La drogue c’est mal, sauf quand elle est rock et qu’elle s’appelle « The Bukowskies »

Dis, comment tu fais pour te remettre de ton week-end? Y’a pas de secret mais un bon cd, ça suffit parfois à remettre la mécanique en route. Et, en l’occurrence, on a comme album de chevet (et d’autoradio), le dernier opus d’un groupe belge qui fait mal autant que du bien. The Bukowskies, une attitude un rien « je-m’en-foutiste » qui risque bien de faire fureur. Avec un deuxième album dont le nom est encore une fois emprunté au monde de la drogue.

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C’est un fait, après avoir goûté l’opium de leur premier album, le (quatuor devenu) quintet originaire de Liège entend plus que jamais ne pas faire dans la dentelle. Et sur la pochette de Brown-Brown (le nom d’une cocaïne coupée à la poudre à canon, notamment donnée aux enfants-soldats en Afrique de l’Ouest), ce n’est pas la modèle Elodie Hernandez, jolie muse alcoolisée et topless (éh oui, sachez d’ores et déjà que The Bukowskies ne respectent rien, encore moins les règles fixées par l’ami Zuckerberg) qui, sous l’objectif de Fabien Vieilletoile, va nous faire mentir. On entre en beauté dans ce deuxième album et déjà le groupe fait chauffer les guitares comme pour répondre aux fantasmes de l’auditeur qui serait resté calé sur la poitrine de la demoiselle. « You can’t dream about it« . La basse de Xavier Blanchart ne se fait pas attendre et tous (Oliver Dechamps et Andrea Lafontaine aux guitares rythmiques et Adrien Timmermann à la batterie) s’ébranlent, le rythme s’intensifie. L’ensemble est d’une cohérence à toute épreuve, tandis que, loin de vociférer, Andrea Lafontaine parle plus qu’il ne chante. Tout un style!

On monte en puissance histoire d’être bien dans ce garage-rock. Mais pas que… Ainsi, dès le deuxième titre, « I feel hate« , on change de genre et, seul aux commandes, Andrea vire dans l’électro. On pense à Daan et sa période « Victory » pendant qu’Andrea mâchonne les mots du texte qu’il a écrit. Dans l’obscurité du morceau, brille un bijou, remarquablement exécuté. Un moment fort de l’album qui fait durer le plaisir et ce n’est pas de refus. Mais déjà on repart de plus belle pour une succession de titres bien dégoupillés autant dans la musique que dans les textes.

Brown-Brown est aussi incandescent qu’intemporel, prouvant que le groupe sait d’où il vient, à la croisée des gens, fort rock mais aussi un peu new-wave (The Cure ou les Stranglers passent parfois en fantômes), souvent indie, complètement bien dans ses pompes et fier d’un artisanat perfectionné et arrivé à maturation. Masculin mais aussi féminin quand il s’agit de donner la parole et les choeurs à Florence Vandendooren sur « Sound of a beach » (qui fait inévitablement penser à l’insulte homophone), entêtant et tonitruant, The Bukowskies joue la carte de la transformation. D’enfants terribles à jeunes gloires du rock à la belge. Mais les deux ne sont-ils pas compatibles? À vous de voir car, aucun doute là-dessus, on crève d’envie de revoir le groupe sur scène dans les prochains mois.

Francofolies de Spa 2015 - Lundi - La fête à Mario Guccio - 3 The Bukowskies (9)

the-bukowskies-brown-brownTitre: Brown-Brown

Artiste: The Bukowskies

Nbre de titres: 11

Durée: 35min

Autoproduit

En concert: le 04/02 à 20h à la maison du peuple de Flémalle en première partie d’Hygiaphone

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