D’une Fleur de Bambou à une guerre civile pas si lointaine, il n’y a qu’un monde, celui de Marazano

Alors que la moyenne des dessinateurs de BD sort un album par an, il est beaucoup plus aisé pour les scénaristes de diversifier leurs parutions sur une année. Certains privilégient un genre en particulier quand d’autres aiment se diversifier et tester tous les domaines possibles et imaginables. Comme les Zidrou, Runberg ou encore Richard Marazano. C’est de ce dernier, également souvent à l’oeuvre pour les storyboards, dont il sera question, ici, avec deux premiers tomes augurant deux séries totalement différentes. L’une pour les enfants (mais pas que), Fleur de Bambou avec Cat Zaza; l’autre pour les lecteurs plus matures, Mémoire de la guerre civile pour lequel le scénariste retrouve Jean-Michel Ponzio.

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Fleur de Bambou mais aussi coup de bambou, et si l’apocalypse des animaux était proche ?

Puisque les grands ont, normalement, appris la patience, commençons par Fleur de Bambou qui ravira les plus jeunes sans pour autant exclure les parents, au pays des animaux tout mignons mais courant pourtant un grand danger. Un récit qui pourrait être taillé pour l’École des Loisirs, la preuve il est édité par sa maison soeur, Rue de Sèvres.

© Marazano/Zaza chez Rue de Sèvres

Résumé de l’éditeur : Tout allait dans la forêt jusqu’à ce que les bambous se mettent à fleurir, ce qui, comme chacun sait, annonce la mort imminente de ces arbres. Devant ce phénomène, les animaux parlementent et s’organisent : il faut réagir ! Une seule solution s’impose : partir en quête du grand esprit fondateur de la forêt, et lui demander de nouvelles graines de bambou. Panda Roux l’intrépide et la Fouine, nettement moins courageux, se mettent en route. Ils seront même accompagnés de la fille des hommes, habitante de la forêt elle aussi menacée et pas si terrifiante qu’on pourrait le croire de prime abord. Un parcours semé d’embûches et de rencontres les attend, où ils devront faire preuve d’ingéniosité et de solidarité.

recherches pour l’héroïne

Fleur de Bambou, c’est un peu la rencontre, jusqu’ici improbable, entre Les animaux du bois de Quat’sous et le Livre de la jungle, le tout porté par un élan contemporain pour l’écologie. Avec cette fable initiatique par excellence au pays des bambous, dans une jungle inventée et dont on ne sait si les déboires sont causés par l’homme, Richard Marazano et Cat Zaza ne font pas oeuvre professorale et unidirectionnelle, pour autant.

© Marazano/Zaza

Et pendant que leurs personnages manquent de tact et se rejettent la faute de la floraison de la forêt qui, si elle est belle, signifie la mort prochaine de leur écosystème; les deux auteurs tissent une belle histoire dans laquelle les choses ne sont pas toujours celles que l’on pense être. Quitte à être tous sous la même menace, autant ne pas mettre tout le monde dans le même panier et faire fruit des forces et des faiblesses de chacun.

© Marazano/Zaza

Ainsi, la petite équipe se met en marche et n’est pas au bout de ses surprises dans cette végétation luxuriante allumée de toute la biodiversité dont sont capables le dessin et les couleurs de Cat Zaza qui a muri ce projet pendant plus de quatre ans et réussit de manière sublime son entrée dans le monde de la BD. De quoi faire oublier la trame de ce premier tome, peut-être un peu trop attendue mais permettant à ce très bel univers de se mettre en place.

© Marazano/Zaza

Reste que les gosses n’y verront que du feu et suivront avec bonheur les frimousses attachantes de ces vivants existants (des ours aux gorilles en passant par le craquant panda roux) ou fantasmés. Et si, en plus, cet album leur permet de prendre conscience de la nature qui nous entoure et est à chérir, ce sera déjà ça de pris.

Série : Fleur de bambou

Tome : 1 – Les larmes du grand esprit

Scénario et storyboard : Richard Marazano

Dessin et couleurs : Cat Zaza (FB)

Genre : Aventure, Fantasy, Anthropomorphe

Éditeur : Rue de Sèvres

Nbre de pages : 52

Prix : 12€

Date de sortie : le 22/03/2017

Extraits : 

Mémoire de la guerre civile : voyage au-dessus de l’abîme, à feu et à sang

© Marazano/Ponzio chez Dargaud

Changement redoutable d’ambiance puisque vous ne trouverez ni fleur, ni arbre dans ces Mémoires de la guerre civile 1. Que du feu, des buildings et un monde précipité dans le chaos. Une intrigue complexe survolée par des drones et menée par des cauchemars insistants qui réunit une nouvelle fois Marazano et Ponzio chez Dargaud.

© Marazano/Ponzio chez Dargaud

Résumé de l’éditeur : Notre monde, dans un futur proche… La population se répartit dans les Enclaves – endroits pour riches citoyens – et dans les Territoires – zones de non-droit où les habitants sont « régulés » par les Sections d’intervention. Chef d’une de ces sections, Vivian fait des cauchemars récurrents dans lesquels il est responsable de la destruction des Enclaves qu’il doit protéger… Lors d’une mission dans un Territoire, Vivian et sa section capturent un clandestin qui annonce la venue d’un libérateur des réprouvés et exploités : le Tiqqun.

Concept Art/Recherche de personnage © Ponzio

Le futur, on peut l’envier ou on peut le craindre. Dans les desseins de Richard Marazano et Jean-Michel Ponzio, on préférera la deuxième option car cet avenir cadenassé et sous haute surveillance, il fait plutôt peut, aussi évolué soit-il. Pourtant, comme partout, il y aura toujours des hommes et des femmes pour s’en accommoder et imposer leur suprématie. Armé jusqu’au dent, commandant de son état et de son grade, Vivian est de ceux-là qui luttent sans relâche contre la guérilla urbaine qui gangrène les lieux d’extrême pauvreté. C’est toujours la même histoire : « Des milliards d’êtres humains asservis par des centaines de milliers d’autres ». Et un jour, la révolte, la fin du confort pour les uns, le début des folles espérances pour les autres. Mais quelle pourrait être la place de ceux qui doutent, plongés dans l’entre-deux ? Un doute tenace, de ceux qui poussent à en avoir le coeur net.

© Marazano/Ponzio chez Dargaud

Pour bâtir un monde nouveau, mieux vaut le faire sur ses cendres, c’est pourquoi les deux auteurs ont choisi de prendre leur société futuriste juste avant l’incendie, déjà brûlante de rancœur et de révolte. Au bord de la violence, certes, mais ce n’est pas pour ça que les deux auteurs mettent la charrue avant les boeufs. L’explosion attendra et mieux vaut ne pas brûler les étapes dans la mise en place de cet univers complexe dont le mystère donne la voûte.

© Marazano/Ponzio chez Dargaud

Les images hyper-réalistes de Jean-Michel Borio nous plongent dans un gameplay grandeur nature et en mode automatique. Des dessins comme issus d’un jeu vidéo mais un peu trop figés que pour donner au récit l’amplitude qu’il mérite. Mais s’il faut imaginer et inspirer la vie à cette armada de héros prêts à en découdre, la plongée en enfer qu’offre ce premier album coupe le souffle, suspendus que nous sommes avec vue imprenable sur cet abîme… réaliste !?

Série : Mémoires de la guerre civile

Tome : 1

Scénario et storyboard : Richard Marazano

Dessin et couleurs : Jean-Michel Ponzio

Genre : Science-fiction, Anticipation

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 56

Prix : 13,99€

Date de sortie : le 03/03/2017

Extraits : 

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