La semaine ciné de Julien: entre nostalgie, monstre XXL, fantômes et femmes fortes !

Chers cinéphiles, bonjour ! Cette semaine encore, j’ai vu pour vous les sorties ciné de la semaine, avec au programme le retour du roi Kong dans « Kong: Skull Island » (de Jordan Vogt-Roberts) mais aussi celui de Spud, Renton, Degbie et Sick Boy dans « T2: Trainspotting » (de Danny Boyle). Et ce n’est pas tout, puisque je vous ferai aussi visiter une demeure bien glauque dans « Le Secret de la Chambre Noire » (de Kiyoshi Kurosawa), sans oublier la troisième réalisation de notre compatriote Stephan Streker « Noces », tandis que Jessica Chastain prouve dans « Miss Sloane » (de John Madden) qu’elle est décidément la rousse la plus talentueuse d’Hollywood.

Que faut donc retenir de ces sorties ciné ? Let’s go pour une nouvelle semaine ciné de Julien ! 

SEMAINE 10 (08/03 au 14/03): 5 films vus

Le retour du Roi Kong

KONG: SKULL ISLAND

Vu au cinéma KINEPOLIS à Bruxelles (IMAX- 3D)

Sortie du film: le 08 mars 2017

Réalisateur(s): Jordan Vogt-Roberts

Acteur(s): Tom Hiddleston, Samuel L. Jackson, Brie Larson, John Goodman, John C. Reilly

Genre(s): Aventure, fantastique, action
Durée: 1h59

Résumé: Un groupe d’explorateurs plus différents les uns que les autres s’aventurent au cœur d’une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu’ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong…

Signe(s) particulier(s): 

– second épisode de la nouvelle franchise de Legendary Pictures dédiée aux monstres sacrés du cinéma, après le « Godzilla » de Gareth Edwards en 2014, et avant « Godzilla: King of Monsters » (2019) et « Godzilla vs Kong » (2020);

– la dernière fois que le roi des singes apparaissait dans un film, c’était en 2005 dans la version de Peter Jackson, dans laquelle il mesurait 7 mètres, contre plus de 30 ici;

– au revoir l’Empire State Building, et bonjour à l’Île du Crâne: il s’agit ici d’un reboot des aventures du plus célèbre singe de l’histoire du cinéma.

Le(s) +

Jamais Kong n’est apparu aussi gargantuesque que dans cette énième relecture du mythe ! Taille démesurée, fureur envers celui qui osera s’attaquer à lui, Jordan Vogt-Roberts et son équipe n’ont pas fait les choses à moitié dans cette nouvelle version. Volontairement plus grand en vue d’un cross-over dans lequel on le verra s’affronter au plus célèbre des lézards du cinéma, le roi Kong impose sa loi sur une île peuplée de monstres géants en tous genre, qui verra bientôt une menace plus grande que ces derniers y débarquer: l’humain. La suite, on l’a connaît, bien que cette version appuie d’autant plus l’emprise de l’être humain sur la nature.

Visuellement impressionnant pour le côté iconique et cartoonesque des différents plans qu’il nous présente de Kong, mais aussi pour sa photographie rappelant celle de « Apocalypse Now », « Kong: Skull Island » est un divertissement très coloré à prendre au second degré, amorçant surtout la suite, et donc de nombreux dégâts à venir…

Le(s) –

Contrairement à la version précédente, la psychologie des personnages, qui ne servent ici à rien, est réduite à néant. Qu’ils survivent ou qu’ils meurent, peu importe: il n’y en a ici que pour les monstres, et donc les yeux. L’humain y est insipide, et la profondeur du récit passe sous la trappe, au profil d’un spectacle sans temps mort, dans un enfer paradisiaque…

Triste, quand on sait que Brie Larson, Tom Hiddleston, Samuel L. Jackson, John Goodman ou encore John C. Reilly se retrouvent au casting de cette superproduction destinée à rassembler les poids lourds mythiques et monstrueux du septième art, un peu (beaucoup) à la façon de la recette Marvel, avec ses super-héros… Et puis, le problème aussi, c’est que cette histoire, se déroulant dans les années 30, est totalement inexploitée dans le « Godzilla » de 2014 se déroulant de nos jours, comme si la découverte de Kong y avait été volontairement cachée, ce dont on peine à croire…

