Riverdale, le teen drama qui joue la carte de la revisite entre Dawson et Twin Peaks

Le teen drama, cette valeur sûre du paysage télévisuel, ne peut-il plaire qu’au moins de dix-huit ans ? Teen Wolf et Pretty Little Liars pour nos ados, Beverly Hills, Dawson, les Frères Scott pour la génération précédente, des séries qui marchent à coup de clichés et d’amourettes, ramassant dans leur filet toute une génération en manque d’idéal. Le teen drama souffre d’une réputation douteuse auprès du public non-ciblé, et pourtant… Riverdale est la dernière arrivée du catalogue de CW. Co-produite par Netflix, la série s’est d’emblée imposée comme une véritable révélation que l’on n’attendait pas nécessairement. Un vent de fraîcheur soufflerait-il sur les teen dramas ?

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Et tout commence par un air de déjà vu… Riverdale, une petite ville perdue entre monts et forêts. D’apparence tranquille, le quotidien de ses habitants va basculer après la mort d’un certain Jason Blossom, véritable star du lycée. L’introduction met en scène la mystérieuse disparition de Blossom par une belle journée d’été, sa sœur jumelle restant désespérément seule sur le bord de la rivière. Il s’est noyé, dit-on !  En réalité, il a été assassiné.  Vint alors le temps des questions et du célèbre whodunit, pilier de toute intrigue policière.

Il n’en faut pas plus pour planter le décor. La galerie de personnages tous plus typés les uns que les autres peut alors défiler sous nos yeux. Il y a d’abord Archie  Andrews et ses cheveux rouge feu, musicien torturé, star de l’équipe de football qui ne veut pas de toute cette reconnaissance. Rappelons tout de même qu’il est le héros d’une célèbre série de comics américains parue à partir des années 40, que la série adapte très librement. Ensuite, il y a la meilleure amie, blonde au teint pâle, un peu sainte nitouche sur les bords, Betty. À l’opposé, on retrouve la nouvelle venue en ville, Veronika, directement importée de l’Upper East Side, une peste en quête de rédemption. On ne pouvait évidemment pas manquer le meilleur ami homosexuel, Kevin, le fils du shérif. Ainsi que l’auto-proclamée Queen Bee du collège, chef de l’équipe des cheerleaders, Cheryl Blossom, la jumelle du fameux Jason. Enfin, comment ne pas tomber sous le charme du mystérieux Jughead Jones, ce lonely boy, ce nerd classieux qui mène l’enquête de main de fer, bien décidé à la transformer en roman.

C’est également lui qui, en voix off, raconte et analyse tout ce qu’il se passe dans la petite ville de Riverdale, un peu comme Gossip Girl dans la série du même nom. Notons tout de même que pour reprendre le rôle de Jughead, les créateurs ont fait appel à un acteur déjà bien connu du petit écran. Il était le bébé de Ross dans Friends et pour les puristes de la grande époque de Disney Channel, il était Zack Martins dans la Vie de Palace de Zack et Cody, j’ai nommé, Cole Sprouse. On est agréablement surpris et heureux à la fois de retrouver cet acteur qui a su résister à la machine destructrice de Disney. Il se révèle d’ailleurs comme l’un des meilleurs acteurs de la distribution !

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Les stéréotypes sont bien au rendez-vous dès les premières minutes, cachés ou pas derrière ces acteurs attractifs. Le premier épisode est déjà truffé de références, mais jusqu’ici ça marche. Ainsi, les curieux comme moi, se retrouveraient presque conquis. Étrange… Vient alors le temps de l’analyse ? Pourquoi ? Pourquoi ça fonctionne si bien ? Au travers de ces clichés la série prend alors tout son sens… Et si c’était en réalité un moyen de convaincre le plus grand nombre ? Au-delà bien sûr d’un public cible qui ne réfléchit pas autant. La curiosité pousse alors à entamer le second épisode, puis le troisième, puis… Les références affluent tandis que l’on se prend d’affection pour cette série.

