En direct de la planète Dour 2016 !

Dour 2016 a été l’édition de quelques records. Record de fréquentation tout d’abord : 235 000 festivaliers sur les cinq jours. Record ensuite du nombre de scène (9) et d’artistes programmés. Ajouter à cela l’absence remarquée de mademoiselle la pluie et on peut considérer que c’est une année grand crue ! On vous raconte de A à Z, du D au R.

Jour 1: Allô Dour ? Ici la Terre ! Me reçois-tu ?

Au premier jour (après J-C, euh non après la soirée d’ouverture) de Dour, on se demande si l’on doit prendre un k-way et des bottes, on prend la route et traverse le Hainaut, on tournicote pendant de longues minutes pour trouver le stade du Royal Francs-Borains, on présente notre carte d’identité à l’entrée (climat sécuritaire oblige), on s’élance d’un pas décidé vers le site de la Machine à feu, on crie doureuuuuhh… notre festival est définitivement lancé !

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Dour Festival  © FranFranPictures 2016

Quoi de mieux qu’une petite friandise pour nous mettre en appétit de musique ? Quoi de mieux qu’un Petit Biscuit pour nous mettre l’eau aux oreilles ? Le garçon a l’avenir devant lui (il n’a que 16 ans) et pourtant déjà le monde à ces pieds comme nous avons pu le constater dans un chapiteau du Labo plein à craquer. Armé de son touch pad et de sa guitare électrique, le jeune français de Rouen nous sert une musique électronique douce et raffinée qui a le don certain de nous envoûter. Le jeune public a en tout cas déjà faim de lui ! Petit Biscuit deviendra grand, à l’instar de Fakear avec qui la filiation musicale semble évidente.

C’est songeur et esquivant pudiquement quelques pas de danse que nous rallions La Petite Maison dans la Prairie (non, non on n’a pas trébuché) pour découvrir le groupe américain Rhye. Le bidouillage électronique laisse place cette fois à la voix et aux instruments ; il se dégage de cet enchaînement comme un air de confrontation entre nouveau et ancien. Il faut d’ailleurs, au nombre de spectateurs, déclaré le premier achi-gagnant. Et pour cause, la formation de Los Angeles peine à nous convaincre au premier abord. Le timbre à la Romy (de The XX) du chanteur Mike Milosh est certes intéressant, mais manque d’intensité pour réellement réussir à nous emporter. Ce sont finalement des morceaux instrumentaux plus rythmés qui retiennent le plus notre attention et nous tire quelque peu de notre léthargie. Notons quand même leurs deux tubes qui parviennent à tirer leur épingle du jeu : The Fall et Open.

Sur cette semi-déception il nous faut tenter un coup de folie… c’est pourquoi nous décidons de nous frotter au rap US de A$ap Ferg sur la scène principale The Last Arena. Un MC qui balance du son à tour bras et deux gars (dont Ferg on suppose) qui s’agitent sur la scène… on admire la performance (il mouille le maillot comme on dit), mais restons néanmoins totalement imperméables à cette musique tout en avouant notre parfaite inculture et en passant quelques minutes plus tard notre chemin. Dour, c’est bien souvent la rencontre avec des styles musicaux et des époques musicales qu’on a pas l’habitude d’écouter d’ordinaire, et c’est tant mieux !

C’est vers des territoires plus évocateurs que nous cheminons pour admirer la performance de Flavien Berger. Le français porte bien son nom tant il a le don de nous emmener dans les fonds et tréfonds de son univers new-wave planant et totalement décomplexé. Ses paroles en français d’une simplicité déconcertante résonnent en nous comme un ensorcellement… Flavien, nous irons où tu iras ! Nous le suivons notamment dans son Bleu sous-marin, nous arpentons avec lui la Rue de la Victoire (dont il nous apprend qu’il l’a écrit en Belgique, classe !), nous dansons frénétiquement au son de La Fête Noire,… L’atmosphère est légère, nous sommes comme en apesanteur ! L’équipage de ce drôle de vaisseau se voit agrémenté d’un membre supplémentaire lorsque le torché et tondu Jacques (qui jouait plus tôt dans la journée) vient ajouter le son cosmique de sa guitare électrique à deux morceaux du commandant Berger. Le voyage se fait intergalactique lorsque les extraterrestres de Salut c’est cool, évadés de leur planète Cubanisto dancing, se pointent sur scène pour défier la gravité de leur danse venue d’ailleurs. Pas de doute, nous venons d’assister à la réunion de bien drôles d’oiseaux, et franchement on en redemande ! Petit bémol cependant au niveau du son qui ne nous a pas semblé à la hauteur (interstellaire, il est vrai) du concert.

