Les critiques de Julien #5: entre Dory et Patrick Chirac, un goût de mer et d’amère

Salve de critiques à l’odeur de mer pour Julien, vacances obligent. Ainsi entre un requin tueur et un joli poisson bleu dont on a longtemps attendu des nouvelles malgré sa mémoire défaillante, on n’attendra plus Patrick dans ce mauvais Camping 3 qui ressemble à s’y méprendre à un vilain épisode de Camping Paradis. Pour le reste, pas mal de suites, d’American Nightmare en passant par Insaisissables 2. On s’évade dans les forêts de Sibérie, on assiste aux exploites de Jesse Owens et on est séduit à moitié dans la balade à dos de bon gros géant proposée par Spielberg. Bon appétit! 

« Instinct de Survie », de J. Collet-Serra (03/08)

Instinct de survie - Critique - Collet-Serra - Blake LivelyAttention mesdames, car vos maris vont se rincer l’œil (à plusieurs reprises)…

Il n’est pas anodin d’avoir choisi la sublime Blake Lively pour interpréter cette surfeuse prise au piège sur un rocher (le temps de la marée basse); un vilain grand requin blanc (« revenu des bas-fonds ») rôdant dans les parages…

En effet, « Instinct de Survie » ressemble à une publicité vendant la beauté plastique naturelle de l’actrice, avec en prime la question de savoir si elle est capable de pouvoir tenir à elle seule le haut de l’affiche. Et on ne peut là qu’applaudir ce choix, puisque l’actrice s’en sort avec les honneurs, et joue une jeune demoiselle qui ne va pas rester à pleurer indéfiniment sur son rocher…


Rassurez-vous, la tension est bien de la partie, surtout lorsque que cet énorme squale tarde à se pointer… On ne peut dès lors que s’en ronger les ongles, et craindre, malgré nous. Mais on comprendra très vite que celui-ci attendra de bondir hors de l’eau à la moindre incursion de la sirène (ensanglantée) dans l’eau. Reste alors à attendre péniblement les prochaines blessures…

Jusqu’à présent, le réalisateur a signé majoritairement des histoires très efficaces et d’une certaine qualité (« Esther », « Sans Identité », « Run All Night »), ces dernières années souvent avec Liam Neeson dont il a décidé de se passer ici. Des films aux dénouements heureux et… moins heureux, aussi. Évidemment, son dernier film rejoint l’une des deux catégories, mais au dernier… moment (ce genre de thriller aimant jouer avec les nerfs du spectateur).

Mais pourtant résumée en quelques mots, l’histoire tente de s’éterniser et de nous émouvoir en essayant de nous faire croire aux raisons dérisoires qu’avait cette jeune demoiselle de se rendre sur cette plage déserte, à l’autre bout du monde. Mais on en a clairement rien à faire de ça, car tout ce que l’on veut voir, c’est ce duel…

Dans son ensemble, « Instinct de Survie » ressemble à une petite série B (avec son lot d’adrénaline), en guise de parenthèse dans la carrière du réalisateur, qui vaut pour l’aspect physique de son oeuvre, plutôt que scénaristique. En effet, la photographie (aux mille couleurs-reflets du soleil sur l’océan) et les décors paradisiaques (menaçants) pourraient très bien faire de certaines images de très jolies cartes postales, à l’image du générique de fin…

« Le Monde de Dory », de A. Stanton et A. MacLane (22/06):

Le monde de Dory - critique - Stanton - Maclane - Disney PixarOn reste dans l’eau mais on change de registre. Le poisson qui sait parler aux baleines est de retour au cinéma, treize ans après avoir accompagné son ami Némo, dans l’un des plus grands succès du studio Pixar qu’est devenu « Le Monde De Némo », co-produit par Disney à l’époque, sachant que Disney a racheté Pixar depuis lors.

Le risque d’une telle suite était de copier-coller le scénario du « Le Monde Némo », tout en l’adaptant ici pour Dory. Et heureusement pour nous, ce n’est pas le cas. Mais il y avait peu de chances que ça soit le cas, connaissant la maison Pixar.

Dans ce film qui se passe un an après les aventures de Némo, Dory (le poisson chirurgien bleu amnésique) est frappée par des images qui lui sautent à l’esprit, et qui l’interrogent. Très vite, Dory comprendra qu’il s’agit de son passé, et de ses parents. Elle partira alors à la recherche de ceux-ci, aidée par ses amis de cœur, ainsi que par de nouveaux.

