Conférence sur le bonheur en Avignon avec Walking thérapie

Avignon, on y danse, c’est bien connu… mais on y marche aussi! La preuve avec Nicolas Buysse, Fabio Zenoni et la Compagnie Victor B.

WT_1Comme son nom le laisse justement penser, c’est en effet le principe du spectacle Walking thérapie proposé au Off d’Avignon mi-juillet. Pas question ici de s’enfermer dans une salle de spectacle et de d’asseoir 90 minutes dans un fauteuil +/- confortable (souvent moins que plus d’ailleurs). Ici, l’on marche, monsieur! Et si vous êtes gentil, vous pourrez vous asseoir quelques instants sur un tabouret Decathlon.

Dirigés par Fabrice Murgia (le nouveau directeur du Théâtre national… de Bruxelles – à ne pas confondre avec son frère David, lui c’est le théâtre national de Liège selon les Inrocks), les comédiens de théâtre et de cinéma Fabio Zenoni (« Je suis supporter du standard« , « Yamdam« , « Une brume un matin« ,…) et le namurois Nicolas Buysse (acteur fétiche de Xavier Diskeuve – entre autres ! -… mais aussi co-réalisateur du très touchant précité « Une brume un matin« ) y proposaient douze jours durant, à raison de deux représentations par jour, un spectacle drôle, déroutant, qui invite à se poser des questions sur la vie, le bonheur, la mort aussi, le tout en déambulant dans les rues d’Avignon, sous un soleil de plomb.

« Une conférence sur le bonheur et l’optimisme« , pas moins!

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Un spectacle déambulatoire dans une ville autant bondée que bruyante, où se cotoient touristes, spectateurs, artistes de rue (on y croise même des « punk à chien » – les pires expliquera Jean-François) et autres comédiens faisant la promotion de leurs spectacles, un défi rendu possible par un dispositif technique à la fois simple et ingénieux déjà éprouvé sur le spectacle « Trop de Guy Béart tue Guy Béart« : les spectateurs sont en effet reliés aux comédiens via des casques sans fil, pouvant ainsi saisir le moindre mot des deux comédiens, même ceux chuchotés que les passants ne peuvent entendre.

Une petite centaine de personnes, en file indienne, rit parfois d’une réplique d’un des deux « thérapeutes » alors à 50 mètres des spectateurs, suscitant des regards interrogatifs des clients des cafés à proximité, n’ayant pas réalisé qu’un spectacle se jouait devant leurs yeux.

A d’autres moments, ce sont quelques pas de danse, des sauts répétés voir un slam collectif qui animent cette joyeuse bande qui s’étire dans les rues d’Avignon.

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Une des forces de cette conférence sur l’optimisme réside dans la capacité des deux excellents comédiens à nous faire oublier rapidement qu’il s’agit d’une pièce – forcément écrite – et qu’il y a une part d’improvisation (laquelle?) voire une part de réalité.

Comme lorsque Jean-Yves (Nicolas Buysse) abandonne quelques instants le groupe à Frank (Fabio Zenoni) pour aller changer de micro. La panne est bien réelle. Le spectacle s’adapte. Frank doit alors meubler – improviser ? – et part en roue libre, nous raconte sa vie, sa séparation, son passage en hôpital psychiatrique… Mais quelle est la part d’improvisation? Il faudrait voir le spectacle deux fois pour le découvrir… et puis non, gardons cette part de mystère!

Ou encore lorsque les cent spectateurs entendent dans leur casque « on va passer devant le kebab untel, n’y allez pas, c’est le plus mauvais d’Avignon« . Est-ce vrai? Y a-t-il seulement un kebab de ce nom dans la rue? Jean-Yves le docteur alias Nicolas le comédien y a-t-il eu un repas décevant? Nous le saurons jamais… et le spectateur, emporté par le spectacle, serait bien incapable de se souvenir du nom du kebab une fois les rues enchaînées et le spectacle terminé. Du grand art.

Cette thérapie pédestre est produite par la Compagnie namuroise Victor B et l’on y retrouve cette ode à la joie qui traversait déjà toute la « Kermesse » en 2007. « Kermesse aux fleurs, kermesse du bonheur ». C’était déjà avec déjà Nicolas Buysse!

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Le spectacle était à Chalon après Avignon mais gageons qu’avec les contacts noués à Avignon, il tournera en France et en Belgique dans les prochains mois. Allez alors découvrir ce spectacle qui aurait toute sa place dans les petites de Namur, le Sablon bruxellois ou le Carré liégeois.

Un compte-rendu de Benoît Demazy

 

 

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