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Et ces références à la culture populaire, à tout ce qui nous a, ou pas, influencé sont nombreuses et constantes. Elles donnent le sourire, font appel avec mélancolie à des souvenirs, des émotions. L’aura de Lorelai et Rory Gilmore semble imprégner le dîner de la ville, à tel point que l’on se demande si Luke Danes ne va pas débouler subitement en hurlant de ranger ces satanés téléphones ! Et que penser du point de départ de la série ? Un mort dans la rivière d’une ville en apparence tranquille mais cachant de lourds secrets… Twin Peaks aurait-elle inspirée Riverdale ? Aucun doute là-dessus ! Dans cette série, on retrouve aussi tout le package officiel du teen drama qui rappelle sans difficulté un autre feuilleton culte des années 90, Beverly Hills ; cheerleaders, joueurs de football stars,… Ajoutez à cela une classe à la Gossip Girl chez les personnages de Cheryl et Veronica. Saupoudrez le tout d’amourettes qui se font et se défont comme dans Dawson, avec des meilleurs amis qui deviennent amoureux et des amoureux qui deviennent meilleurs amis. Vous obtiendrez la série à références parfaite, à consommer sans modération.

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Et la cerise sur le gâteau est sans aucun doute cette galerie de personnages. Ici, pas de personnages vides ; au contraire nos ados ont une véritable profondeur qui force le respect. Ils sont intelligents, ont de la culture générale et… de la répartie. Veronica et ses répliques sont d’ailleurs en passe de faire de l’ombre à la verve de Sheldon Cooper. Dans ce monde post James Franco, ne pouvons-nous pas être plusieurs choses à la fois ? demande-t-elle. À méditer…

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En fait, Riverdale ne s’enraille pas dans un seul genre. Elle les mêle les uns aux autres, les réinvente. Ainsi, lui retrouve-t-on un côté série doudou bien agréable dans ses intrigues amoureuses et notamment au travers de Betty et de sa passion pour le pastel et les queues de cheval. On adore aussi son côté enquête qui occupe une bonne partie du temps de nos adolescents, tout repose sur le fameux whodunit et il faut bien avouer que l’intrigue se tient et ne tourne, jusqu’ici, jamais en rond.

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Les épisodes s’enchaînent et on est embarqués sans peine. Mais pourquoi ça marche ? La raison est simple… Depuis la fin de shows mythiques comme Dawson, Gilmore Girls ou encore Newport Beach, les vrais bons teen shows ont tout bonnement désertés la télévision. Et que faire de Vampire Diaries, Arrow, Jane the Virgin ? Toutes ces séries qui cartonnent auprès de nos ados. Elles cartonnent peut-être, mais on est loin de la conception originelle du teen drama avec ses rivalités et ses romances, ses couloirs et ses casiers, ses soirées pyjamas et ses heures de colles. Bref, la vie au lycée ! Et c’est tout juste ce que Riverdale nous propose ; un teen drama classique à l’heure où les vampires et les zombies prolifèrent sur nos écrans. D’ailleurs, si l’intrigue se déroule dans les années 2010, la série s’appuie sur un côté très vintage, justement pour rappeler les grands shows dont elle s’inspire. La petite ville semble figée dans le temps, piégée au cœur d’une Amérique candide dont l’emblème ne peut-être que le milkshake !

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Il va sans dire que j’ai passé l’âge des teen drama ! Et pourtant… Quand c’est si bien réalisé, avouons-le, on retrouve sans broncher les bancs du collège ! Une bonne dose de mystère, ce qu’il faut de romance, de belles amitiés, tous les ingrédients sont réunis pour dépoussiérer le teen drama. Attention tout de même à passer à côté d’une réelle identité en se cachant derrière trop de références ! La promesse est belle, reste à voir comment elle va évoluer dans le temps !

riverdaleSérie: Riverdale

Créateur: Roberto Aguirre-Sacasa

Genre: Drame, Thriller

Avec : Cole Sprouse, K.J. Apa, Lili Reinhart, Camilla Mendes, Mädchen Amick, Madelaine Petsch, Ashleigh Murray, Luke Perry

Nationalité : Américaine

Format : 42 minutes

Diffusion TV:  CW pour les USA et Netflix pour la France

Un commentaire

  1. J’avais envisagé de regarder cette série à son annonce, puis un peu abandonné l’idée par manque de temps, mais ce que tu décris donne envie, je suis curieux de voir ce que ça donne.
    L’ambiance « Twin peaks » attire aussi pas mal.
    Je vais peut-être me faire taper tant la qualité de la série que je vais citer est controversée, mais ça m’a grandement l’air d’être dans l’esprit de la série Scream (sur le côté teen-stories)… que j’ai personnellement trouvé vraiment excellente.

    Aimé par 1 personne

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