« Le Monde de Dory » est une nouvelle réussite pour Disney/Pixar, qui prône des valeurs universelles telles que l’amitié, la famille, le dépassement de soi, de ses peurs (etc.), sans pour autant verser dans l’écœurement. Il y a tout ce qu’il faut là où il faut pour plaire aussi bien aux petits, qu’aux grands, avec notamment plusieurs niveaux de lecture pour les différents publics.

Mais la force de cette nouvelle aventure repose beaucoup sur le périple que traversera Dory et ses proches, dans les eaux de la côte ouest-Atlantique, en Floride, pour laquelle les scénaristes ont magistralement inclu les anciens et nouveaux personnages. Sans oublier un visuel marin tout simplement magique, immersif.

« Le Monde de Dory » est donc une suite à succès et de qualité à voir en famille, très bien exécutée dans son genre, mais loin d’être originale.

« Le BGG – Le Bon Gros Géant », de S. Spielberg (20/07):

Le bon gros géant - critique - Steven SpielbergLes géants n’ont plus la côte à Hollywood. Et Bryan Singer en est le mieux placé pour en parler, suite au bide intersidéral de son « Jack et le Chasseur de Géants », blockbuster pas si mauvais que ça sorti en 2013, et considéré aujourd’hui comme l’un des plus gros échecs cinématographiques de tous les temps. Mais voilà que vient s’ajouter aujourd’hui « Le BGG », adaptation par Spielberg du roman pour petits de Roald Dahl (publié en 1982), qui avait déjà eu les honneurs de voir l’un de ses romans adapté au cinéma, avec un certain « Charlie et le Chocolatrie » de Tim Burton en 2005 et de Mel Stuart en 1971, mais aussi Fantastic Mr. Fox (de Wes Anderson), James et la pèche géante (d’Henry Selick), Matilda (de Danny DeVito) ou encore Les sorcières (de Nicolas Roeg).

Sans surprises, Spielberg fait du Spielberg, et livre une oeuvre très honnête, mais aussi trop gentille. Le réalisateur conte cette histoire d’amitié à travers un univers enchanteur, qui se regarde comme s’il s’agissait d’une poésie visuelle. Dès lors, le rythme est saccadé, au besoin du ressenti de cette magie.

C’est Dany Boon que l’on retrouve au doublage de ce bon gros géant. Et il s’en amuse, étant donné la manière très particulière d’élocution de ce personnage. Et ce langage rajoute encore un peu plus de tendresse dégagée par celui-ci, parfaitement interprété sous les traits de l’acteur Mark Rylance (second travail entre le réalisateur et l’acteur après « Le Pont des Espions »).

Avec « Le BGG – Le Bon Gros Géant », Steven Spielberg ne livre pas une oeuvre qui restera dans les annales (et encore moins dans sa filmographie), se limitant à présenter une histoire déjà vue (un film d’animation de Brian Cosgrove avait d’ailleurs été produit à la fin des années 80), sans audace. Mais l’on ne peut que tomber que sous la charme devant ce rêve éveillé, et ces bons gros sentiments, à l’image de l’actualité.

« La Couleur de la Victoire », de S. Hopkins (27/07):

La couleur de la victoire - Cirtique - Stephen Hopkins - Stephan James - Jason Sudeikis - Jeremy Irons - William Hurt1934, en plein période de ségrégation raciale, Jesse Owens arrive à l’université d’État de l’Ohio pour y étudier, mais tout en gardant l’idée derrière la tête de travailler avec les meilleurs entraîneurs du sprint de l’époque. C’est Larry Snyder, entraîneur blanc et ancien champion, (obsédé par la réussite, mais ne faisant aucune distinction de couleur entre ses protégés, contrairement à ses collègues) qui l’entraînera. Au fil de l’évolution très rapide, de la motivation de son élève, ainsi que des médailles gagnées depuis leur rencontre, les deux athlètes n’ont qu’auront alors plus qu’un seul objectif : les Jeux olympiques d’été de 1936, à Berlin…

Persuadé de pouvoir dorer l’image de sa puissance devant tous les yeux du monde, Hitler, dans l’Allemagne du Troisième Reich, n’hésitera pas à utiliser ses Jeux olympiques comme propagande monstrueuse de sa machinerie… Dirigeant sportif aux États-Unis, Avery Brundage réussira, mais de manière très controversée (pacte, soutient avec Hitler), à amener une équipe américaine aux Jeux de Berlin, dans laquelle se trouvait Jesse Owens.