Une demi-heure plus tard, même endroit, c’est un autre drôle de personnage qui nous donne rendez-vous. L’américain Dan Deacon, ou le roi de la déconne (et ce n’est pas qu’un mauvais jeu de mot), accompagné d’une batteuse de feu, balance des beats accrocheurs et festifs pour danseurs fous. Le mec, habillé d’un short et d’un t-shirt mettant en valeur son allure de bonhomme, se fait animateur de sa propre musique. Entre chaque morceau (euh son, sonorité !?) il s’époumone à proposer diverses activités à ses spectateurs à tel point qu’on se croirait presque dans un club de vacance. On avoue qu’on ne connaissait pas mais on en est déjà dingo… Dour est découverte… Merci Dour ! Le Labo porte décidément bien son nom : il s’agit bien d’un lieu d’expérimentation. Mais à peine nous avons le temps de nous réjouir du véritable show proposé, que déjà Mac (non, il n’y a pas de placement de produit) nous appelle dans le chapiteau d’en face.

On arrive dans une Petite Maison presque trop étroite, pas de doute Mac DeMarco est bien l’une des têtes d’affiche de la soirée. Des synthés et guitares planantes et un chant nonchalant nous emportent sur une mer de coolitude sans vague et sans écueil que l’on souhaiterait ne plus jamais quitter. Les tubes langoureux s’enchainent : Salad Days, Ode To Viceroy, Let Her Go, Chamber Of Reflecion,… Un beau moment de lâcher-prise sensoriel dans ce monde de raison ! Puis le canadien décide au milieu du concert de partir dans un véritable rodeo de guitare (en jouant même derrière sa tête) ! Le garçon démontre tout son talent sans jamais se prendre au sérieux, et c’est vraiment coolos ! Another One et No Other Heart finissent de conquérir notre petit cœur… On est bien, on est zen (à l’image de la casquette avec le yin et le yang que Mac arbore) … le secret du bonheur ? On n’est pas loin de le penser ! Qui a dit qu’on plane autrement que par la musique à Dour? Certainement pas nous!

L’electro instrumentale d’Odesza agrémenté d’un visuel travaillé accompagne nos pas qui se dirigent tout doucement vers les bras de Morphée !

Ah oui, non, on allait oublier ! Entre temps on a vu The Prodigy … et pour le dire franchement on s’en souvient déjà presque plus. Trop d’énergie, trop de tout,… ça nous a vite fatigué !

Ce jour 1 (après J-C, euh non après la soirée d’ouverture) est très certainement celui des êtres venus d’ailleurs (on pense à Flavien Berger, Jacques, Salut c’est cool, Dan Deacon, Mac DeMarco)… et Dour semble ne pas avoir son pareil pour les dénicher ! Une tentative de tromper l’époque morose et anxiogène que nous vivons ? Peut-être !

 

Jour 2 : La femme est l’avenir de Dour !

Au deuxième jour (après J-C, euh non après la soirée d’ouverture) nous avons croisé des licornes, des saoudiens qui distribuent des dollars, des porteurs de parasol, des laveurs de mains, des bananes géantes… oui à Dour, la diversité n’est pas que musicale !

