Miss Peregrine et les Enfants Particuliers, le fabuleux renouveau de Tim Burton

On adorait son univers… On ne s’y retrouvait plus depuis un moment… On croyait tout de même toujours en lui. Voici (enfin) venu le retour du grand Tim Burton ! Avec Miss Peregrine et les enfants particuliers, le cinéaste signe son dix-huitième long-métrage et semble avoir atteint l’âge, non pas de la majorité (atteinte depuis longtemps), mais bien du renouveau ! 

Un film de Tim Burton c’est toujours un événement ! À juste titre puisque ce génie visionnaire nous a offert quelques véritables chefs-d’oeuvre comme Edward aux Mains d’Argent, Les Noces Funèbres et Charlie et la Chocolaterie pour ne citer qu’eux. Il est certain qu’après Sweeney Todd, ce grand Tim s’est quelque peu éparpillé dans l’étendue de son talent, nous livrant le film le plus raté de toute sa carrière, à savoir Dark Shadows, ce ramassis d’inepties enrobées dans un style pseudo-gothique totalement raté. Certains n’ont pas vu mieux en sa relecture d’Alice au Pays des Merveilles, d’autres n’ont pas compris son Big Eyes. Bref, Tim Burton n’a pas arrêté, depuis 2008, de descendre dans l’estime de ses fans.

Et pourtant, il semblerait qu’il lui ait fallu toucher le fond pour pouvoir nous asséner à tous le coup de grâce, pour pouvoir renaître de ses cendres glorieuses, tel un phénix. S’attaquer à Miss Peregrine et les Enfants Particuliers était un pari risqué, certains diront que seul Tim Burton pouvait prétendre à l’adaptation du fabuleux roman de Ransom Riggs. Une chose est désormais certaine, le réalisateur a mené ce projet de main de maître du début à la fin pour nous offrir finalement un film que l’on n’est pas près d’oublier !

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Passionnant du début à la fin, troublant par moments, percutant, effrayant, touchant, beaucoup de qualificatifs collent à la peau de ce film fabuleux. Il faut dire que cela faisait un bon bout de temps que je n’avais plus autant tripé sur un long-métrage! Rappelez-vous, c’était il y a quinze ans… Nous découvrions, émerveillés, un monde magique sorti tout droit de l’imagination d’une auteure anglaise au succès phénoménal. Nous étions prêts à rêver pendant une bonne dizaine d’années à cet univers riche où les cours de math sont remplacés par des cours de défense contre les forces du mal, où l’on ne joue pas au foot mais au Quidditch et où aller à l’école semble être une perpétuelle aventure. Harry Potter faisait ses premiers pas sur grand écran et passait pour la première fois les portes de l’Académie de Magie de Poudlard. Cette octalogie cinématographique a marqué l’enfance et l’adolescence de bon nombre d’entre nous, continuant de nous faire vibrer à sa moindre évocation. Nous avons grandi quelque part entre l’École des Sorciers et les Reliques de la Mort et puis d’un coup tout s’est arrêté (NDLR jusqu’à maintenant), Poudlard a fermé définitivement ses portes et nous avons grandi.

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Jusqu’à aujourd’hui, peu de films avaient réussi à me reconnecter à ces sensations qui m’envahissaient alors que je suivais avec passion les aventures du jeune sorcier à la cicatrice. Je ne m’y attendais pas, mais Miss Peregrine et ses enfants particuliers m’ont pourtant véritablement emporté avec eux. Le livre déjà m’avait particulièrement séduite, mais il va sans dire que je ne m’attendais pas à une telle réussite au travers de son adaptation. Le film retrace donc l’histoire de Jacob qui, à la mort de son grand-père découvre des indices à propos l’existence d’un lieu magique où il aurait vécu : la Maison de Miss Peregrine pour Enfants Particuliers. Mais le mystère et le danger s’amplifient quand il apprend à connaître les résidents, leurs étranges pouvoirs… Ces enfants particuliers sont invisibles, volent, maîtrisent le feu ou encore possèdent le don de réveiller les morts, bref de quoi émoustiller notre âme d’enfant adepte d’un imaginaire fantasmagorique !

