Hypnos, entre anarchistes et hautes sphères politiques, l’aventure à portée de regard

Y’a pas à dire, cette couverture-là, elle nous obsédait depuis un moment. Ses lettres dorées, cette calligraphie, sa couleur qui pète et ce peu de traits si habiles à former un énigmatique visage… Bref, avant même de l’avoir touché, de l’avoir ouvert, Hypnos de Laurent Galandon, Attila Futaki et Greg Guilhaumond avait non seulement attiré notre regard, mais l’avait aussi glissé dans sa poche. Un argument pour un récit (et une série, au bout du suspense) qui entend suivre une hypnotiseuse dans le Paris des années 20.

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© Galandon/Futaki/Guilhaumond chez Le Lombard
© Galandon/Futaki/Guilhaumond chez Le Lombard

Dans la vie, il y a toujours le choix… en théorie. En pratique, face à l’impasse, il faut parfois parer au plus urgent. Et si ces dernières années, les faillites se sont succédé, le Paris de 1919 n’était pas triste non plus. Demandez à Camille. Comme une malpropre, elle vient de perdre son boulot à l’usine qui l’employait, plus assez de commandes. Et s’il lui reste un second boulot, elle ne gagne plus assez que pour assurer les soins de sa petite fille dont la tuberculose s’aggrave. Mais si elle n’a plus rien à perdre, Camille n’en est pas encore au stade où elle mettrait en jeu sa vertu, assouvissant les désirs des hommes, dans la rue. Non, elle est rusée, Camille, et si elle choisit d’y passer, c’est pour mieux contourner la chose et faire preuve de son talent refoulé depuis un bail : l’hypnose. Faire le coup parfait et laisser sa victime sans aucun souvenir, c’est tentant mais ça ne s’improvise pas. Et un indice va faire chuter Camille, faisant de son calvaire un enfer, du couvent où elle se retrouve prisonnière à une cellule anarchiste pro-active.

© Galandon/Futaki/Guilhaumond chez Le Lombard
© Galandon/Futaki/Guilhaumond chez Le Lombard

Messmer fait le prime sur TF1, les Insaisissables ont sorti des millions de spectateurs de leur chapeau et on ne compte plus les spectacles où la magie revient à l’honneur.  L’illusion, la magie et le rêve semblent avoir retrouvés une jolie place dans le coeur des gens. Comme une réponse dans un monde qui s’est sévèrement heurté à une réalité anxiogène et mortifère ?

Peut-être. Et, dans cette mouvance, Hypnos arrive pile-poil au bon moment. Débarquant dans une époque qu’il connait plus ou moins pour l’avoir exploré, il y a quelques mois, en compagnie de Frédéric Blier avec « La parole du muet« . Dans un design, un graphisme et des ambiances qui n’en sont pas éloignés, à bon escient, c’est avec Attila Futaki que Laurent Galandon initie donc Hypnos, une nouvelle série qui cultive le mystère et a bien appris des grands maîtres de l’illusion.

© Galandon/Futaki
© Galandon/Futaki

« Hop, regardez par-là si je n’y suis pas, ho mais voyez donc ce qui a surgi de l’autre côté ! » C’est un peu de cette manière qu’on pourrait résumer L’apprentie. Comme un tour de passe-passe, un piège dans lequel on tombe d’autant plus volontiers qu’il booste l’intrigue et la rend intéressante. Tout comme cette héroïne, et son don, chopée à un moment, sans savoir grand-chose de sa vie antérieure. Pourtant, loin d’être un jeu sans conséquence, Hypnos intègre aussi quelques éléments géopolitiques, donnant sa vision fictive des faits mais aussi un peu plus de crédibilité à son récit.

Avec en prime, la révélation qu’est incontestablement Attila Futaki (on a appris entre-temps qu’il avait dessiné la déclinaison en BD de Percy Jackson et qu’il savait aussi user d’un trait plus manga) qui sort le grand jeu, auquel les couleurs de Greg Guilhaumond ajoutent tension et une dimension de polar qui viennent renforcer le climat de cette histoire qui semble encore attendre un peu avant de rentrer dans le vif du sujet. La suite risque bien d’être encore plus surprenante.

hypnos-t-1-lapprentier-galandon-futaki-guilhaumond-couvertureSérie : Hypnos

Tome : 1 – L’apprentie

Scénario : Laurent Galandon

Dessin : Attila Futaki

Couleurs : Greg Guilhaumond

Genre : Thriller politique, Espionnage

Éditeur : Le Lombard

Nbre de pages : 56

Prix : 13,99€

Date de sortie : le 24/02/2017

Extraits et bonus trouvés sur la page Facebook d’Attila Futaki (et elle vaut le détour)

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