PHOTOS | Benoît fait son bilan d’Esperanzah! 2017 du B de BCUC au Z d’Hindi Zahra, de découvertes en confirmations

Exercice difficile de résumer trois jours de festival en quelques mots.

Quelques enseignements d’abord. Comme l’impossibilité de tout faire, la frustration de devoir choisir entre concerts, arts de la rue, cinéma, village des possibles et autres activités. Ou encore se rappeler qu’Esperanzah! est certainement – la réputation n’est pas usurpée – l’un des festivals les plus accessibles aux familles. Le nombre de jeunes enfants sur les épaules de leurs parents, le casque anti-bruit bien vissé sur les oreilles, en témoigne à suffisance. Et le casque était bien nécessaire, surtout côté scène « Futuro » (« côté cour » pour les anciens) où les basses étaient parfois plus au rendez-vous que ce qu’un tympan normal ne l’aurait souhaité.

© Benoit Demazy

Un festival musical, avec trois scènes et une programmation variée, ne peut pas susciter que des coups de cœur : quand on passe en quelques heures de Gregory Porter à MHD, il y a forcément des artistes qui nous touchent plus que d’autres, certains même peuvent nous donner une furieuse envie d’aller voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs.

Focus sur les coups de cœur donc!

© Benoit Demazy

Chronologiquement, la belle Imany enchante la scène côté jardin le vendredi dès 20h, cinq ans après son premier passage à Floreffe. Mais la belle (ancien mannequin) n’est pas que belle : loin de ces fabrications artificielles de maisons de disque, Imany offre au public déjà nombreux un set intense, mêlant compos personnelles et reprises de Queen ou de Nancy Sinatra, hommage à Mandela et – last but not least – sample de Nina Simone. « Don’t let me be misunderstood » : aucun risque Madame ! Le public a compris le message 5/5 !

© Benoit Demazy

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Peu après, la tête d’affiche du festival monte sur scène, le légendaire Gregory Porter pour un show impeccable. Rien à redire : les musiciens sont exceptionnels, la voix de Gregory Porter envoûte le public. Un seul regret : un show peut-être trop parfait précisément, millimétré mais laissant peu de place à l’échange avec le public. N’était le logo d’Esperanzah en arrière-plan, le show aurait pu être confondu avec le même concert donné en Finlande ou au Canada.

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Le défi du soir pour les photographes en front stage aura été de prendre une photo de Gregory Porter sur laquelle on voit ses yeux : à ma connaissance, aucun n’a réussi à relever le gant.

Le samedi, véritable coup de cœur du jour, du week-end, de l’année : BCUC (pour Bantu Continua Uhuru Consciousness), groupe sud-africain totalement inconnu de votre serviteur jusque-là. Ce pour quoi on aime tant Esperanzah : non pas pour nous proposer des valeurs sûres déjà vues maintes fois ailleurs mais pour nous faire découvrir – et aimer – des groupes improbables, trop peu connus et dont on regrette ensuite de ne pas les avoir découverts plus tôt. BCUC en fait certainement partie.

© Benoit Demazy

Avec la rage d’un James Brown croisant celle d’Algiers, ces hérauts d’un nouveau style, l’africangugu, ont totalement bluffé un public habituellement calme à cette heure et cet endroit – 17h30 côté jardin. Pendant une heure, ils ont électrisé des milliers de festivaliers sans la moindre baisse de régime. Difficile de les qualifier : il y a un héritage soul bien sûr mais une influence punk également, sans oublier des rythmes tribaux. S’il ne fallait retenir qu’un mot : la claque. La claque 2017.

© Benoit Demazy

Anecdote depuis le front stage : en fin de concert, tous les photographes ont spontanément baissé leur appareil pour applaudir le groupe, à l’unisson avec le public. Je n’avais jamais vu ça en quelques centaines de concert. Un signe qui ne trompe pas.

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Dernier coup de cœur du Festival, ceux dont on attend beaucoup et qui ne déçoivent pas sur la ligne d’arrivée : le retour – mais en duo cette fois – de la franco-marocaine Hindi Zahra et de la malienne Fatoumata Diawara. Douze ans qu’elles se connaissent, qu’elles vivent leurs chemins artistiques en parallèle mais les voilà réunies sur scène pour un nouveau projet écrit à quatre mains, mêlant leurs deux voix, leurs influences et leurs univers. Elles prennent un réel plaisir sur scène, l’amitié transperce de leur collaboration et si le show n’est pas encore totalement rôdé – Hindi Zahra a notamment eu quelques difficultés de retour son l’empêchant d’entrer totalement dans le show au début –, la grâce était sur les hauteurs de Floreffe dimanche, subtil mélange de la retenue d’Hindi Zahra et de la fougue de Fatoumata Diawara.

© Benoit Demazy
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C’est pour toutes ces raisons qu’on aime Esperanzah, pour ces rencontres tantôt improbables tantôt attendues, pour ces découvertes comme ces confirmations. Et pour cette complémentarité qui permet de plaire aux amateurs – dont je suis – d’Imany et d’Hindi Zahra comme à ceux (et ils sont nombreux) de sonorités plus urbaines, ces mangeurs de basse montés sur ressort. Il faut de tout pour faire un monde, y compris un autre monde, celui qui se construit chaque année, patiemment, durant trois jours en bord de Sambre.

Et toutes les photos de Benoît sont ici :

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