Note: 11/20

Une piqûre de… rappel

T2: Trainspotting

Vu au cinéma ACINAPOLIS à Jambes

Sortie du film: le 01 mars 2017

Réalisateur(s): Danny Boyle

Acteur(s): Ewan McGregor, Ewen Bremner, Jonny Lee Miller, Robert Carlyle

Genre(s): Drame, comédie
Durée: 1h57

Résumé: D’abord, une bonne occasion s’est présentée. Puis vint la trahison. Vingt ans plus tard, certaines choses ont changé, d’autres non. Quand Mark Renton revient au seul endroit qu’il ait jamais considéré comme son foyer, Spud, Sick Boy et Begbie l’attendent. Mais d’autres vieilles connaissances le guettent elles aussi : la tristesse, le deuil, la joie, la vengeance, la haine, l’amitié, le désir, la peur, les regrets, l’héroïne, l’autodestruction, le danger et la mort. Toutes sont là pour l’accueillir, prêtes à entrer dans la danse…

Signe(s) particulier(s): 

– afin de ne pas le confondre avec « T2 », alias « Terminator 2: Le Jugement Dernier » de James Cameron, Danny Boyle a été contraint de rajouter « Trainspotting » derrière le titre initial de la suite de son film culte, devenu ainsi « T2: Trainspotting »;

– « Trainspotting » était l’adaptation du roman de Irvine Welsh (faisant un caméo dans le film dans la peau du dealer de Renton, Mikey Forrester, qu’il occupait déjà dans le premier film), tandis que cette suite se base sur un scénario original qui fait directement suite au film original;

– 20 ans séparent cette suite du premier film, ce qui est plutôt long, mais compréhensible quand on sait qu’une embrouille entre Boyle et McGregor a duré plus de 15 ans entre ces deux films…

Le(s) +

Cette suite, qu’on n’attendait plus, s’inscrit dans la même veine (pardon) que son modèle, et permet de retrouver « Spud », « Rent Boy », « Degbie » et « Sick Boy », personnages emblématiques d’une génération de cinéphile, toujours shootés comme jamais. Danny Boyle est resté fidèle à l’esprit des premières aventures du quatuor, et livre une suite tout aussi vitaminée, rythmée, à la bande-originale toujours aussi fugace et rock’n roll. Entre nostalgie et plaisir de retrouver ces personnages deux décennies plus tard (et ainsi voir comment ils ont évolués et quels sont leurs projets futurs), « T2: Trainspotting » permet surtout de mettre des images (cruelles dans leur cas) sur le temps qui passe… Et en l’occurrence, nos héros du crack n’ont pas bien changés (ou évolués, dira-t-on).

Le(s) –

D’emblée, on se demande si ces retrouvailles méritaient de voir le jour, puisque scénaristiquement pauvre, « T2: Trainspotting » nous embarque dans un règlement de compte, avec rancœur, débouchant du coup de poignard de Mark « Rent Boy » Renton, lui qui a volé ses camarades dans le précédent épisode.

On aurait largement préféré les retrouver dans d’autres circonstances que dans une bête course-poursuite basée sur la vengeance, qui, en se centrant beaucoup trop sur son modèle (nombreux clins d’œil), aura du mal à intéresser la nouvelle génération… Le film souffre donc de son manque de surprise, et de fraîcheur… À moitié réussi.

Note: 11/20

« Marie, es-tu là… ? »

LE SECRET DE LA CHAMBRE NOIRE

Vu au cinéma CAMEO à NAMUR

Sortie du film: le 08 mars 2017

Réalisateur(s): Kiyoshi Kurosawa

Acteur(s): Tahar Rahim, Constance Rousseau, Olivier Gourmet

Genre(s): Drame, fantastique
Durée: 2h11

Résumé: Stéphane, ancien photographe de mode, vit seul avec sa fille, Marie, qu’il retient auprès de lui dans leur propriété de banlieue. Chaque jour, elle devient son modèle pour de longues séances de pose devant l’objectif, toujours plus éprouvantes. Quand Jean, un nouvel assistant novice, pénètre dans cet univers obscur et dangereux, il réalise peu à peu qu’il va devoir sauver Marie de cette emprise toxique…

Signe(s) particulier(s): 

– premier film du réalisateur japonais (ne parlant pas le Français) réalisé en France, et avec des acteurs français;

– selon le réalisateur, le fantôme (au coeur de son histoire) est une représentation de la mort aisément compréhensible, et qui permet de rendre le passé visible dans le présent;

– c’est la scénariste Catherine Paillé qui s’est chargée d’adapter dans la langue de Molière le scénario écrit par Kiyoshi Kurosawa.

Le(s) +

Tahar Rahim est la valeur sûre de ce film, qui y fait vivre son personnage (et c’est le seul), réussissant à nous intéresser pendant la première partie du film, jusqu’au moment où l’histoire prend une tournure quelque peu inappropriée. De son côté, le réalisateur réalise un film visuellement travaillé, aux allures de conte lugubre, enfermé dans une immense propriété par très avenante.

