Carnet de voyage: la Croatie joue les beautiful westerns entre mer, lacs et pics rocheux

Ah, le temps béni des vacances. Le soleil dans le dos, la tête en voyage, qu’il fait beau s’envoler pour d’autres cieux, vers des paysages inconnus. C’est un fait, pas question de playa dès potron minet et jusqu’à pas d’heure, avec, en conclusion, fiesta face à la mer et jusqu’à plus soif. Non, nous ne sommes pas faits pour ça. Du coup, c’est vers la Croatie que nous nous sommes envolés, ma copine et moi, pour un voyage chaud, beau, reposant mais aussi palpitant. Récit d’un voyageur conquis.

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Outre un (magnifique) voyage de rhéto en Jordanie et un autre à Londres, des vacances avec mes parents aux quatre coins de la France, parfois aux Pays-Bas, une fois en Espagne et au Portugal, et un city trip à Venise il y a peu, c’est rien de dire que je ne suis pas très avancé dans ma conquête du Monde. Et c’est tant mieux, ça rend les envies d’ailleurs encore plus excitantes. Du coup, juré, promis et craché, cette année, je passerais mes vacances un peu plus loin et en-dehors des sentiers balisés. Bien sûr, le Maroc, la Tunisie, c’est tentant, mais quitte à parler de « hors-piste » (loin de moi de dire que la Croatie n’est pas touristiquement prisée, elle l’est quand même), la route du soleil maghrébin me semblait ultra-rabattue. Et pourquoi pas, aller vers l’est? La Croatie nous semblait déjà tout indiquée. Renseignements pris, c’est le coeur léger et impatient (nous étions en mars et nous visions la première semaine de septembre, l’été presqu’indien quoi!) que nous réservions nos vacances en terres dalmates, du côté de Zadar. Un vol Ryanair pas trop cher, un appartement loué pour un peu plus de 300€ (les grands élans touristiques passés, les prix étaient déjà en baisse) et de quoi alterner popote interne et petits (ou grands) restaurants. Restait plus qu’à attendre le 30 août!

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Bon à savoir avant le départ

Métro-boulot-dodo, et enfin l’avion! Moins de deux heures de vol et un soleil éclatant pour nous accueillir. Voiture de location – découverte de l’appart sur les hauteurs de Zadar (Apartmani Julija, spacieux, jolie terrasse et vue sur la mer à quelques centaines de mètres) – premières courses à Plodine. « Vous y trouverez tout ce que vous voulez », nous avait rassurés Angelo, notre logeur. Et de fait! Premier contact avec la monnaie nationale la kuna (0,13 €). Oui, c’est mal, nous n’avions pas fait changer les devises… et nous avions bien fait. Loin de se laisser attraper par les bureaux de change « 100% no commission », durant tout le voyage nous avons retiré de l’argent dans les distributeurs avec la Maestro et effectué les payements avec la Mastercard sans trop y perdre de plumes.

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D’autant plus qu’en Croatie, la vie est quand même assez abordable, loin d’être chère sans être ultra bon marché. Quant à la manière de nouer dialogues avec les Croates, nous sommes rassurés, l’Anglais passe bien. Bref, courses et considérations pécuniaires rangées, il était temps de profiter de cette belle semaine qui s’augurait. Et à l’heure où le soleil se couchait (vers 20h, extinction des feux, soit un peu plus tôt qu’en Belgique), nous prenions pour la première fois la route de la vieille ville de Zadar (classée parmi les 15 plus belles destinations européennes). Comme conseillé par notre hôte, nous nous garons sur le parking de l’hôpital (rue Marka Marulica), c’est gratuit et à dix petites minutes du centre. Pour se parquer ailleurs, il faut compter entre 6 et 20 kunas/heure. Ce n’est pas excessif.

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À la découverte de Zadar

Avec ses airs de loin d’un Saint-Malo croate, ses fortifications, son grand parc et sa festivité nocturne, Zadar est éclectique. Sans oublier sa mer et ses restos. Nous prenons place chez Il Padrino pour découvrir les mets (sous influence méditerranéenne) que la Croatie a à nous offrir. Ça commence par des bruschettas aux truffes (« tartuffo »), quel régal. Plus tard, nous poussons la promenade digestive sur la digue et la rue Simuna Kozicica Benje qui nous ramène vers le centre et l’imposante cathédrale de style roman, Sainte-Anastasie. On la visitera plus tard. Pour l’heure, on s’engouffre dans l’église romane St Donat qui propose une exposition multimédia et des projections sur les vieilles pierres rappelant l’héritage croate. Divin et suspendu.