En ce début d’après-midi, c’est une nouvelle fois le chapiteau intimiste du Labo qui nous donne rendez-vous pour admirer les Blondy Brownie. Une blonde, un brune (non pas des bières, elles sont trop chères à Dour) et une flopée de jolis garçons pour servir leur délicieuse et sucrée pop (oui, nous aime bien commencer nos journées par une petite douceur (cfr. Petit Biscuit)). C’est ainsi que l’on retrouve avec grand plaisir Boris Gronemberger de Girls in Hawaii (vous avez dit Girls, coïncidence, … euh je ne crois pas) à la batterie. Mais ce n’est pas tout, car ces filles sont pleines d’atouts dans leurs manches. Dans le cadre de leur futur album Almanach, Aurélie Muller et Catherine De Biasio ont décidé de sortir une chanson par mois avec à chaque fois un featuring masculin. C’est dans cet esprit que Stéphane Debersy vient tout d’abord les rejoindre pour un morceau à la trompette. C’est ensuite au tour de Timothée Philippe (plâtré) de BRNS de venir jouer de la batterie et chanter Le Premier Jour. La fête continue avec le chanteur flamand Vinz qui vient entonner Jamais Toujours avec une voix de crooner italien. Mais la surprise est totale lorsque cette joyeuse troupe se lance dans une surprenante reprise du générique du dessin animé Les Mystérieuse Cité d’or. Dans le public on aperçoit des musiciens du groupe Italian Boyfriend (aussi programmé à Dour) … on a comme l’impression d’assister à la communion sacrée des groupes belges… et ça tombe bien car ce vendredi Le Labo arbore une programmation 100% noir-jaune-rouge! Qu’on se le dise notre scène nationale a du talent et ces charmantes demoiselles se chargent de nous le rappeler ! Merci !

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Blondy Brownie © FranFranPictures 2016

De femme, il est toujours question, ensuite… et quelle femme !!! La ténébreuse Jeanne Added et sa coiffure blanche bien sûr! Pas de chichi, la française donne tout d’entrée. Sa voix est d’une rare intensité et chaque parole semble scandée comme un cri qui vient du plus profond de ses entrailles. On ne peut alors rester insensibles aux émotions qu’elle nous propose au travers de son rock-electro. On pense à l’effroi inspiré par le tribal A War Is Comming, à l’illusion déçue contenue dans le très joli Look At Them, à l’amour passionné qui transpire dans Be Sensational. Le charisme et la présence de la Rémoise a définitivement fini de nous charmer… une artiste très certainement à suivre !

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Jeanne Added © FranFranPictures 2016

Au deuxième jour, on a voulu jeter un coup d’œil au Cubanisto Dancing pour voir comment les pensionnaires de Salut c’est cool tiennent leur affaire. À l’entrée, on trouve une banderole avec écrit Fashion Show, voilà qui a le don d’attiser davantage encore notre curiosité. D’après nos informations, ils avaient consacré le premier jour (après J-C, euh non après la soirée d’ouverture) à un atelier peinture (si, si)… tout un programme! On avoue qu’on n’a pas tout compris à ce qui se passait, mais fallait-il seulement comprendre quelque chose ? Des beats technos, des paroles chantées de temps en temps, un jeu vidéo de bagnole projeté par leur ordinateur, des gens déguisés, une foule d’objets sur la scène,… bref un joyeux bordel ! Les parisiens semblent avoir dépassé le stade du simple phénomène, et deviennent tout doucement une véritable culture, celle du n’importe quoi assumé, avec un contingent grandissant d’adeptes. L’avenir du monde ? Why not ?

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Salut c’est cool © FranFranPictures 2016

En parlant de grand n’importe quoi, les flamands de Kenji Minogue ne sont pas mal non plus dans leur genre. Le choc est d’abord visuel : deux chanteuses en collants multicolores, un batteur avec une tête de sanglier, un guitariste en collant blanc et une image de cheval affichée derrière eux… Il faut ajouter à cela un mec qui se balade sur la scène avec un skateboard se chargeant de l’animation entre les morceaux à coup de «you’re wonderful». Vous avez dit kitsch… non peut-être !? Au niveau musical (enfin musical…) le chant, euh non le beuglement bovin, est en néerlandais, le tout sur fond d’electro-techno-funk. Le public du Jupiler Dance Hall semble apprécier le divertissement. Nous, on a comme l’impression d’avoir assisté à un carnaval ou à une kermesse bizarroïde de fin de soirée… mais on a quand même bien ri !

