, ont attendu la soirée pour se joindre à une foule déjà dense.

Par Charlotte Gour et Alexis Seny 

À lire aussi | PHOTOS | Benoit fait son bilan d’Esperanzah! 2017 du B de BCUC au Z d’Hindi Zahra, de découvertes en confirmations

© Skuds

Le temps qu’ils arrivent, nous nous remémorons la journée de vendredi. Benoit vous a parlé des performances d’Imany et Grégory Porter, reste à parler de l’OVNI qui a atterri sur la scène Futuro (qui porte drôlement bien son nom) du festival. Tout en bas (les pavés de l’abbaye, à monter et à redescendre, au fil des jours, n’avaient pas franchement manqué aux festivaliers), mais perché trois crans au-dessus dans le délire, Jacques a dicté sa loi à cette scène qui n’est rien d’autre que le côté cour des années précédentes (avec de jolis montages géants en plus).

© Skuds

Enturbanné tel un charmeur de serpent, ce drôle d’oiseau de la nouvelle scène électro endort toute méfiance. Endormir, c’est le mot tant tout le monde semble plutôt stone au son de cette musique répétitive. Sans doute n’est-ce ni l’heure ni l’endroit pour ce genre de spectacle. Une festivalière nous rebooste: «Il est habillé en vert, c’est symbolique, il envoie du cœur et de l’amour. Moi, j’rentre dedans. Enfin… j’ai bu trois pastis et trois bières.» Au moment de partir, un ami nous retient. Il fait bien. Jacques sort sa foreuse et en tire une musique qui vient donner la cadence pour relancer la machine. Jacques, bidouilleur incompris jusque-là trouve enfin toute son étoffe d’improvisateur chelou mais fortiche, improvisateur en direct et sans triche.

© Benoit Demazy

Bref, on s’en remet et il est 17h15, côté jardin. BCUC s’avance sur la scène de toute son énergie et de son explosivité. La mèche est allumée et la foule enflammée. Ne fut-ce que par la voix tout simplement puissante et inébranlable de son leader, Nkosi Zithulele. S’ils sont le coup de cœur du Festival, ils ont aussi conquis le public qui a eu bien du mal à rester en place, tant la musique est entraînante et dansante. Et les vuvuzelas (le groupe est sud-africain), employée pour faire monter encore d’un cran l’ambiance, nous paraissent du coup bien moins pénible que durant l’été 2010.

© Skuds

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Esperanzah! c’est l’occasion de vaciller d’une culture à l’autre sans s’en rendre compte. Et voilà que Sages comme des sauvages accueille le public découvreur ou connaisseur à la scène Alpha. Une nouvelle scène qui n’en est pas vraiment une (c’est à peu près celle du ballodrome qui aurait migré derrière le cloître). Une scène qui a vite fait de se transformer en tipi virtuel, au pied du grand totem qu’est cette Abbaye résistant encore et encore aux nuages, pour faire place à ces Indiens colorés (« le pouvoir des fleurs » est sur leurs costumes) et éminemment sympathiques. L’union, troublante, des voix d’Ava Carrère et Ismaël Colombani fait des merveilles.

© Alexis Seny

Le voyage n’est pas tranquille pour autant, il faut s’accrocher car si le quatuor (les deux indigènes sont entourés d’Émilie Alenda, de l’Orchestre de l’Armée de l’Air française, au basson et d’Osvaldo Hernandez aux percussions) monte en puissance, il grappille aussi des ambiances et des influences à tout vent. Il était temps qu’ils fassent halte sur les hauteurs françaises, ils sont tellement dans l’ADN esperanzien ! Tout comme leurs combats engagés. Contre la gueule de bois, par exemple, ou pour la formation des enfants à la révolution. Si « Dark Vador venait à voler les bonbecs », par exemple. Le ton est caustique mais les préceptes réels. Le groupe donne même des conseils pour éviter les gaz lacrymo. Un excellent moment, hugh !

© Alexis Seny

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Mais si on a fumé le calumet de la paix, cela n’empêche pas notre estomac de faire des siennes. Côté nourriture, Esperanzah! n’a pas à rougir de la gamme qu’il offre à ses festivaliers. Ce ne sont pas loin de trois sites qui attendent les gourmands et il y en a pour tous les goûts !  Du traditionnel durum aux frites bien belges, il était aussi possible de voyager plus loin avec des spécialités venues du monde entier. Esperanzah ! ce sont aussi des stands vegan, ou encore ceux ayant choisi de travailler avec des artisans locaux. Et, ça, on aime ! Bref, avant de continuer les festivités, il y avait un grand choix pour se sustenter.

© Benoit Demazy

À peine le temps de passer faire un tour par Radio Bistrot que déjà un vent de RAP se met à souffler sur Esperanzah ! Radio, quoi ? Radio Bistrot. Tantôt «vita e bella», tantôt «California dreamin’» ou «anarchy in Esperanzah!», Radio Bistrot est un des mythes du festival, emmené par des as des platines complètement déjantés. C’est même peut-être dans ce microcosme musical tous azimuts, que l’osmose entre festivaliers se fait le plus ressentir. On y oublie les hommes pressés de Noir Désir et du monde entier pour se laisser aller à la danse. Certains zappent même les concerts qu’ils avaient tant attendus. Comme Sarah et Olivia: «Radio Bistrot ? C’est le lieu où on passe la majorité de notre festival. On paye les 70€ d’entrée uniquement pour voir Radio Bistrot. C’est une ambiance bon enfant, on est sûres d’y retrouver (ou de s’y faire) des amis».

Pour nous, le rap souffle de plus en plus sur la plaine et nous emporte vers la scène futuro. Il est 21h45 précise et le concert de MHD commence. La foule se presse et, dès les premières notes, le public danse, bouge, saute et lève les mains. Du fond de la place, pas toujours évident de distinguer les paroles, mais qu’à cela ne tienne, la musique est dansante et le public en redemande !

© Skuds
© Skuds

22h30, dernière ascension de la journée, le temps est venu de rejoindre la scène Jardin. Il faut se frayer un chemin tant il y a du monde qui arpente la remontée en pavés. La foule des grands jours. Plus, même. On avait peut-être jamais vu cette grande terrasse du séminaire aussi remplie. Et cela s’explique par trois lettres. 23h, IAM est là, sur scène et ça envoie du lourd ! Le public n’en finit pas d’affluer. La place est noire de monde et on entend ça et là des gens de toutes générations reprendre en cœur quelques paroles.

© Skuds

Mais c’est avec la chanson « Petit Frère » que les voix du public se font le plus entendre pour ensuite emmener tout ce beau monde « danser le MIA ». Les fans de la première heure sont au premier rang et les plus jeunes se régalent devant un spectacle plus que rôdé et très pro, pour fêter les vingt ans de l’album fondateur de beaucoup de choses : « L’école du micro d’argent ». IAM est sans nul doute une véritable machine du RAP, bien huilée ! Et si le groupe de Marseille a multiplié les concerts dans le Namurois, ces dernières années, on a entendu pas mal de puristes dire que, cette fois, le combo fatal d’Akhenaton, Shurik’n, Kheops, Imhotep et Kephren avait frappé fort.

© Skuds

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s