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Décidés à ne pas la faire longue, nous revenons à Zadar pour la visiter plus en profondeur. Malgré ce que j’avais pu lire sur le net, ce n’est pas la grande cohue (peut-être parce que la période de grande affluence est passée?), il fait respirable… humainement, du moins. Parce que la grosse chaleur se fait sentir. À la fin de la semaine, nous aurons éclusé 35 litres d’eau, au moins. On a le soleil qu’on mérite et c’est tant mieux. Et, mercredi, après être retournés à Zadar, avoir gravi le clocher vertigineux (comme tous les clochers croates, semble-il) de Sainte-Anastasie, trouvé l’ombre et le bruit au marché couvert et constaté sur les édifices les traces d’une guerre dont les plaies n’ont pas été rebouchées, nous prenons la route de la plage.

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Mais laquelle? Difficile de trouver le sable fin et il n’est pas de notre goût de payer notre droit de bronzage et de baignade sur les plages privées. Du coup, place aux cailloux, un peu plus au nord de Zadar, du côté de Borik. Il faut se faire mal pour entrer dans l’eau, mais une fois dedans, quelle fraîcheur retrouvée.

Quelques photos de Zadar:

La tête sous l’eau, dans la splendeur des Lacs de Plitvice

De torrents d’eau, il en est encore question le jeudi où nous enfilons la première perle de l’inestimable collier croate: les Lacs de Plitvice. Mais avant ça, il faut prendre la route. L’occasion de se rendre compte qu’on ne nous avait pas menti: malgré les limitations de vitesse drastiques (pas plus de 40 avant chaque virage qu’il soit fort ou peu incliné), le dépassement sur ligne blanche continue semble être un sport national! Les Croates sont décidément plus posés quand ils ne sont pas au volant! Mais, soit, ce premier road-trip nous donne quand même l’occasion de voir du pays. Sur les 130 kms qui séparent Zadar de « Plitvička Jezera », on passe vite de la côte à un paysage de western aride, à la végétation rude et touffue et déserté par les hommes. Si ce n’est les vendeurs de miel, vins, énormes pastèques et autres cultures locales. Pas étonnant que, alors qu’elle fait quasiment le double (56 594km²) du territoire de la Belgique, la Croatie ne compte qu’un peu plus de 4 000 000 d’habitants. Soit le tiers de la population belge!

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Winnetou, y es-tu?

Pas étonnant que ces plaines aient été choisies comme terrain de jeu et de bobines des westerns choucroute (oui oui, ceux-là qui voulaient concurrencer le western spaghetti). D’ailleurs, en approchant du Parc National des Lacs de Plitvice, nous nous rendons compte de la présence d’un héros national… croato-allemand, l’Apache Winnetou (qui, pour la petite histoire, était français puisqu’incarné par l’acteur Pierre Brice). Pas étonnant d’ailleurs que cet Apache ait élu domicile dans ce joyau de la nature. Imaginez un peu, 296 km², 16 lacs de différentes superficies reliés par 92 cascades et une forêt majestueuse. Une odyssée naturelle à couper le souffle. Malgré le nombre de touristes présents sur le parcours H (commencé à l’entrée 2 et permettant de prendre la navette et le petit bateau pour louper le moins possible de ce parc on-ne-peut-plus « grandeur nature »), il est facile de trouver des petits coins tranquilles pour dîner ou simplement profiter. Le clou du spectacle est donné en toute fin de parcours par « La grande cascade » et ses 76 mètres de hauteur.

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Inutile de vous dire qu’on se sent tout petit! Mais ébahi aussi! Elle est loin d’être perdue (en plus, à 110 kunas dès le 1er septembre, c’est donné), cette bonne journée de marche et voilà qu’il nous prendrait bien l’envie de rester pour jouer les Robinson. Sur le chemin du retour, un autre phénomène naturel nous surprend: de gros éclairs en haut des montagnes. Mais Zadar ne risque rien et nous retrouvons la torpeur solaire.

Une galerie de photos des Lacs de Plitvice:

Trogir recroquevillée sur sa beauté, Split en splendeur des temps anciens

Vendredi, place à deux « city-trip ». Nous reprenons la route, longeant à peu de choses près la côte et sinuant fantastiquement pour rejoindre Trogir, une mini-cité recroquevillée sur elle-même tout en s’ouvrant à l’horizon, cultivant l’ombre des ruelles étroites (et habitées de quelques artisans enchanteurs) et le luxe des terrasses proposant divans et déjeuners face à la mer étincelante. C’est inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, et ça se comprend. Une autre perle insaisissable à glisser dans notre trésor à souvenirs.