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Kenji Minogue © FranFranPictures 2016

Le temps de revenir de la planète des «pas vraiment avec nous», nous nous retrouvons devant Le Colisée. Non non on n’a pas pris le premier vol qu’on trouvait pour Rome, il s’agit du projet musical du jeune David Nzeyimana. Il se dégage de ce dernier une présence magnétique qui nous bouleverse véritablement ! Accompagné de musiciens de talent dont l’union fraternelle est parfaite, le garçon semble vouloir nous démontrer que l’amour transcende l’espace et le temps, comme en témoignent le titre des chansons : Vie Eternelle, La Fin Des Temps, Osaka, Barcelona, … ou encore leur nouveau morceau Age Of Love ! En témoigne aussi les nombreux câlins distribués au public comme de tendres friandises. Les mélodies et le chant tantôt en français tantôt en anglais sont légers et aériens et transpirent de douceur ! Si Dour c’est l’amour, Le Colisée en est très certainement le plus bel apôtre ! Mais pas le temps de prendre notre pleine dose d’amour car La Femme (encore une !?) se fait déjà entendre au loin ! L’horaire de ce vendredi brise notre petit cœur de festivalier qui doit faire des choix… choisir, c’est renoncer… Dour, c’est aussi de la frustration !

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Le Colisée © FranFranPictures 2016

La Petite Maison semble une nouvelle fois bien étroite pour accueillir tous les festivaliers venus acclamer La Femme. Le groupe français, composé d’une femme (La Femme ?) et de cinq hommes, arrive dans des tenues qui semblent tout droit sorties d’un grenier. Il ne faut pas longtemps pour que leur rock-electro-chanson française toutes guitares et claviers vintage dehors ultra référencé eighties enflamme la foule, qui bientôt se lance dans un pogo énergique. Il faut dire que les spectateurs sont ravitaillés par le groupe lui-même qui balance des canettes de « Jupi » (comme disent les français). Où va le monde ? chantent-ils sur le nouveau morceau (leur prochain album paraîtra le 2 septembre)… on se pose la même question lorsque les affreuses nouvelles concernant leurs compatriotes niçois nous arrivent (et oui on n’est jamais totalement déconnecté à Dour). Mais ces musiciens de Biarritz ne veulent pas succomber aux sirènes de la peur et nous proposent plutôt de la légèreté, comme sur cet autre nouveau titre : Mycose … et ça fonctionne ! Pas de doute, dans la Petite Maison, le public de Dour ressent des sensations !

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La Femme © FranFranPictures 2016

Nous finissons notre journée avec les envoûtants liégeois de Dan San. Ceux-ci méritent assurément la médaille du courage puisqu’après avoir assuré un concert aux Ardentes, ils enchaînaient dès le lendemain une série de concerts au Canada (impossible n’est pas liégeois) pour ensuite revenir directement performer à Dour… vous avez dit passionné ? Oui sûrement ! La douce et harmonieuse néo-folk des « Principautaires » semble tourner la manivelle d’une boîte à musique dont la mélodie déroule le fil d’une vie faite de joies, de peines, de doutes, de voyages introspectifs, d’envies d’évasion,… Leur dernier opus Shelter n’est pas une suite de chansons, c’est véritablement l’histoire comptée de tout un chacun. C’est ainsi que le concert s’ouvre, comme sur l’album, par la jolie introduction que constitue Red Line (référence à Terrence Malick ?). On se laisse ensuite porter par les superbes singles que sont America et Dream. On est ému par le début a capella de Gone Home. On est aux anges lorsque le groupe décide d’entonner leur crépusculaire reprise de David Bowie : Heroes. On est enchanté lorsque la batterie lentement s’éteint sur Somewhere. Le temps a suspendu son court… notre scène nationale a du talent on vous dit!

