Des Fêtes de Wallonie après l’heure avec un André Brasseur inouï et héroïque

Samedi soir, alors que certains gamins sonnaient aux portes en posant la fatidique question « des bonbons ou un sort », le fier Namurois André Brasseur a envahi le Grand Manège avec son band, une chose qui n’était plus arrivée à Namur depuis vingt ans. Et sous la précision et la science infuse du légendaire claviériste et organiste, les Beautés Soniques ont, comme qui dirait, joué les prolongations des Fêtes de Wallonie de septembre, des « Wallo-ween » en quelque sorte. Sans horreur mais avec une fougue qui n’a pas pris une ride.

Brasseur, connais pas. Ou alors si peu. Si certains l’avaient un peu oublié; moi, du haut de mes 25 ans, je connaissais son Early Bird et c’est tout, quasiment. Et pour être tout à fait de bonne foi, j’appréciais aussi, entre le fromage et la viande, l’ambiance que sait mettre ce champion de la mélodie au restaurant le Saint-Loup, ce haut-lieu de la fondue. C’est sûr, André Brasseur était peut-être celui qu’on n’attendait pas, ou plus surtout, et qui revient de manière on-ne-peut-plus tonitruante.

andre-brasseur-concert-a-namur-beautes-soniques-42

C’était sans compter les Flamands qui ne voulaient pas oublier de sitôt le flamboyant septuagénaire (qui a joué, faut-il le rappeler, avec James Brown, Claude François ou Vaya Con Dios). Cet amour flamand pour un Wallon s’est concrétisé au début de cette année par une compilation, « Lost gems from the 70’s », et la machine fut relancée. Avec comme point d’orgue (Hammond, bien sûr), un passage aussi inattendu que mémorable au Pukkelpop. Légende en Flandre, où ses concerts se multiplient désormais, ne restait plus qu’à André Brasseur de reconquérir les coeurs wallons et « les namuroises qui s’étaient endormies dans un coin, mais qui maintenant sont des volcans« .

andre-brasseur-concert-a-namur-beautes-soniques-10

André Brasseur a fait bien plus que ça. Et si j’y allais en découverte et en toute ignorance, je me suis ramassé une baffe par la candeur et l’aura bienveillante de ce fringuant septuagénaire. Et si le Grand Manège devait fermer l’année passée à l’issue des Beautés Soniques, chose toujours pas faite d’où la tenue encore cette année de quelques concerts; André Brasseur se l’est tenu pour dit et a ainsi joué les déménageurs de luxe. Et pour sûr, ça allait déménager. Après des débuts ouatés dans le swing et la soul, le band prend ses marques et fait éclater un peu plus sa puissance. Crescendo et maîtrisé. « Soyez à l’aise et on fait le reste« , s’amuse le phénix cendré Brasseur devant un public (on y a croisé Marie Warnant, entre autres figures namuroises) de tous les âges mais dont la moyenne de ceux-ci est plus qu’honorable. Pourtant, ce soir, tout le monde a vingt ans et après quelques hésitations, les premiers rangs n’hésitent pas à se lancer dans quelques pas de danse. « Vous êtes chez vous sur le podium« , lance plus tard André Brasseur avant de constater: « C’est todi les mêmes! » Et ils sont de plus en plus bouillants. Difficile d’égaler une ambiance de festival, mais le public namurois ne démérite pas, loin de là.

Concorde, The Kid, Big Fat, La petite gayolle, l’enchaînement des morceaux ne laisse d’ailleurs rien au hasard. Et le tournant survient avec Early Bird et la reprise monumentale et démentielle de Universal Nation de Push. Une version bien funky et inventée en quelques dizaines de minutes commandée en direct sur l’antenne de Studio Brussel. L’occasion, une nouvelle fois, de voir à quel point le band s’accomplit à merveille. « Alors, mes musiciens, des castards, hein?« . Oh que oui, la crème de la crème, bien connus en Flandre, aux-côtés de la bande à Daan, notamment: Ben Van Camp à la guitare, Ben Brunin à la basse, Dirk Jans à la batterie, Jo Hermans à la trompette et Wietse Meys  au saxophone.

Le concert touche à sa fin, le rappel ne se fait pas attendre entre des « Merci André, merci André, merci! » et des « Une autre, une autre… ». Une jeune femme élit domicile de la scène et se déhanche mortellement sous le regard ahuri d’André Brasseur. Sacré briscard que celui-là pour un concert qui restera dans les annales. « Quel bonheur« , crie quatre fois le maître de cérémonie. Pour nous aussi. Et on se souvient du signe avant-coureur de ce grand moment de musique et de cette hôtesse qui nous demandait gentiment: « Vous voulez garder votre ticket… en souvenir? » Oh que oui, et quels souvenirs!

andre-brasseur-concert-a-namur-beautes-soniques-43

Quelques photos:

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s