Owens se battra alors pour remporter les médailles tant souhaitées, mais davantage pour sa couleur, et toutes sortes de discriminations, et ce dans le contexte du nazisme et de la persécution des Juifs en Allemagne, devant le regard raciste du « Führer », souhaitant tout sauf sa (ses) victoire(s), et les manipulations de Joseph Goebbels (Ministre du Reich à l’Éducation du peuple et à la Propagande)… Jesse Owens deviendra alors l’athlète américain considéré comme le premier sportif noir de renommée internationale, et comme le meilleur sprinteur de l’entre-deux-guerres.

Dans la catégorie des biopics « bien-faits », « La Couleur de la Victoire » a toute sa place. De ses débuts à son triomphe, en passant par toute son évolution, jusqu’à ces Jeux olympiques, ce film retrace le parcours d’un champion hors du commun, à travers un contexte historique affreux. On reste bouche bée face à ces propos politiques et sociaux en dessous de toute raison, et la monstruosité du règne d’Hitler.

« La Couleur de la Victoire » accroche de fait le spectateur par son scénario, soit un morceau très difficile de l’Histoire, et ce malgré la mise en scène très scolaire du film dans le genre, bien que les scénaristes ont eu la bonne idée de nous faire vivre les quatre épreuves olympiques de Berlin. Le jeune Stephan James incarne avec lumière Jesse Owens, tandis que Jason Sudeikis abandonne de sa bêtise pour le rôle de Larry Snyder, entraîneur très humain de Owens. Mais dans l’ensemble, il n’y a rien à redire de la distribution du film, au service de cet hommage.

Ayant reçu le soutien de la famille Owens, de la Fondation Jesse Owens et du Luminary Group (représentant les plus grandes légendes de tous les temps), « La Couleur de la Victoire » est un biopic classique très efficace, réalisé avec beaucoup de respect pour le grand sportif qu’était Jesse Owens. Voilà un film utile à voir, à montrer, surtout au regard de nos conditions de vie actuelles (car on est pas si mal loti que ça).

« Insaisissables 2 », de J. Chu (27/07):

Insaisissables 2 - Jon Chu -Eisenberg - Ruffalo - Harrelson - Dave Franco - Radcliffe - Freeman - Caine« Insaisissables » (réalisé par le français Louis Leterrier) fut l’un des succès surprises de l’année 2013, dans lequel on suivait une bande de magiciens hors du commun engagés par un mystérieux homme, afin de voler aux riches pour donner aux pauvres.

Il était donc impensable de passer à côté d’un suite, qui plus est pour ce blockbuster s’écartant des monstres aux effets numériques. Et pour cette suite, tout le casting a rempilé (excepté Isla Fisher, enceinte, et remplacée par Lizzy Caplan), et de nouveaux visages y font leur apparition, notamment celui de Daniel Radcliffe (le plus grand des magiciens), et celui de Jay Chou (pour permettre au film de cartonner en Chine).

« Insaissables 2 » fait partie de ces divertissements plaisants à regarder, dans lequel on ne s’ennuie pas une seule seconde. Une nouvelle fois, l’ensemble du casting fonctionne avec une belle harmonie (malgré la piètre performance de Daniel Radcliffe, en petit perroquet de service insupportable), et on a l’impression d’assister à un blockbuster intelligent, en regard de ses camarades actuels. Malheureusement, c’est sans compter sur un scénario par moment confus, renfermant quelques incohérences et ficelles, et perdant aussi en magie. En effet, l’aspect magique de cette suite est remplacée par une quête policière. On est alors moins impressionné par ce qui nous est proposé, bien que les magiciens jouent de leur talent (surtout lors du final) pour essayer d’arriver à mettre derrière les barreaux ce syndicat du crime.