Le(s) –

On a déjà vu des chambres noires avec des secrets bien plus enfuis et puissants (pour autant qu’il y en ait un dans celle-ci). Kiyoshi Kurosawa fait de nouveau appel à la figure fantomatique dans ce récit multi-genre: drame, romance, épouvante… Alors que l’histoire peine à convaincre, sa prévisibilité ne l’aide pas plus, ni son manque de profondeur scénaristique. Au final, on a plus l’impression d’avoir assisté à un exercice de style en terre inconnue de la part d’un réalisateur qu’à un scénario à la hauteur du secret suggéré. « Le Secret de la Chambre Noire » est un film soporifique assez kitsch dans ses effets, et qui ne mène à rien.

Note: 8/20

Le poids de la tradition

NOCES

Vu au cinéma CAMEO à NAMUR

Sortie du film: le 08 mars 2017

Réalisateur(s): Stephan Streker

Acteur(s): Lina El Arabi, Sébastien Houbani, Babak Karimi, Olivier Gourmet

Genre(s): Drame
Durée: 1h38

Résumé: Zahira, belgo-pakistanaise de dix-huit ans, est très proche de chacun des membres de sa famille jusqu’au jour où on lui impose un mariage traditionnel. Ecartelée entre les exigences de ses parents, son mode de vie occidental et ses aspirations de liberté, la jeune fille compte sur l’aide de son grand frère et confident, Amir.

Signe(s) particulier(s): 

– troisième film du consultant en football de la RTBF Stephan Streker, après Michael Blanco (2004) et Le Monde Nous Appartient (2014);

– doublement primé au Festival du Film Francophone d’Angoulème pour ses interprètes principaux, Lina El Arabi et Sébastien Houbani;

– histoire librement inspirée de l’affaire Sadia Sheikh, jeune belgo-pakistanaise tuée par son frère en 2007 suite à son refus d’épouser l’homme que sa famille lui avait destinée.

Le(s) +

Il n’y a pas qu’en football que notre compatriote Stephan Streker excelle. Avec son troisième film, le réalisateur ré-ouvre la question du mariage forcé, plus que toujours d’actualité, notamment pour les jeunes issues de cultures mixtes, et leurs traditions. Stephan Streker s’attaque ainsi à un sujet polémique, et incompréhensible ici en Occident… Mais il le fait sans jugement, ne prenant ni parti pour le personnage de Zahira, ni pour celui interprétant son frère, ou encore les membres de sa famille. Non, il se contente de raconter cette histoire, tragique, alors qu’une jeune femme bien de notre société est en train de s’épanouir, et de tomber amoureux d’un garçon qu’elle aime, tandis que sa famille la force à en épouser un qu’elle ne connaît pas. Pourtant, cette jeune femme ne laissera pas faire, prenant sa vie en main, décidée à réaliser ses propres choix, malgré les répercussions qu’ils auront sur sa famille, touchant ainsi à la question de « l’honneur » familial et culturel, Pakistanais dans ce cas.

L’une des autres forces du film, ce sont ses acteurs, qui brillent par leur singularité. Lina El Arabi est une très belle révélation, tandis que Sébastien Houbani y interprète le grand-frère coincé entre l’amour pour sa sœur et son rôle dans ce mariage, sans oublier Olivier Gourmet, tout simplement naturel.

« Noces » est une bombe à retardement percutante, qui soulève des questions sur le mariage forcé et la place de la femme dans nos sociétés (réduite parfois au silence), ce qui interroge, alors que la tradition n’en a que faire, et semble perpétuelle… Sans pathos, voilà un diamant brut auquel Stephan Streker ne nous avait pas préparés.

Le(s) –

L’aspect parfois télévisuel du récit peut l’engager sur son efficacité, tandis que le manque de point de vue assumé du réalisateur concernant la gravité de cette histoire (et donc de cette situation) peut aussi décevoir, à l’heure où faire des choix, telle l’héroïne du film, est primordial pour la liberté de tout en chacun. Il manque aussi quelques éléments d’explications concernant les raisons de cette horrible tragédie, non pas grecque, mais de chez nous…

Note: 16/20

Un sacré bout de femme contre les armes
MISS SLOANE

Vu au cinéma CAMEO à NAMUR

Sortie du film: le 08 mars 2017

Réalisateur(s): John Madden

Acteur(s): Jessica Chastain, Mark Strong, Sam Waterston

Genre(s): Drame, fantastique
Durée: 2h11

Résumé: Elizabeth Sloane est une femme d’influence brillante et sans scrupules qui opère dans les coulisses de Washington. Face au plus grand défi de sa carrière, elle va redoubler de manigances et manipulations pour atteindre une victoire qui pourrait s’avérer éclatante. Mais les méthodes dont elle use pour parvenir à ses fins menacent à la fois sa carrière et ses proches. Miss Sloane pourrait bien avoir enfin trouvé un adversaire à sa taille.

