Le bon goût des MICROs choses : un secret liégeois

En plein cœur de la cité ardente, le Micro Festival donne véritablement un sens à la légendaire convivialité festive que l’on attribue habituellement au peuple liégeois. Ici, pas de folie des grandeurs, ce sont les petites (micros) attentions qui font la différence, en trois mots : LESS IS MORE!

C’est un sacré pari que d’organiser un festival le premier week-end d’août en face d’Esperanzah!, du Ronquière Festival et du Brussels Summer Festival. Un défi que le label et collectif liégeois Jaune Orange, organisateur de l’éventement, remporte haut la main depuis déjà sept éditions. Le rendez-vous affiche en effet chaque année complet, et ce bien avant l’ouverture de ses portes. La recette du succès? MICRO ne veut pas être MACRO! On vous explique.

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MICRO FESTIVAL  ©FranFranPictures 2016

Des MICROs prix !

A l’heure où on nous parle de plus en plus de l’accessibilité à la culture, il faut bien reconnaître l’inflation des prix pratiqués par les différents festivals d’été. Sans se targuer de pseudo-slogans engagés, le Micro s’emploie à pratiquer des tarifs démocratiques. Comptez 19 euros pour le pass deux jours et de 14 à 16 pour une journée… soit un peu plus que le prix moyen d’un concert dans un club. Ajouter à cela 2 euros pour une bonne bière et 4 euros en moyenne pour savourer de bons produits locaux, et à la fin de week-end vous ne serez pas contraints de contracter un emprunt chez votre banquier. MICRO aime les micros budgets.

Pour assurer cette tarification au rabais, en évitant tout matraquage publicitaire, pas de salariés mais toutes les petites mains du label Jaune Orange qui se retroussent les manche. À commencer par les différents musiciens des groupes qui le compose : Dan San, The Feather, Pale Grey, My Little Cheap Dictaphone, Hollywood Porn Stars, Piano Club, Gaëtan Streel, The K,… On peut ainsi par exemple acheter des jetons à Anthony Sinatra (chanteur d’Hollywood Porn Stars et Piano Club). Mention spéciale à Sébastien von Landau (chanteur de The K) qui a la tâche délicate et ingrate d’assurer à la fois la fluidité et la sécurité de l’entrée de l’événement. Il faut également mettre en évidence le collectif Sauvage Sauvage qui réalise chaque année, avec les moyens du bord, un teaser imaginatif et toujours très réussi pour le festival (voyez ci-dessous celui de cette édition à l’ambiance cosmique). La force du Micro réside donc dans sa capacité à fédérer bon nombre d’acteurs culturels et artistiques de la cité ardente. Et oui, on a tendance à souvent l’oublier mais l’union fait la force n’est pas qu’une devise, c’est une réalité. Et cette énergie collective se ressent et rejaillit véritablement sur l’événement! 

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 MICRO FESTIVAL  ©FranFranPictures 2016

Une MICRO ambiance !

On perçoit en effet dès l’entrée sur le site que le Micro est un festival créé par des passionnés qui ne possèdent aucune autre ambition que de partager leur goût pour la musique dans une ambiance conviviale, chaleureuse et fraternelle. Dans ce contexte, la MICRO ambiance signifie, non pas une petite ambiance, mais plutôt un retour à l’essentiel. Pour ce faire, les organisateurs soignent les petits détails. On pense d’abord au lieu accueillant et à taille humaine que constitue la cour de l’Espace 251 Nord, qui, entre verdure et pavés, entre champêtre et urbain, possède une capacité limitée (environ 2000 personnes). On comprend dès lors que la volonté est d’éviter le surnombre et les nombreux excès que cela peut entraîner. Ici, on peut boire tranquillement une bière sans se faire piétiner, on peut jouir gratuitement d’une jolie petite expo entre deux concerts, on peut déambuler sans se sentir oppressé. Ici, enfin, une place est accordée aux enfants qui peuvent profiter, en toute sécurité et sans peur de se perdre, du privilège de leur âge. Il n’est donc pas rare de croiser des familles et cela participe véritablement à l’esprit bon enfant de l’événement.

Cette MICRO ambiance est également renforcée par une décoration soignée et réalisée chaque année par le Digital Bal Musette (encore un collectif liégeois). Pour cette édition, thème interstellaire de guerre des étoiles oblige, ce sont des vaisseaux de toutes sortes gravitant autour de divers objets célestes, qui, sous les yeux globuleux et attentifs d’un Jabba géant, confèrent à la tente du bar une atmosphère cosmique.

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©http://digitalbalmusette.tumblr.com/
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MICRO FESTIVAL  ©FranFranPictures 2016

Des artistes qui savent manier le MICRO !

Qui dit retour à l’essentiel et à une convivialité joyeuse, dit concentration autour d’un seul concert. Le Micro ne possède en effet qu’une scène, ce qui a l’avantage certain d’assurer de manière constance une assistance plus ou moins bien garnie. Cette configuration est d’autant plus importante que la programmation ne compte aucune véritable tête d’affiche. À une époque où la musique devient de plus en plus standardisée et homogénéisée, on perçoit l’envie de faire découvrir aux festivaliers des groupes alternatifs (internationaux) aux sons diversifiés, exigeants mais  toujours de qualité, et qu’on a que très rarement l’occasion d’écouter ailleurs (alors que l’on retrouve très souvent les mêmes noms dans les autre festivals). C’est un véritable geste d’ouverture à l’inconnu que le Micro cultive depuis ses débuts.

À noter pour cette édition, les superbes prestations du groupe coréen Jambinai le vendredi et de la formation française Forever Pavot le samedi. Les asiatiques, accompagnés d’instruments traditionnels surprenants, nous ont servi un post-rock tout à fait envoûtant. Oscillant sans cesse entre violence et méditation, impossible de ne pas succomber à cette estampe sonore qui fait écho à la vie de tout un chacun. Emmené par le fantasque Emile Sornin, Forever Pavot a quant à lui donné à écouter d’entraînantes et joyeuses mélodies aux accents rétros (sixties). Mention nostalgie pour la belle et inventive reprise du générique du dessin-animé Les Aventures de Tintin.

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Forever Pavot ©FranFranPictures 2016

Le Micro Festival nous démontre qu’en évitant la démesure et qu’en misant sur la simplicité, on peut gagner en charme et en convivialité. Une formule qui semble d’ailleurs séduire de plus en plus d’organisateurs (on pense par exemple au Deep in the wood, au Bluebird Festival ou encore à La Ferme !!!). La manifestation liégeoise est en tout cas un secret qui, à Liège comme ailleurs, devient de moins en moins bien gardé!

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©Geoffrey Georges (facebook microfestival)

http://www.microfestival.be/

François Detry (FranFran World Compagny)

PS : Casse-dédi aux délicieuses Alice Caboche et Sarah Ladam!

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