« Insaisissables 2 » swingue à l’image, directe, de la réalisation de J. Chou, à qui l’on doit notamment « Step Up 2: the Streets », « Step Up 3-D », « Justin Bieber: Never Say Never », « Justin Bieber’s Believe » ou encore « Jem et les Hologrammes ». S’il elle manque parfois de clarté et de son tissu originel, cette suite est idéale pour l’été, mais ne laissera pas un souvenir impérissable. Cependant, préparez-vous à retrouver la troupe pour une troisième aventure!

« Independence Day: Resurgence », de R. Emmerich (20/07):

Independence Day 2 - Resurgence - critique - Roland EmmerichAutre univers, autre suite. On ne présente plus « Independence Day », sorti il y a tout juste vingt ans, qui restera un classique SF, sorti à l’aube d’une ère qu’il lancera. D’ailleurs, celui-ci restera le plus gros succès au box-office mondial en 1996.

Roland Emmerich, en tant que maître de la destruction massive de la Terre (« Le Jour d’Après », « 2012 »), a donc décidé d’en réaliser la suite, pour la plus grande surprise des fans, et l’ignorance des autres (il est vrai que ce film ne demandait pas de suite). Malheureusement, le projet a très vite senti mauvais suite à la non participation au projet de Will Smith (acteur incontournable du premier opus), pour cause, soi disant, d’emploi du temps, ce qui semblait un peu faux. Sans doute a-t-il senti l’anguille sous roche à la lecture du scénario, et a préféré ne pas revivre un second échec abyssal après le catastrophique « After Earth » (de M. Night Shyamalan, en 2013).

Au détriment de Will Smith, on retrouve quand même vingt ans plus tard Jeff Goldblum (David Levinson), Bill Pullman (l’ancien président des USA T.J. Whitmore), Brent Spiner (Dr. Brakish Okun), ou encore Judd Hirsch (Julius Levinson) dans cette suite. Vingt ans se sont donc écoulés; les humains ont alors profité de la technologie extraterrestre pour créer une base lunaire, des armes, se protéger, etc. Mais c’est sans compter sur le retour des extraterrestres, avec un vaisseau beaucoup plus grand (quand même cinq mille kilomètres de long), et aux intentions diffuses, eux-mêmes ayant peur de (ou cherchant) quelque chose…

On ne va pas s’attarder ici à descendre en flèche cette suite, ridiculisée par sa bêtise scénaristique, et ses personnages (les anciens revenant sans aucun engouement derrière la caméra de Emmerich, et les nouveaux en prétexte de relance de suites, jouant en mode coquilles vides).

Alors oui, c’est visuellement bon (encore heureux), mais « Independence Day: Resurgence » fait passer son prédécesseur pour un chef-d’oeuvre. Et le comble, par dessus tout, c’est qu’on a cruellement envie que les méchants remportent la bataille (ce qui ne sera évidemment pas le cas) !
Alors, si vous voulez garder un bon souvenir de « Independence Day », évitez cette suite navrante. Un gâchis sur toute la ligne.

« American Nightmare 3: Élections » (« The Purge 3 »), de J. DeMonaco (27/07):

American Nightmare 3 - Elections - De MonacoOn ne présente plus cette franchise produite par Jason Blum, qui ne cesse de connaître un succès grandissant au fil des films, dans laquelle il est question d’une nuit par année aux USA où tout type de meurtre est autorisé, afin de faire « le ménage » dans la société en éliminant les plus faibles et défavorisés, et histoire de bien arranger le gouvernement qui ne doit pas sortir grand-chose de ses poches.

Il est à souligner que la trilogie (jusqu’à présent) de James DeMonaco (réalisateur et scénariste) essaie de gagner du terrain à travers chaque épisode, et répandre ainsi la terreur. Après un premier film dans lequel une famille essayait de survivre à la Purge après une attaque dans leur maison, et une suite où l’on suivait un groupe de personnes tentant de fuir difficilement celle-ci dans la ville, ce troisième épisode nous emmène maintenant à la rencontre de la Sénatrice Charlene Roan, à la tête de la prochaine élection présidentielle (en raison de son souhait d’éliminer la Purge), et de son garde du corps, qui n’est autre que l’ancien officier de police Leo Barnes, déjà vu dans le second épisode.

Afin de se mettre à la place du peuple, de pas créer la polémique et ne pas perdre des voix électorales, la Sénatrice va se décider à rester chez elle le soir de la Purge, ce qui ne sera évidemment pas de tout repos, étant donné le souhait de nombreuses personnes de vouloir l’éliminer afin de conserver cette horrible nuit.