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Et cette réussite des plus illustres, on la doit sans aucun doute à son réalisateur, ce cher Tim Burton. Grâce à lui, le spectateur prend son pied de bout en bout pour la simple et bonne raison que lui-même a décidé de s’éclater. Dès l’ouverture du film et ce jusqu’aux dernières minutes, le réalisateur se lâche et ça fait du bien de voir ça. Il joue avec cette histoire merveilleuse créée par Ransom Riggs, se l’approprie pour nous livrer un objet cinématographique de toute beauté. En témoignent, les décors magnifiques choisis, mais également ce côté gothique soft qui trouve sa place dans cet univers tout de même assez sombre, ces effets visuels parfaitement dosés couplés à de vrais effets physiques à couper le souffle.

Naissent alors des scènes puissantes, comme celle de l’affrontement entre squelettes et Sépulcreux, mêlant images de synthèses et stop motion. Scène durant laquelle le cinéaste s’autorise même un caméo ! Autre scène magistrale, celle où Miss Peregrine remonte le temps. Réalisée à partir de prises de vues en time-lapse et enchaînant des images de jour, de nuit, de soleil et même de pluie, soit une belle prouesse technique !

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Outre un aspect visuel bien léché, tantôt merveilleux tantôt cauchemardesque, le film peut se targuer de pouvoir se reposer sur une ribambelle d’acteurs bien en phase avec cet univers. Pour le rôle principal, Burton s’est tourné vers un jeune homme à la carrière déjà impressionnante ; Asa Butterfield. L’acteur anglais semble parfaitement en accord avec le personnage de Jake, ce garçon mélancolique et rêveur ; il est touchant, bluffant même parfois. Pour endosser le rôle de Miss Peregrine, Burton s’est tournée vers une grande actrice, abonnée aux rôles de femmes folles et ténébreuses. Je parle bien évidemment d’Eva Green, un choix des plus éclairés pour ce rôle. Aux côtés des deux acteurs, on retrouve également Judi Dench, dans le rôle de Miss Avocet mais aussi et Terrence Stamp en grand-père sénile. Les enfants particuliers sont troublants et incroyablement naturels, ils sont joués entre autres par Ella Purnell, Finlay McMillan et Lauren McCrostie. Seul bémol à ce casting, la présence de Samuel L. Jackson qui, sans grande originalité, fait du Samuel L. Jackson. Mais pas d’inquiétude, ça fonctionne quand même !

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Onirique, mystérieux, sombre, puissant, Miss Peregrine et les enfants particuliers fait partie de ces films qui vous captivent. Sans rien contrôler vous vous trouvez comme aspiré dans ce monde fascinant et effrayant à la fois, où la magie côtoie des monstres. On vibre avec ces personnages incroyables ; on rit, on tremble, on espère, on apprend. Deux heures passent sans que l’on puisse s’en rendre compte. Puis, soudain, l’écran s’assombrit, le film est terminé mais l’enchantement perdure pour quelques minutes encore au son de la voix de Florence Welch qui nous emporte dans un tourbillon d’émotions au rythme de sa chanson Wish You Were Here. La salle se rallume et voilà que nous somme en proie à un sentiment rare. Déjà, on a envie de revoir cette merveille, de revivre cette aventure passionnante et magique à la fois. Un coup de maître ? Sans aucun doute !

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Miss Peregrine et les Enfants Particuliers, de Tim Burton (2016)

d’après l’oeuvre de Ransom Riggs

Avec : Asa Butterfield, Eva Green, Ella Purnell, Finlay MacMillan, Judi Dench, Samuel L. Jackson, Chris O’Dowd, Terrence Stamp, Rupert Everett, Allison Janney

2h07

Sortie le 5 octobre

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