Toujours Breton, toujours bretteur, Matmatah revient en forme féroce (+ Concours)

À la vision de la pochette-arrière, on pourrait croire qu’ils sont sérieux, les quatre de Matmatah. Force est de constater qu’ils s’efforcent juste de le garder car, en ouvrant ce Graal tant attendu, on ne peut que constater que sur la photo intérieure, ils sont morts de rire. Sans doute de nous avoir fait le mauvais coup des adieux imparables et à jamais. On se souvient du texte de Bande à part, on refusait d’y croire mais on s’était rendu à l’évidence. Sauf que même en Bretagne, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et voilà que Matmatah nous revient avec un album qui déménage et nous fait oublier, à Plates Coutures et bien vite, ces huit ans d’absence. 

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Car résolument, cet album qui voit deux êtres tout en ondes (ce qui leur donne l’apparence de Surfeurs d’argent) n’est pas un disque de plus, fait sans envie, comme on en voit trop souvent lors de « retours » perdants. La cohérence et la pertinence de cet album parlent pour lui. Car le groupe désormais emmené par le trio Nihouarn-Digaire-Fournier (« Sammy » et « Fañch » se sont fait la malle), rejoint par Emmanuel Baroux et Julien Carton (pour les lives) n’a rien perdu de sa hargne, de son esprit frondeur et frappeur, de la rage qui l’obstine ne pas mâcher ses mots à l’heure où certains polissent le langage pour vouloir trop plaire. Ici, c’est de l’authentique, des idéaux et du dégoût, sans concession, toujours téméraire.

Le ton était déjà donné avec « Marée haute », véritable bande originale officielle de la débandade présidentielle française. Il est encore plus affranchi de tout, plus incisif au fil des pistes de l’album. C’est vrai, le groupe culte ne fait pas dans la dentelle (enfin, si, car les textes sont superbement ciselés). Et, n’en déplaise à ceux qui trouvent que le groupe a vendu son âme bretonne et celtique, le groupe ne s’auto-caricature pas mais les sonorités bretonnantes sont bien là, se mêlant admirablement à la trame terriblement rock de cet album. Comme le prouve cette résurgence de sonorités bretonnes sur quand il s’agit d’évoquer les « Petites Frappes » de Daesh, « Misérable voyou, sans aucune envergure ». Il n’y a pas de détour dans la musique moderne et pile-poil dans son époque, sans lésiner sur la Ouache.

Cela fait longtemps que le groupe ne cultive plus que son exception bretonne. C’est du rock, du vrai avec des notes qui, néanmoins, nous font le bonheur de les/nous ramener aux origines. Tout en restant bien loin de n’en faire que leur originalité. Plates coutures, c’est un mordant mélange de tendresse (ce sublime tour de manège qu’est « Toboggan« ) et de résistance avec, outre les deux titres déjà évoqués, Retour à la normale qui sonne le branle-bas de combat (« Ca sent la poudre au fond de l’arsenal. Reprenons les armes aux snipers qui s’marraient à nos funérailles. J’entends la foudre gronder sur la Cavale. Du sang des larmes et de la sueur, Juste un retour à la normale« ), le cynique et néanmoins boute-en-train Nous y sommes qui fait le bilan terrestre guère réjouissant (« A qui la faute, où est le mal, après tout c’est la nature qui s’emballe. S’il ne reste qu’un tour avant la fin de l’extinction, abreuvons d’amour les champs de ruine que nous laisserons. Dansons, dansons en cette fin de civilisation, dansons. ») ou encore Overcom qui s’attaque aux réseaux et aux nouvelles méthodes de communications internautes (« Les communiqués tombent avant que tombent les soldats. Qui donc renversera la dictature de l’immédiat. Et l’on jeta la pierre aux sages, aux velléitaires. Autant les renvoyer au siècle des Lumières. Allons-nous encore supporter cette odeur nauséabonde, où nous n’avons jamais demandé  le monde à la seconde. Prenons la distance et le temps d’organiser la fronde. C’est le moment de nettoyer la merde sur les ondes.« ).

Là encore, des artistes, on n’en a vu pas mal ces derniers temps qui fustigeaient de-ci, de-là tout en donnant l’impression de faire de la révolte qu’une posture; ici, les mots et la musique des Matmatah ne mentent pas, ces Plates coutures sont nées d’une intense authenticité. Et ça nous va comme un gant, en attendant de les voir en live. En Belgique, ce sera ce 28 avril à La Madeleine (mais c’est complet, comme quoi les Bruxellois n’ont pas oublié les enfants terribles breizheks) puis, en festival cet été, le 5 août à Ronquières.

Séchez vos larmes si vous n’avez pu obtenir vos places pour Bruxelles, on vous offre trois exemplaires de ce nouvel album qui va vous régaler. Pour l’emporter, c’est simple :

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Bonne chance et kenavo, fin du concours le 5 mai. 

Titre : Plates coutures

Artiste : Matmatah (Facebook)

Nbre de titres : 11

Durée : 44’15 »

Label : La Ouache

Date de sortie : le 01/03/2017

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