Et quelques photos:

Plus loin, on file à la romaine pour débarquer au port de Split (le troisième port à passagers de la Méditerranée). Une fois passé les cahutes à bibelots et « gifts », on rentre dans l’Histoire, les siècles à reculons, pour imaginer à quoi pouvait bien ressembler le prestigieux palais de l’Empereur Dioclétien. Palais dont les ruines bien conservées portent l’histoire des civilisations de passage et des habitants qui y ont désormais élus domicile. Multiculturel et faste, grandiloquent, Split mérite plus qu’un coup d’oeil. On s’assied tel un antique sur les marches du palais et du Lvxor (le restaurant reconstitué à l’ancienne et qui bénéficie d’un cadre hors-norme), on se perd dans ses ruelles et on y visite la Cathédrale Saint-Domnius, du trésor au campanile, sans oublier la crypte et le clocher (encore un, vertigineux mais offrant un panorama de la ville, où se côtoient les terrasses sur les toits, les linges pendant d’une corniche à l’autre et le conflit entre antiquité et modernité).

Quelques images:

La Croatie, ça grimpe aussi: le Parc National de Paklenica

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, c’est ainsi qu’on aime les vacances. Cette fois, cap sur les montagnes déjà traversées mais sans qu’on s’y soit arrêtés. Autre Parc National, autre ambiance, bienvenue au pays des alpinistes débutants ou chevronnés: Paklenica. Et c’est géant. Dans les rocs et la végétation à plusieurs paliers, ce sont des dizaines de chemins qui se perdent pour partir à la conquête de ce monstre (bien intrigant, ma foi) de pierre. Ça monte, c’est ardu mais qu’est-ce que c’est beau. Au bord des gouffres et dans cette nature revêche et résistante aux actions de l’homme, dans ces canyons à perte de vue, on se dit que décidément cette Croatie possède mille visages. Et comme il fait chaud, on va pour la deuxième fois à la plage.

Quelques empreintes sur la rocaille:

Aux charmes des sirènes de Zadar: l’orgue marin et le Salut du Soleil 

Au soir, back to Zadar pour profiter de l’animation nocturne où les peintres rivalisent avec les magiciens qui eux même ont bien du mal à faire valoir leurs charmes face à l’orgue marin qui, telle une sirène, joue à chaque vague son ode du mouvement perpétuel. Grâce au ressac de la mer, l’eau entre sous les grandes marches de pierre pour rallier des tuyaux et chasser l’air qui s’y loge. La symphonie maritime n’en finit plus d’attirer les vacanciers, mélomanes ou pas. Un peu plus loin, il y a aussi cette étrange dalle lumineuse (22m² pour 300 panneaux de verre superposés): le Salut du soleil. Dès la nuit tombée, l’insolite appareil répercute l’éclat du soleil en mille couleurs sous les pas des passants.

Final gustatif aux saveurs explosives à a Bruschetta

Le temps presse, il faut vivre la Croatie à fond, et tant pis pour la croisière à travers les îles du Kornati (passer six heures, ou plus, sur un bateau pour seulement trois à terre, ça nous a fait un peu peur), direction dominicale vers Nin, au coeur de la lagune. Un village calme, où à l’heure du midi et à la sortie de la jolie petite église, ça sent bon les grillades de poisson. Au loin, la plage s’en donne à coeur-joie, les baigneurs sont nombreux. De quoi nous donner quelques idées plaisancières pour occuper l’après-midi.

Lundi, trêve d’insouciance, la pluie orageuse a fait son apparition. On prend notre temps, on range l’appart avant de se diriger, une dernière fois vers Zadar pour la soirée et un bon resto. En l’occurrence, c’est le Bruschetta qui nous fait de l’oeil et appelle nos papilles (déjà le premier jour, nous voulions le tester, mais il faut réserver pour s’y faire sa place!). Entrée du feu de dieu entre les salaisons (spécialités croates) et les fromages (celui de l’île de Pag, « le meilleur de Croatie et peut-être même du monde » dixit les Croates, peut-être un peu chauvins pour le coup). Le spectacle du goût continue avec un rumsteak sauce aux truffes avec gnocchi et légumes grillés. Délicieux. Comme le semifreddo d’amandes, en dessert. Le tout pour une addition s’élevant à 640 kunas (85€). Pour un repas « trois services », vin et eau compris, de cette trempe et à deux, c’est un excellent rapport qualité-prix. Et une manière tonitruante de conclure un séjour formidable, baigné de soleil, de curiosité, de sourires croates et de merveilleux détours.

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PS: Pas eu le temps d’aller à Zagreb, Dubrovnik et les autres, l’idéal pourrait être, sur deux semaines, de passer une semaine à Zadar et une autre dans une des deux autres grandes villes.

PS2: Trouvé en cours de route, voilà un blog qui pourra vous donner plein d’autres informations, En Croatie.

 

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