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Dan San © FranFranPictures 2016

Au jour 2 (après J-C, euh non après la soirée d’ouverture) les femmes ont donc globalement pris le pouvoir de Dour, et franchement un peu de sensibilité et de délicatesse féminine ne fait pas de mal dans ce monde de brutes !

Jour 3 : Splendeurs et décibels…

Au troisième jour (après J-C, euh non après la soirée d’ouverture) on se dit qu’on va échapper à la mythique boue de Dour ! On échange donc nos bottes contre de la crème solaire (mais ça sent un peu l’arnaque) ! Au troisième jour (après J-C, euh non après la soirée d’ouverture) on discute également avec des inconnus venus de partout, Dour est bon esprit, Dour est amour, Dour est rencontre !

Pour commencer la journée, on a voulu faire un nouveau point Salut c’est cool… mais est-ce bien nécessaire ? Une nouvelle banderole annonce cette fois un espace canin… mais qu’est-ce que ces zinzins ont encore bien pu nous inventer ? On constate avec étonnement que l’entrée du Cubanisto Dancing a été transformé en cascade… il semble que les parisiens veulent nous offrir une douche gratuite à nous, gentils petits toutous que nous sommes ! Quelle générosité ! À l’intérieur du chapiteau on trouve des branches d’arbre accrochées aux poteaux … et oui Salut c’est cool s’occupe même de l’entretien de la végétation du site de Dour ! Quelle générosité (bis)! Merci Salut c’est cool d’être là, super sympa… À nouveau, on ne comprend pas trop ce qui se passe et on finit par se dire que c’est tant mieux !

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Salut c’est cool © FranFranPictures 2016

Alors qu’on attend avec impatience le concert d’Odezenne programmé dans le Jupiler Dance Hall, on décide de se faire une petite trilogie de concerts qui se chevauchent. On commence avec le ghanéen Pat Thomas (& Kwashibu Area Band) qui déverse ses afro-beats dans le Jupiler Dance Hall. Sa voix chaude nous ravit tout comme les musiciens qui l’accompagnent. On enchaîne directement ensuite avec le rock psyché des londoniens de FEWS d’une efficacité assez déconcertante. Une belle découverte ! On termine par le rock dur et suintant des bordelais de J.C. Satan. Emmené par une chanteuse énergique, une batterie martelée et des guitares maltraitées, ce groupe semble tout droit sorti des flammes de l’enfer. Cet enchaînement n’était pas des plus évidents, la montée crescendo en décibels qui va avec ne l’est pas non plus ! Mais on doit avouer éprouver un certain plaisir à vagabonder de scène en scène et Dour qui en compte neuf aux atmosphères très variées est très certainement le meilleur festival belge pour nous y adonner.

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FEWS © FranFranPictures 2016

Le concert d’Odezenne était dès le départ annoncé comme un moment fort du festival. En effet, un KissKiss BankBank avait été organisé afin de vendre un maximum de poupées gonflables (Love Dolls) pour faire la fête durant la prestation des bordelais. Les bénéfices de cette action étaient reversés à l’opération « Père Noël est un Rockeur » événement annuel de l’asbl GO GO GO qui permet d’acheter des jouets pour les enfants défavorisés. Un happening joyeux et très réussi ! 

Mais revenons à nos moutons, euh à nos poupées, euh à Odezenne. Odezenne ou comment mêler langage vulgaire et poésie viscérale, on comment mixer rap, slam, chanson française, rock et électro… ces gars-là ont véritablement le sens du mélange ! Et le cocktail fonctionne à merveille … Souffle le vent nous prend aux tripes, Je veux te baiser est repris est en cœur par une foule survolté, Bouche à lèvre nous fait danser, Vodka nous donne l’ivresse… malgré un problème de son, la teuf est totale !

