Noël tourne court dans le dixième tome de Seuls et les cadeaux sont à double… tranchants

Arghhhhh, on s’étrangle en tournant et retournant le problème: comment vous parlez du tome 10 de Seuls, « La machine à démourir », sans vous en dire trop… ou pas assez. Car après deux cycles haletants, branchés sur haute-tension, surprenants et même parfois déroutants (il faut dire qu’on s’est tous pris au jeu comme certains se sont pris aux « Walking Dead » quitte à crier au scandale quand les showrunners, au prix d’un mortel cliffhanger sacrifient un personnage), les certitudes ont été bousculées et le mystère reste aussi épais qu’entier. Le tout dans un album qui sent le sapin… mais uniquement de Noël.

Résumé de l’éditeur: Perdus dans la neige, Terry et le Maître des couteaux trouvent refuge dans un gigantesque hangar qui abrite le 5e Salon du jouet. Après avoir couru « partout comme un gros dingo pour tout essayer », Terry a une illumination géniale : avec les moyens du bord et une bonne dose d’optimisme enfantin, il va tenter de construire une « machine à démourir » qui devrait leur permettre de quitter le Monde des Limbes et de retourner dans le monde des vivants. Mais l’apparition de Camille, qui offre au Maître des couteaux une mystérieuse pierre ensanglantée, va rendre ce dernier fou de rage. Et c’est à ce moment-là que Terry va vraiment regretter d’avoir offert une tronçonneuse comme cadeau de Noël à son ami amateur d’objets très tranchants… Loin de lui, ses amis vivent également des aventures éprouvantes : Dodji est toujours le jouet du Maître Fou qui lui fait vivre une initiation aussi absurde qu’impitoyable ; Yvan se retrouve en bord de mer dans la maison de vacances familiale ; Leïla est enfermée dans la chambre blanche pour un sommeil éternel et sans rêve…

Crayonné sous influence d'Akira? ©Vehlmann et Gazzotti
Crayonné sous influence d’Akira? ©Vehlmann et Gazzotti

Pour être honnête avec vous, j’avais complètement « démouru » depuis quelques tomes. Non pas que la continuité de la série m’avait laissé de marbre, que du contraire, mais plus parce que je n’avais pas trouvé le temps de m’y remettre… à fond.

© Vehlmann et Gazzotti
© Vehlmann et Gazzotti

Puis, Seuls, c’est comme certaines séries qu’on préfère regarder une fois tous les épisodes en main (ou sur le disque dur) plutôt que d’attendre les épisodes un à un. Bref, voilà comment Seuls m’est revenu de plein fouet, comme un coup de tronçonneuse bien placé pour remettre les idées en place.

© Vehlmann et Gazzotti
© Vehlmann et Gazzotti

L’idée de la tronçonneuse est d’ailleurs bien plus profonde que l’outil utilisé par le maître des couteaux, « Koupchou », pour poursuivre Terry. On peut la voir comme une métaphore qui fait l’état des lieux de l’univers tels que Vehlmann et Gazzotti le conçoivent depuis quelques planches. En effet, c’est dans une dynamique chorale que la série est entrée.

© Vehlmann/Gazzotti/Usagi chez Dupuis
© Vehlmann/Gazzotti/Usagi chez Dupuis

Un survival où, à des lieues l’un de l’autre, les personnages ne peuvent compter que sur eux-mêmes et doivent se méfier de tout. Seuls, de plus en plus…  seuls. Même des am…irages qui veulent les entraîner dans la noirceur. Rien ne va plus et de ce mauvais pas dans lequel on les a précipités, on se demande comment Dodji, Yvan, Leïla ou Saul, loin d’être dans son assiette.

Entre la doc et le papier © Vehlmann/Gazzotti
Entre la doc et le papier © Vehlmann/Gazzotti

Loin de limiter leur série au public enfantin auquel il est destiné, Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti (et toujours le fidèle Usagi aux couleurs) ne se laissent pas enfermer mais ont plutôt tendance à tirer leur lecteur vers le haut avec une histoire consciente et réfléchie. Dans Seuls, pas de pirouette scénaristique et néanmoins clownesques, tout se tient et les idées et concepts amenés sont forts et étudiés. Même quand ils surgissent de la naïveté et de l’innocence, comme cette hypothétique machine à démourir.

© Vehlmann/Gazzotti/Usagi
© Vehlmann/Gazzotti/Usagi

Avec ce dixième tome (on n’est même pas à la moitié de la série qui devrait en compter 22), alors que l’esprit de Noël ne survit pas bien longtemps et que e petit Jésus donne des idées pas si bêtes à Terry, on gratte encore un peu plus loin sous la couche de vernis « grand public » pour trouver le fin mot de cette histoire fantastique (dans tous les sens du terme). On en est encore loin, les auteurs cultivent un certain art du cynisme et savent attiser le suspense.

© Vehlmann/Gazzotti/Usagi chez Dupuis
© Vehlmann/Gazzotti/Usagi chez Dupuis

Pourvu que le film, prévu pour une sortie le 8 février avec David Moreau à la réalisation et un casting incluant Sofia Lesaffre, Stéphane Bak, Jean-Stan du Parc, Paul Scarfoglio, Kim Lockhart et… Thomas Doret (c’est vrai qu’on a hâte de voir le Gamin au vélo dans le rôle de Saul, chef du Clan du Requins), soit aussi inventif.

seuls-t-10-la-machine-a-demourir-vehlmann-gazzotti-usagi-couvertureSérie: Seuls

Tome: 10 – La machine à démourir

Scénario: Fabien Vehlmann

Dessin: Bruno Gazzotti

Couleurs: Usagi

Genre: Fantastique, Mystère, Thriller

Éditeur: Dupuis

Nbre de pages: 48

Prix: 10,60€

Date de sortie: le 18/11/2016

Extraits: 

 

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