Ulysse : « La prochaine étape serait de s’installer comme un groupe solide de la scène belge ! »

Une pop métissée délicieusement électro, une voix nonchalamment sensuelle, des titres addictifs ; c’est ce que propose Ulysse, cette formation belge ultra-talentueuse issue de la nouvelle scène électro. S’ils sont jeunes et qu’ils se cherchent encore, ils offrent pourtant déjà une musique de qualité et possèdent une empreinte propre qui ne caractérise qu’eux. Arnaud, Julien et Benoit étaient aux Solidarités, l’occasion de les rencontrer pour une interview fleuve bien intéressante ! 

Bienvenue à Namur, c’est la première fois ?

Julien: Non, la troisième fois, on avait joué au Bouffon du Roi puis au Piano Bar aussi.

Comment s’est passé le concert, ici aux Solidarités ?

Arnaud : Très bien, c’était un peu le dernier concert de notre tournée d’été, et on est très content. C’est vraiment une belle manière de clôturer nos dates d’été. Le cadre est hyper cool en plus. Moi, je n’étais jamais venu et c’est vraiment dingue comme endroit, c’est super beau !

Julien : Oui, c’est vraiment beau ! On se croirait presque en vacances !

Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas, expliquez-nous un peu la genèse d’Ulysse…

Benoit : On s’est rencontré sur les bancs de l’école et comme on avait tous les trois une passion pour la musique, pas forcément les même goûts, on a eu envie de se lancer dans un projet musical commun mais aussi de partager ce que l’on avait déjà pu faire chacun de notre côté. C’est comme ça que sont nés nos premiers jets. Après, on a pris le temps de peaufiner. C’est vraiment ça le plus dur parce qu’aucun de nous n’avait jamais fait de groupe. Il a fallu trouver l’identité qu’on voulait donner au groupe, ça nous a pris un an, et puis maintenant on essaye de définir cette identité. Mais Ulysse est vraiment né d’une envie commune de faire de la musique.

L’évolution a tout de même été assez rapide en ce qui vous concerne, par rapport à certains groupes qui pataugent un peu avant de se faire connaître.

Julien : Oui, on est super content de ce qui nous arrive mais je crois qu’on s’est donné les moyens aussi d’arriver jusqu’ici. On a beaucoup travaillé et on a participé à des concours tremplins, celui de Dour et des Ardentes. Comme on les a gagnés, on s’est retrouvé à devoir faire des grosses scènes alors qu’on n’avait presque jamais joué en live. Notre quatrième concert c’était aux Ardentes et puis on a tourné encore sur quelques grosses scènes. Du coup on a du acquérir un certain niveau pour pouvoir faire ces concerts. Ça nous a vraiment obligés à énormément travailler pour faire évoluer le projet de la manière la plus rapide possible.

Vous parlez des concours tremplins, c’est le passage obligé pour les groupes qui veulent percer en Belgique ?,

Arnaud : C’est toujours une manière d’être remarqué, c’est sûr.

Benoit : C’est une super opportunité pour les groupes. Après, c’est vrai que ça peut être frustrant quand tu les enchaînes et que ça ne se passe pas forcément bien. C’est cruel parce qu’il n’y a jamais qu’un seul gagnant alors qu’en général beaucoup de groupes participent. C’est très subjectif aussi et il ne faut pas se décourager si ça ne passe pas !

Arnaud : Même sans les gagner, ça reste une super opportunité et une belle expérience de se confronter à un jury. Parce que ce n’est pas facile de jouer devant des gens qui sont en train de prendre des notes. C’est une manière d’affronter les critiques aussi. C’est mieux, évidemment, quand on gagne mais par exemple, on a fait le concours circuit qu’on a pas gagné. Mais ça a toujours été une bonne expérience.

Julien : Tu rencontres d’autres groupes aussi. Et puis, les conseils et les remarques sont toujours bons à prendre.

Arnaud : Surtout au début, parce qu’après tu vois toujours plus ou moins où tu veux aller. C’est une bonne manière de s’insérer sur la scène belge aussi.

Skuds - Les Solidarités Jour 2 (38)
Skuds – Simon Fusillier

Deux EPs à votre actif, le deuxième est assez différent, mais dans chaque morceau on retrouve votre empreinte qui ne ressemble à aucune autre. Comment avez-vous créé cette patte ?

