The Holy Trinity of YES : Anderson, Rabin et Wakeman ont enchanté le Cirque Royal

Lorsqu’on se rend à un concert de trois gloires incontournables de l’histoire du rock progressif, on sait pertinemment que techniquement il n’y aura rien à redire, mais on ne s’attend pas toujours à ce que la performance soit tellement incroyable et qu’elle vous dresse les poils comme à la grande époque de YES. 

Et pourtant ce lundi soir au Cirque Royal le miracle a bien eu lieu.

© Jean-Pierre Vanderlinden

Dès les premières mesures de « Cinema », instrumental tiré de 90125, on est stupéfait par la qualité du son qui est purement excellent. Le band embraye sur « Perpetual Change » extrait du Yes Album et on constate que la voix de Jon Anderson n’a pas bougé d’un iota depuis toute ces années.

À 72 ans l’ex frontman de Yes reste éblouissant.

À sa gauche Rick Wakeman, revêtu de son éternelle cape, semble tout droit sorti de « Journey to the Center Of The Earth », un album qui date tout de même de 1974. Le magicien des claviers n’a au cours des ans rien perdu de ses talents, tout au plus affiche-t-il un léger embonpoint et la forteresse de claviers au centre de laquelle il trône fièrement est moins imposante qu’elle ne l’était à l’époque, technologie oblige.

À droite de la scène Trevor Rabin rappelle à l’auditeur distrait ou mal informé qu’il est un guitariste éblouissant qui allie rapidité et feeling. Vocalement par contre il souffre de la comparaison avec le « roi »  Anderson pour les quelques titres qu’il interprète en solo, et on le sent nettement plus à l’aise quand il s’agit d’assurer les choeurs.

© Jean-Pierre Vanderlinden

Pas étonnant qu’en annonçant la future tournée de ARW, Rick Wakeman ait qualifié le super groupe de « The Holy Trinity of Yes ». Car en effet ce line up composé aussi du batteur Louis Molina et de l’incroyable bassiste Lee Pomeroy, capable de nous faire presque oublier le regretté Chris Squire avec sa performance inouïe dans «  Long Distance Runaround » et le désormais devenu classique «  The Fish », constitue un line up de rêve.

© Jean-Pierre Vanderlinden

D’un bout à l’autre du set on frémit, on s’extasie et on s’émeut devant autant d’émotion et de virtuosité. Car la magie est bien là, ARW allie réellement émotion et virtuosité, auxquelles s’ajoute une sacrée envie de jouer qui se ressent de la première à la dernière note. Ces types là s’amusent encore sur scène à des âges où beaucoup auraient déjà pris leur pension depuis des lustres, blasés des incessantes tournées et du show business.

On assiste à de multiples moments magnifiques comme ces versions somptueuses d’ « Awaken » ou de « Hold on », un « And You and I »  d’une beauté à couper le souffle et surtout « Heart of The Sunrise », mon titre préféré de YES toutes périodes confondues qui atteint ce soir des sommets.

Rabin et Wakeman s’offriront même chacun à leur tour une petite promenade dans le public qui  n’en croit pas ses yeux. Le Cirque est debout, les spectateur frappent des mains et beaucoup écrasent une larme.

Car tout ceci n’a rien à voir avec le YES de Alan White et Steve Howe que j’ai eu l’occasion d’applaudir il n’y a pas si longtemps et qui se contente de cachetonner sans faux pas mais aussi sans âme, et ne possède plus de YES que le nom. Ce soir avec ARW on est proche des prestations légendaires de l’époque bénie de « Yessongs », excusez du peu…

© Jean-Pierre Vanderlinden

« Owner of a Lonely Heart » issu de la période plus pop de YES met tout le monde debout avant que le groupe ne revienne sur les planches pour un «  Roundabout » épique.

En résumé, ce fut une soirée formidable et nous avons vécu un concert cinq étoiles en compagnie de trois légendes, rien de moins.

Texte et photos : Jean-Pierre Vanderlinden aka JPROCK THE DARK FEATHER

Setlist :
Cinema 
(Yes cover)
Perpetual Change 
(Yes cover)
Hold On 
(Yes cover)
I’ve Seen All Good People 
(Yes cover)
Drum Solo
Lift Me Up 
(Yes cover)
And You and I 
(Yes cover)
Rhythm of Love 
(Yes cover)
Heart of the Sunrise 
(Yes cover)
Changes 
(Yes cover)
Long Distance Runaround 
(Yes cover)
The Fish (Schindleria Praematurus) 
(Yes cover)
Awaken 
(Yes cover)
Owner of a Lonely Heart 
(Yes cover) (with Cream’s ‘Sunshine of Your Love’ snippet)
Encore:

Roundabout 
(Yes cover)

Un commentaire

  1. Super concert, tant attendu.

    2 regrets tout de même (dans un ensemble qui reste d’un niveau remarquable) : Wakeman est cuit, son jeu est figé et n’évolue pas (quid de nouveaux arrangements?) , il reste un grand claviériste mais trop de jeu préenregistré (genre claviers qui jouent aliors qu’il discute – plus de 2 minutes !) avec le technicien en arrière scène … Ensuite, on sent que Rabin est descendu de scène depuis 1994 , il a perdu ce leadership naturel qu’il avait, sur la tournée Union, il était clairement le leader.

    Pomeroy, très bien, l’avais vu avec Archive il y a qques années au Botanique – un tout bon, mais il manque la composante vocale que Squire avait ; il a aussi tourné avec Hackett, ce qui n’est pas mauvais signe :).

    Lou Molina III a aussi travaillé avec quasi l’ensemble des musiciens de YES et à ce talent de pouvoir couvrir les partitions de White et Bruford, très différentes, avec pas mal d’à propos et créativité.

    Bel article et chouettes photos 😉

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