Le monde d’après, l’humanité fracassée par la vengeance de Mère Nature!

Un an et demi plus tard, nous revoilà propulsé dans ce monde perdu, anéanti, totalement revenu à l’état sauvage (à un point tel que Mad Max prendrait ses jambes à son cou et que les tueurs de Walking Dead auraient sérieusement le cafard, si si) rêvé par Jean-Christophe Chauzy. Après un premier acte qui faisait tourner en bourrique les cartographes en réinventant de manière dantesque la physionomie du monde tel que nous le connaissons et en réinventant ses dangers. Dans l’ère du chacun pour soi, comment survivriez-vous?

Résumé de l’éditeur: Le désastre semble avoir tout balayé. Seul subsiste pour Marie et ses jeunes protégés l’espoir de rejoindre la civilisation.

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(c) Le monde d’après – Chauzy/Casterman

La montagne s’est levée comme un golem, renversant toutes les certitudes de l’humanité et la ramenant à ses instincts les plus vils et primitifs, quand la survie n’est plus un luxe mais une tare. Selon la volonté de Jean-Christophe Chauzy (il nous l’avait confié en interview), les secours ne sont pas arrivés et les policiers, seuls garant du désordre, trop déboussolés ont été une durite. Non, résolument, dans ce monde anéanti, où les télécoms se sont tues (à jamais?), on ne graille que le fruit de son état de chasseur-cueilleur, ou au mieux de la ruse.

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(c) Le monde d’après – Chauzy/Casterman

Car, plus que jamais, ici, dans ce paysage désolé où Mère Nature a fait table rase des symboles d’une prospérité galopante (TGV à la casse et Alstom démembré à l’appui), a priori pas si loin de Port-Vendres, l’homme est un loup pour l’homme. Et on vous laisse deviner ce que deviennent les chiens retrouvant la force de la meute. Décidément, Marie et ses trois garçons ne seront en sécurité nulle part, y compris dans l’illusion qu’ils veulent se donner que rien n’a changé et que la normalité n’est pas si loin.

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(c) Le monde d’après – Chauzy/Casterman

Toujours aussi désarçonnant et désespéré, Christophe Chauzy continue son travail de sape. Multipliant les images fortes et terrifiantes (alors que son trait est sublime), l’auteur fait son The Road à lui sans rien devoir à Cormac McCarthy. Les idées sont bonnes, ce fatras humain et ferailleux emmêlés, ce désert de bateaux ivres morts à faire pâlir la mer d’Aral, hallucinations poussées par la fatigue… Et cette illumination vivifiante qui s’éteint dans le regard de nos héros malgré eux.

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(c) Le monde d’après – Chauzy/Casterman

Aussi haletant qu’anxiogène, Le monde d’après se termine, comme ces montagnes tranchantes, de manière abrupte en nous laissant, à l’instar des survivants, en proie au doute et aux questionnements. Et si on ne sait si l’aventure se termine là, ni même pourquoi la Terre a tremblé, ou s’il y aura une suite (pas de mot « à suivre » en tout cas, au contraire du premier tome), dans ce brouhaha émerge la sempiternelle question: « Et nous, qu’aurions-nous fait? ». Il y a matière à cauchemar mais ce livre-là est imparable, d’autant plus qu’il est réfléchi et étudié.

le-monde-dapres-le-reste-du-monde-2-jean-christophe-chauzy-couvertureTitre: Le monde d’après

Tome: 2

Scénario, dessin et couleurs: Jean-Christophe Chauzy

Genre: Catastrophe, Anticipation, Survival

Éditeur: Casterman

Nbre de pages: 112

Prix: 18€

Date de sortie: le 05/10/2016

Extraits:

 

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