Benoit : C’est un peu le premier challenge pour un groupe de définir son identité sonore, visuelle,… Donc notre premier EP, c’était vraiment un premier jet. Dans le sens où on avait quelques morceaux sur le feu et on avait envie de sortir quelque chose. Ça a été très spontané, il n’y a pas eu de réflexion énorme derrière. Du coup, par après, pour le deuxième EP, on s’est dit qu’on allait prendre le temps de faire plus de chansons pour pouvoir avoir plus de choix par rapport à ce qu’on voulait présenter aux gens. Et c’est ça qui en est ressorti ; les cinq titres qui sont sur Cashmere Guns. C’est l’identité qu’on voulait donner à ce moment-là, mais maintenant c’est vrai que ça évolue encore. On est quand même encore un jeune groupe, ce n’est donc pas nécessairement ça qui va rester. Je pense qu’à chaque release on va évoluer et donner un style qui soit encore un peu plus à nous.

Justement, comment définiriez-vous votre style ?

Arnaud : On n’essaye pas vraiment de se définir, ça na pas de sens pour nous. On ne s’est jamais vraiment posé la question et ça ne nous intéresse pas vraiment de mettre tel mot sur tel groupe par exemple.

Julien : Justement, pour le coup on trouve ça intéressant de ne pas se définir. Ça nous permet de mélanger différents styles.

Vous ne voulez vous fermer aucune porte…

Arnaud : Exactement, il n’y a pas forcément besoin de mettre un nom sur une musique en tant que telle.

Benoit : Puis, notre musique va aussi évoluer avec le temps.

Julien : Comment toi tu la définirais ?

Je dirais que c’est plutôt de la pop ! 

Arnaud : Oui, voilà, c’est de la pop mais c’est un terme qui est tellement large aujourd’hui. C’est comme le rap.

Julien : Après, tous les groupes disent ça évidemment, mais nous, ça nous parle vraiment !

En tout cas, vous avez un beau métissage dans votre musique, il y a l’électro et les guitares mais on ressent également vos différentes influences. Ça a été une volonté dès le départ de mixer ces influences ?

Benoit : C’est vrai que quand on a commencé, on n’avait pas vraiment des goûts similaires mais on avait vraiment cette envie de faire de la musique sans se cadenasser en choisissant uniquement la voie de l’électro ou du rock. On a toujours fait des trucs comme on le sentait avec les influences de chacun. Certains ont plus cette influence rock, d’autres sont plus électroniques, mais au-delà de ça, on avait plutôt envie de trouver un son qui nous plaise à nous.

Arnaud : Et finalement, c’est venu assez naturellement.

Benoit : Mais c’est sûr qu’on avait cette volonté de n’avoir aucunes limites pour brasser large.

Ça n’a jamais été compliqué de concilier tout ça ?

Benoit : Oui et non.

Julien : Ça n’a pas vraiment été difficile. Moi je dirais que l’étape la plus compliquée, ce fut le début. Lorsqu’il a fallu se décider sur ce qu’on voulait vraiment faire ensemble. Mais entre nous, ça n’a jamais été un problème. C’est vrai que nos goûts sont différents à la base, mais on reste ouvert d’esprit. Par exemple, je vais peut-être moins écouter du rock, mais je vais quand même être ouvert au rock.

Benoit : Ça enrichit chacun de s’ouvrir à d’autres choses.

Arnaud : De manière générale on tombe toujours d’accord, on n’est pas du tout aux antipodes.

Julien : Je pense que ce serait beaucoup moins intéressant si on avait tous les trois plus ou moins les même goûts. Ça permet à chacun d’apporter des éléments différents.

Ça vous permet de repousser vos limites aussi…

Benoit : Exactement !

Arnaud : On se fait découvrir des trucs mutuellement.

Benoit : On écoute beaucoup ce qui se fait actuellement et on développe un grand intérêt à découvrir tout ça. On ne travaille pas dans notre bulle, à part. On est vraiment très attentifs et très curieux de tout ce qu’il se passe.

Skuds - Simon Fusillier
Skuds – Simon Fusillier

Et quand vous devez écrire ou composer une chanson, qu’est-ce qui vous inspire alors ?

Arnaud : Ça c’est une question très compliquée…

Julien : Beaucoup d’artistes évidemment, beaucoup de choses nouvelles et qui nous surprennent ! Quand on écoute des choses et qu’on y retrouve vraiment de bonnes idées. Mais parfois c’est des choses plus classiques, comme de chouettes mélodies de voix ou de chouettes chansons.

Arnaud : Des moments aussi… Généralement, on compose un peu chacun de notre côté et c’est parfois juste en expérimentant un peu avec les sons qu’on trouve quelque chose de cool. On décide alors de creuser dans cette voie-là. Il y a vraiment des instants comme ça, où tu es hyper inspiré mais tu ne sais pas dire pourquoi. Il n’y a pas vraiment de raison… Enfin, c’est difficile de mettre le doigt dessus. C’est juste des instants d’inspiration que tu essayes de prolonger.