À l’inverse de « American Nightmare 2: Anarchie », cette nouvelle nuit n’en arrive pas à la hauteur, le scénario étant trop occupé à faire rôder la principale intéressée d’un endroit à l’autre, protégée coûte que coûte par son agent de sécurité. Ainsi, ceux-ci ne sont jamais vraiment confrontés aux « purgeurs » (ou en tout cas, on ne ressent que trop peu le danger, qui n’en devient donc pas imminent). Exit donc le suspense et la violence accrue, pervertissant de toute manière nos yeux.

De plus, jusqu’à maintenant, les raisons de tels agissements restaient plutôt discrètes de la part des « purgeurs ». Il semble ici que le réalisateur ait voulu en montrer le pourquoi. Et malheureusement, on se rend vite compte qu’il s’agit là d’un trip halluciné, dans lequel ces « purgeurs » souhaitent défendre une cause inexistante, qui amène plus à rire, qu’à craindre.

Pas de doute: « American Nightmare 3: Elections » est le moins bon des trois épisodes, et n’a donc pas pu continuer sur la lancée, car trop dissipé. C’est bien dommage, car le film a de la ressource, et cache des idées dérangeantes à exploiter, qui font notamment écho dans l’actualité. Reste alors à espérer que le bruit des sirènes signalant le début de la Purge glaceront davantage le sang dans le quatrième épisode…

« Débarquement Immédiat », de P. de Chauveron (13/07):

Débarquement immédiat - critique - Philippe de Chauveron - Saddoun - Abittan - LecomteDifficile de passer après un succès à douze millions d’entrées… Après « Qu’est-ce qu’on a Fait au Bon Dieu? », le réalisateur Philippe de Chauveron remet en scène Medi Sadoun et Ary Abittan, déjà présents dans son précédent film.

Pour essayer de surfer sur la vague du succès, Chauveron est reparti une nouvelle fois d’un thème d’actualité (à savoir l’expulsion de territoire), à la façon d’un buddy movie, sauf qu’ils sont trois personnages principaux. Ary Abittan et Cyril Lecomte incarnent les policiers chargés de ramener au pays un Pakistanais (qui n’en est pas un), interprété par Medi Sadoun.

Si on se surprend à rire quelquefois, et à passer globalement un « bon moment », c’est au crédit de l’oubli de la débilité du scénario, étant donné la succession de péripéties improbables, et le surjeu de Medi Sadoun (notamment un accent pas possible). Heureusement, le duo Abittan/Lecomte réserve quelques perles, et la mise en scène sans temps mort du réalisateur permet au film de se regarder.

« Dans les Forêts de Sibérie », de S. Nebbou (13/07):

Dans les forets de Sibérie - Critique - Nebbou - PersonnazQuitte à passer les frontières, rien de tel que d’embarquer pour la Sibérie, avec les chaleurs actuelles que nous vivons…

C’est en tout cas ce qu’a décidé de faire Teddy, fuyant ainsi le monde qui l’entoure, afin de satisfaire sa soif de liberté. Il s’installera alors, seul, dans une cabane, sur les rives gelées du lac Baïkal… Mais cette aventure ne se déroulera pas comme initialement prévu, puisqu’il y fera une rencontre, devenant alors essentielle dans son périple…

Attention les yeux… Comme son nom l’indique, ce film a été tourné dans les véritables décors naturels de Sibérie, au bord du lac Baïkal. Les somptueuses images ainsi montrées laissent transparaître toute la beauté et l’isolement d’un tel lieu (un drone ayant même été utilisé). Librement inspiré du roman autobiographique de Sylvain Tesson (il n’est aucunement question d’une amitié dans sa propre histoire), cette aventure oxygène le spectateur, en le conduisant tout droit dans une parenthèse, le temps d’un film.

Principalement le seul acteur, Raphaël Personnaz y donne du sien, jusqu’à se montrer dans son plus simple appareil. Son interprétation convainc amplement, montrant ainsi tout le jeu naturel de cet acteur, à la filmographie bien choisie.