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Odezenne © FranFranPictures 2016

Porté par l’ambiance de ce à quoi nous venons d’assister, nous décidons de partager nos pas chorégraphique entre les goods vibes de Panda Dub live Band et de Gramatik, en attendant l’événement de la soirée, voire du festival : la prestation post-rock de Sigur Ros.

Avant de s’illustrer tout récemment sur la scène footballistique européenne, l’Islande est connue depuis bien longtemps pour sa musique. La légende veut que chaque habitant de l’île de glace soit musicien. Ce samedi soir, c’est le groupe culte Sigur Ros, éminent représentant de cette ferveur musicale islandaise, qui s’apprêtait pour la première fois à fouler les planches de la Last Arena de Dour… autant dire qu’il était très attendu. Pour leur retour après quatre années d’absence, les trois musiciens de Reykjavik se présentent seuls sur scène (eux qui sont d’ordinaire habitués à tourner avec un véritable orchestre) pour une formule épurée reconcentrée sur l’essence des morceaux. Ils comblent néanmoins l’espace gagné par cette formation en mode restreint par une installation impressionnante d’écrans en tout genre qui permettent de projeter des visuels tout simplement époustouflant.

La voix glaciale et extraterrestre de Jonsi, le feu de la guitare basse de Goggi et de la batterie d’Orri ne mettent pas longtemps à nous attraper le cœur ! Le concert débute par leur nouvelle chanson Ovedur (présentée il y a quelques semaines déjà à la fin d’une vidéo de 24h qui proposait aux internautes de faire le tour de l’Islande en suivant la route 1) qui annonce un futur album avec des sonorités plus électroniques. Le son venu d’ailleurs produit par l’archet sur la guitare électrique de Jonsi nous fait véritablement frissonner de tout notre être… nous sommes complètement subjugués par la performance ! La montée progressive en intensité de Festival nous met tout simplement chaos ! Le concert s’achève par le traditionnel épique et orageux Popplagid. En cette quatrième soirée, Dour est un ilot de rêves et de songes perdu au nord de l’océan atlantique !

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Sigur Ros © FranFranPictures 2016

Après ce moment hors du temps difficile d’encore écouter quelque chose ! Il nous fallait trouver une transition qui préserve notre bulle planante. Nous la trouvons du côté de Pantha du Prince. Les allemands Hendrik Weber, Scott Mou et Bendik Hovik Kjeldsberg, coiffés chacun d’une sorte de bol sur la tête, semblent vouloir capter les ondes cosmiques. Ça tombe bien nous venons de quitter l’atmosphère terrestre avec Sigur Ros. Nous nous laissons donc porter par cette deep house ambiante qui ravit nos sens.

Au jour 3 (après J-C, euh non après la soirée d’ouverture) la fête aux décibels autour des concerts de Fews, J.C. Satan et Odezenne côtoye la splendeur introspective de Sigur Ros et Pantha du Prince… à Dour on passe décidément par toutes les émotions.

 

Jour 4 : Voyage voyage dans l’espace inouï de Dour…

Au quatrième jour (après J-C, euh non après la soirée d’ouverture) on va se reposer au Bar du Petit bois car la fatigue commence à se faire sentir. Ce lieu intime et préservé au cœur du festival fait figure de véritable oasis ! Joliment décoré et ambiancé par divers djs qui se succèdent tout au long de la journée, il est l’endroit parfait pour boire un verre en toute convivialité ou pour faire une sieste à l’ombre des arbres. Mais comme toute belle chose se mérite, sa capacité limitée engendre parfois des files à son entrée.

En cette dernière journée, on a voulu s’assurer une dernière fois que Salut c’est cool avait survécu au cinq jours… et on rassure leurs familles : ils sont non seulement toujours vivants mais ils sont également toujours aussi torchés… nous, on parie sur leur retour l’année prochaine !?

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Salut c’est cool © FranFranPictures 2016

Au Jupiler Dance Hall nous retrouvons Clément Bazin qui s’agite seul avec son touch pad et son tambour. Le français produit un électro catchy et dansant qui mériterait très certainement d’être programmé plus tard dans la journée. Il nous gratifie même de quelques remixes bien rythmés. On mise sur une montée de sa côte de popularité très prochainement !