Julien : C’est ça qui est intéressant en fait, on ressent un truc d’une certaine manière et puis quand on va mettre en commun, un des autres va ajouter quelque chose de plus auquel on n’aurait pas forcément pensé au départ.

Le processus créatif c’est donc ça; chacun de votre côté avant de tout retravailler ensemble ?

Benoit : Oui, ça commence souvent chacun de notre côté parce que c’est difficile de commencer tous les trois ensemble. On n’a pas vraiment de méthode en fait. Soit on improvise et on essaye de trouver des idées comme ça, ou alors on part d’une base que l’un de nous trois a trouvée et on essaye de construire ensemble la suite.

La musique vient toujours en premier ?

Benoit : Oui, en général on essaye de trouver une prod qui nous plait déjà à la base et puis la voix vient après.

Skuds - Les Solidarités Jour 2 (39)
Skuds – Simon Fusillier

 Après deux EP’s, vers quoi voudriez-vous aller avec Ulysse ?

Julien : Le maximum !

Arnaud : Mais de manière progressive…

Benoit : Oui, progressivement comme on l’a fait jusque maintenant.

Arnaud : À chaque fois, on est toujours agréablement surpris. Comme c’est le cas maintenant, on ne stagne jamais et ça c’est cool. On arrive toujours à sortir quelque chose, on sent qu’on avance et tant que ça continue comme ça, tant mieux. Après, si un jour on parvient à aller vraiment loin, ça serait cool.

Benoit : Être reconnu à un moment comme un groupe, comme nos influences en fait !

Arnaud : On ne ferait que ça de notre vie.

Benoit : C’est difficile de vivre de la musique en Belgique, mais on espère qu’un jour ça fonctionnera.

Depuis la création du groupe vous avez pas mal tourné, vous avez pris du galon sur scène. Quel est votre regard par rapport à cette scène que vous habitez vraiment ?

Arnaud : Moi je n’avais jamais vraiment fait de concert avant Ulysse. On a fait nos premières scènes avec le groupe. Du coup, en très peu de temps et très peu de concerts, on a été forcés d’évoluer assez vite. C’était le tout début et on s’est vite pris des grosses dates dans la gueule.

Benoit : Il n’y a pas de secret en fait ; tu vas en concert de plus en plus et tu te sens de plus en plus à l’aise. Tu comprends que les trucs pour lesquels tu te prends la tête ne sont pas graves, et au fur et à mesure, tu supprimes tes erreurs. Et voila, maintenant on est beaucoup plus à l’aise sur scène.

Arnaud : En tout cas, moi maintenant, je sens qu’on a le droit d’être sur scène parce qu’on se défend bien. Du coup, on est beaucoup plus à l’aise qu’il y a un an par exemple. Maintenant, on assume plus le fait d’être sur scène et de faire un show. Avant on était beaucoup plus derrière nos machines

Benoit : Comme aujourd’hui, à deux, ils ont fait un super move à terre. Ce genre de chose ne serait jamais arrivée avant.

Vous avez encore une toute grande date assez unique de prévue en septembre, le Fly Away Festival

Benoit : On attend ça depuis un an, je pense !

Julien : On a un calendrier et on fait des croix à chaque jour qui passe !

Benoit : On a vraiment hâte. On va jouer le même jour que Balthazar et on est super content parce que c’est clairement le groupe qu’on préfère sur l’affiche ! C’est l’un de nos groupes belges préférés et donc un grand honneur pour nous ! Au-delà de ça, on a vraiment hâte de partager ça avec les autres groupes comme les Kennedy’s Bridge qui sont des supers potes à nous. Je crois que ça va être une expérience inoubliable !

Et mis à part ce fameux Fly Away Festival, c’est quoi votre plus grand rêve scénique ?

Julien : Le Fly Away Festival 2 !

Benoit : Jouer à l’étranger déjà ! Pas se produire dans des bars vides juste pour dire qu’on fait une tournée. Non, aller à l’étranger et avoir du public.

Arnaud : Qu’il y ait des gens qui aient payé pour venir nous voir dans un pays étranger, ce serait vraiment génial ! Jouer à l’étranger pour nous ça serait un peu la deuxième étape après la Belgique !

Quelle suite vous envisagez alors pour Ulysse ?

Benoit : On va bosser sur les prochaines chansons en espérant pouvoir sortir un premier album. C’est vraiment le gros challenge pour un groupe, le fameux debut album comme on dit !

Julien : On va faire une pause de dates à partir de fin septembre et là on va se concentrer à fond sur nos morceaux pour sortir ce premier album. En tout cas, de belles choses vont encore arriver !

Avec vos deux premiers EPs vous avez acquis une certaine reconnaissance, vous annoncez maintenant l’arrivée future d’un premier album, vous vous sentez un peu attendus au tournant ?