A l’image de « Into the Wild » (de Sean Penn) ou « Wild » (de Jean-Marc Vallée), « Dans les Forêts de Sibérie » se regarde comme un rêve hors d’atteinte, transposant cette envie/besoin d’évasion, et son passage à l’acte, jusqu’à cette rencontre, fictive, et au service du septième art. Une oeuvre qui fait la part belle à cette rencontre avec la nature sauvage, encore intacte.

« Bad Moms », de J. Lucas et S. Moore (03/08):

Bad Moms - Critique - Lucas & Moore - Mila Kunis - Kristen Bell - Christina Appelgate - Jad Pinkett-Smith« Bad Moms » est le film du mois pour filles, puisqu’il est question d’une mère de jeunes enfants (Amy), dont la vie ressemble à un calvaire… En gros, elle s’occupe de tout (enfants, ménage, courses, boulot, etc.), pendant que son mari se tripote depuis dix mois avec une blonde via webcam…

S’il ne s’agit pas dans ce film d’un enterrement de vie de garçon (le scénario est signé par les scénaristes de « Very Bad Trip »), il s’agit ici d’un brûlage de culotte, mais pas pour les mêmes raisons. Car évidemment, elle se rebellera (avec deux nouvelles copines) contre sa vie. Pourtant, on n’évitera pas la fameuse remise en question après faits, la guéguerre entre femmes, ou encore le départ des enfants chez leur père. Mais heureusement, tout rentrera dans l’ordre, avec à sa clef le beau veuf du coin, ayant toujours craqué pour elle (sans qu’elle le sache).

On ressent ici assez bien toute la sympathie dégagée par le scénario, et l’envie de permettre au spectateur de décompresser, sans devoir réfléchir (une seule seconde, d’ailleurs). On sourira d’ailleurs quelques fois. Mais malheureusement, cette histoire ne sort jamais des sentiers battus, ne prend aucun risque, et ne présente aucune originalité. On s’enfonce alors dans les poncifs du genre, en rejoignant par la même occasion une liste de films qui n’en finit plus de s’allonger… « Bad Moms » est un fourre-tout du cliché contemporain sur la vie de mère de famille.

« Camping 3 », de F. Onteniente (29/06):

Camping 3 - Critique - Fabien Onteniente - Brasseur - Demongeot - Laroque - DuleryPrès pour réenfiler le maillot rose pour la troisième fois? Car Franck Dubosc, alias Patrick Chirac, est de retour pour de nouvelles vacances   auau Camping des Flots Bleus, pour le troisième film du nom, réalisé par Fabien Onteniente (qui avait déjà signé les deux films précédents). Et c’est triste à dire, mais cette nouvelle aventure se rapproche de peu d’un des pires navets de l’année, j’ai nommé les « Visiteurs 3: la Révolution »…

À l’instar des suites dans le paysage francophone, rares sont celles de bonne qualité, ou encore meilleures que leur modèle… Et sans surprises, « Camping 3 » est un réchauffé très tiède de ce qui a déjà été fait précédemment.

Ne racontant absolument rien, d’un rythme platonique et d’un humour aux abonnés absents, « Camping 3 » se regarde comme un très, très mauvais épisode de « Camping Paradis ». Bref, on s’ennuie.

« Bastille Day », de J. Watkins (13/07):

Bastille Day - Critique - Watkins - Idris Elba - Richard Madden« Bastille Day » est un film maudit. Après sa sortie simultanée chez nos voisins français le 13 juillet dernier, le film y est alors retiré des salles trois jours après suite à l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice, du fait de la similitude du contexte avec ce drame, étant donné qu’il est question dans ce film du déjouement d’un attentat lors de la fête nationale française…

Malgré une première partie très efficace, où l’on suit un personnage qui va se retrouver (malgré lui) la cible des forces spéciales, il ne faut pas trop réfléchir par rapport aux faits présentés ici. Car « Bastille Day » s’enfonce avec, et dans, les grosses ficelles du genre.

Au final, il ne s’agit que d’une banale course-poursuite se regardant comme tout ce que l’on a déjà vu. Cependant, le sympathique duo formé par Idris Elba (le futur James Bond?) et Richard Madden (« Game Of Thrones ») amène un jeu du chat et de la souris plaisant, alors que le reste du casting laisse à désirer (Charlotte le Bon, José Garcia, Kelly Reilly)… Tout juste divertissant.

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