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Clément Bazin © FranFranPictures 2016

Dans un tout autre registre Ho99o9 nous a bien impressionnés. Le hip hop, métal, punk hardcore de ces deux américains du New-Jersey écrase tout sur son passage. Agrémenté d’images pour le moins anxiogènes et inquiétantes, il se dégage une véritable animalité et bestialité de leur performance. Il paraît que le nom du groupe se prononce Horror, nous, on a quand même eu un peu peur ! Nous sommes néanmoins restés fascinés par la démonstration de force !

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Ho99o9 © FranFranPictures 2016

En ce dimanche nous avons voulu aussi faire honneur à la programmation 100% world du Labo. Notre voyage commence au Brésil avec Emicida. Son chanteur Leandro Roque de Oliveira nous sert un hip hop bien senti accompagné par une musique chaloupée. C’est frais et dansant et ça fait un bien fou. Nous devons provisoirement interrompre notre périple pour rejoindre les canadiens de Suuns.

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Emicida © FranFranPictures 2016

On attendait les Suuns avec impatience et franchement, mis à part un son un peu trop saturé, ils ne nous ont pas déçus !  Les montréalais se présentent en rang serré sur la scène telles des soldats prêts à en découdre ensemble. Ils balancent d’entrée dans la bataille l’entêtant et incantatoire Instrument et le bizarroïde, dégoulinant et anxiogène 2020. Soudain, Suuns apparaît en lettres gonflables derrière eux… le concert est définitivement lancé sur un flux tendu comme une corde raide. Une intensité qui jamais ne cessera tout au long de cette performance à la sonorité rock-électro travaillée, complexe et expérimentale. On éprouve une certaine jouissance à suivre cette musique labyrinthique à l’aspect parfois glacial et glaçant !

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Suuns © FranFranPictures 2016

Nous reprenons notre exploration du monde au nord de l’Afrique avec les égyptiens Islam Chipsy & EEK. Un clavier au centre et deux batteries sur les côtés : le son se fait délicieusement orientale. On se surprend à esquiver une petite danse du ventre. Un vrai beau moment de dépaysement !

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Islam Chipsy & EEK © FranFranPictures 2016

Nous repartons vers le sud pour conclure notre aventure en terre africaine avec les congolais de Mbongwana Star. On est très heureux de retrouver deux paraplégiques du Staff Benda Bilili qui n’ont rien perdu de leur sourire et de leur énergie. On avait été très ému au moment de découvrir en 2010 le documentaire racontant l’histoire du groupe né dans les rues de Kinshasa. Mais c’est une formule bien différente qu’ils nous présentent : plus rock, plus contemporaine, plus accrocheuse… les guitares électriques prennent ici une place importance… et la sauce prend plutôt bien. On n’est pas déçus par ce tournant surprenant et on ne demande qu’à le suivre !

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Mbongwana Star © FranFranPictures 2016

C’est sur ce petit air d’Esperanzah que notre Dour se termine… Dour Dour sera le retour à la réalité ! A l’année prochaine Doureuuuuh!

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Dour Festival © FranFranPictures 2016

Les organisateurs annoncent d’ores et déjà la création d’un nouveau rendez-vous automnal baptisé BXL MON AMOURRR afin de mieux faire patienter ses festivaliers avant la prochaine édition de Dour. Sont déjà annoncés côté programmation : Carl Craig, Apollonia, Pional, Pierre et Cleveland.

Mise en vente des tickets : lundi 18 juillet (18h) au prix de 30 euros via www.monamourrr.be

Prochain Dour Festival du 12 au 16 juillet 2017.

PS : Je souhaite remercier Loïc Bodson, Julien Gaspard et Adrien Duchesne qui ont été d’agréables et bienveillants compagnons de route ! Merci aussi à Alexis Seny et Marie Epinat de m’avoir fait confiance !

François Detry (FranFran World Compagny)

 

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