Julien : Finalement, c’est assez bienveillant je crois ! Les gens sont plutôt encourageants et curieux.

Benoit : Oui, les gens ont toujours été attentionnés envers nous donc on n’a pas vraiment ce stress-là.

Arnaud : C’est vrai qu’on a de la presse derrière nous, mais la prochaine étape serait de réellement s’installer comme un vrai groupe solide de la scène belge.

Benoit : On voudrait être plus crédible et pouvoir se détacher de l’image de « la révélation de la scène électro » !

Vous avez clairement réussi à créer un univers et outre votre empreinte musicale, un autre élément qui peut vous définir ce sont vos visuels, qui sont toujours très réussis et très beaux. Vous réalisez vos clips vous-mêmes et on sent que ça vous passionne. Vous vous verriez intégrer ces visuels à vos performances sur scène ?

Benoit : À fond ! Comme tu dis, l’aspect visuel fait autant partie du projet pour nous. Parfois, il y a des chansons qu’on voudrait sortir, mais on doit attendre une semaine avant de pouvoir le faire parce qu’on n’arrive pas à trouver la forme qu’il nous faut. C’est vrai qu’au début, on était plus poussé par ce côté do it yourself dans le sens où, quand tu commences un groupe tu n’as pas forcément les moyens d’engager des gens pour le faire. Mais maintenant, on a aussi cette volonté d’avoir la direction artistique de tout le projet. Et c’est quelque chose qui nous tient vraiment à cœur de pouvoir gérer nous-mêmes nos visuels, nos clips,… Même si c’est évidemment difficile d’être sur tous les fronts à la fois.

Vous avez vraiment cette envie de multiplier le projet, d’en faire un objet artistique complet ?

Arnaud : En soi, il n’y a plus aucune raison qu’un projet musical se limite à la musique. Avec tout ce qu’il y a comme scènes et comme groupes, c’est chouette d’avoir une vraie réflexion artistique derrière un projet. D’ailleurs, les artistes qu’on aime ce sont justement des artistes qui proposent des choses différentes, au-delà de la musique. Parce que parfois, tu peux aimer la musique et la trouver super, mais si le gars n’est pas une personne qui t’inspire, je pense que ça va beaucoup moins t’intéresser.

Benoit : Après, je crois que c’est beaucoup plus touchant pour les gens de savoir que c’est nous-mêmes qui réalisons nos clips. Même si ce n’est pas aussi impeccable que s’ils avaient été réalisés par un pro, il y a un côté humain qui est sympa à proposer.

Au niveau de la Belgique, on a la chance d’avoir un paysage musical, et même plus largement artistique, assez varié. J’imagine qu’au fil de votre parcours vous avez du faire de chouettes rencontres.

Benoit : j’ai l’impression qu’il y a quand même un renouveau assez intéressant sur la scène belge. À Bruxelles on est potes avec plein de groupes, que ce soit dans l’électro, dans le rock, dans le rap. Et il y a une belle notion de solidarité et de débrouillardise aussi entre tous ces groupes. Chacun fait les choses avec ses moyens mais le fait toujours à fond. On n’est plus du tout dans le schéma des labels comme il y a dix ans. Maintenant, on fonctionne vraiment à la débrouillardise.

Julien : Il n’y pas non plus les moyens comme dans d’autres pays, comme les États-Unis par exemple.

Benoit : Mais, je le redis, il y a vraiment une belle solidarité entre les groupes, il n’y a pas de concurrence malsaine.

Arnaud : Il y a quelque chose de très belge, d’assez familial qui fait qu’au final c’est toujours cool de croiser les gens. Et comme le disait Ben, on a vraiment tous ce côté « débrouille » et beaucoup plus décomplexé qu’avant quand on parlait de « petits groupes belges ». Si on allait jouer en France maintenant, je crois qu’on se sentirait tout à fait légitime. Il y a des gars en Belgique qui font des grandes choses, comme Roméo Elvis ou Caballero dans le rap. Ils font aussi bien que ce qui se fait dans le rap français pour l’instant.

Benoit : Et ce sans moyens, sans label en étant totalement indépendant.

Julien : La Belgique est petite et même s’il y a beaucoup de festivals pour ce petit pays, on croise forcément toujours les mêmes personnes.

Arnaud : C’est une bonne ambiance.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite alors ?

Julien : Que ça ne s’arrête pas !

Arnaud : Que ça se passe bien, même en Belgique.

Benoit : Qu’on fasse découvrir notre musique à de plus en plus de gens.

Skuds - Les Solidarités Jour 2 (36)
Skuds – Simon Fusillier

Interview réalisée par Alizée Seny

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