Signe(s) particulier(s): 

– Jessica Chastain a été nommée pour le Golden Globe de la Meilleure Actrice pour son rôle dans ce film;

– le scénario du film a été écrit par Jonathan Perera, un ancien avocat, et fut placé sur le top 5 de la Blacklist des meilleurs scénarios de 2015 encore non mis en scène;

– le réalisateur (John Madden), son scénariste (Jonathan Perera) et les acteurs principaux ont suivi une équipe de lobbyistes pour se préparer au film, et ainsi coller le plus authentiquement possible au monde du lobbyisme.

Le(s) +

Elizabeth Sloane n’est pas une femme comme les autres: elle est impartiale, obnubilée par sa quête de victoire, et volontairement exempte de tout tissu social, se donnant corps et âme (et principe) à son job, qui lui non plus n’est pas comme les autres : elle s’occupe de fiscalité et d’interférences gouvernementales. Autrement dit, Miss Sloane est une lobbyiste prête à tout pour atteindre ses buts et assouvir sa puissance et ses tactiques. Pour cela, elle fera valoir son influence et ses pressions au sein de personnes et institutions publiques détentrices de pouvoirs.

Vous l’avez compris, « Miss Sloane » est un film qui traite de l’envers du décor, des petites personnes aux énormes pouvoirs, régissant les grandes décisions gouvernementales. Ici, en l’occurrence, il s’agit d’Elizabeth Sloane, s’attaquant au second amendement de la Constitution des États-Unis d’Amérique, déclarant que tout citoyen à le droit de porter une arme, ainsi qu’au cinquième, qui protège tout individu de l’abus de l’autorité gouvernementale dans une procédure juridique. À travers sa fiction-réalité, John Madden égratigne le monde tel que nous le connaissons, et donc le fonctionnement immoral des grandes démocraties actuelles. Pas étonnant que le film se soit planté aux Etats-Unis, mettant une partie de son système à mal, révélant parjure et corruption au sein de ses propres institutions. C’est bien la preuve que ce film a touché un point sensible, et qu’il dérange. Que dire dès lors du synopsis audacieux de ce film, qui ose, et qui réussit un tour de force parfaitement orchestré ?!

Jessica Chastain est juste parfaite dans son rôle; on aime la détester et l’aimer, on cherche à comprendre cette femme que rien n’arrête, guidée par son appât du gain. Elle incarne la manipulatrice dans toute sa splendeur, pour le bien de son travail, de là à utiliser ses proches. Elle n’a tout simplement aucune limite. Un rôle fort, puissant, passionnant, mais qui cache aussi sa part d’humanité… Un rôle qu’Hollywood, patriotique, n’a pas voulu (excepté les Golden Globes, où elle fut nommée, considérés comme l’anti-chambre des Oscars).

Si le thriller politique vous effraie, alors « Miss Sloane » vous réconciliera avec. Efficace, intéressant, révélateur, tout en restant fictionnaire, mais très proche de la réalité, cette histoire ne vous lâchera pas d’une seule semelle, jusqu’au final, calculé. À l’heure où le divertissement demande de laisser son cerveau au vestiaire, « Miss Sloane » fait partie de ceux qui font preuve d’une grande intelligence, et de testicules (avec politesse). Alors qu’on en attendait un long et ennuyeux film de politique, on en ressort secoué et ravi. On pourrait même parler d’une grosse claque.

Le(s) –

La mise en scène, donnant le « la » aux dialogues, n’appuie jamais sur pause. Heureusement, les grandes idées s’éclaircissent au fur et à mesure de l’histoire, permettant ainsi de raccrocher ceux qui étaient déjà dépassés par les premiers propos. Bien que le spectateur ne doive donc pas être un assidu de politique, il doit tout de même s’accrocher devant la complexité du fonctionnement du système et de ses intervenants, et faire preuve de curiosité. Le scénario se permet aussi quelques sorties de pistes narratives peu crédibles (les micros façon cafards, un débat télévisuel entre lobbyistes, etc.), et un final duquel on ressort berné, mais en beauté.

Note: 16/20

Maintenant, à vous de faire votre (vos) choix ! En attendant, on se retrouve fin de cette semaine pour une nouvelle semaine ciné de Julien, afin de vous parler de « De Plus Belles » (de Anne-Gaëlle Daval), « L’Embarras du Choix » (de Eric Lavaine), « Grave » (de Julia Ducournau), « Paris Pieds Nus » (de Abel et Gordon), « The Last City of Z » (de James Gray)… !  En attendant, bon(s) film(s) !

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