Nains, t.4: Oösram des errants, au nom du père et des pairs impurs

Pas de répit pour les Nains. Pour le quatrième tome de cette série de one-shot bien torchée (parlons bien, parlons nain), c’est avec Jean-Paul Bordier que le scénariste et initiateur de cette épopée, Nicolas Jarry, continue son périple en territoire nains. Et comme au jeu du cas par cas, l’histoire est toujours différente, c’est un combattant déchu et exilé que le tandem met en lumière dans Oösram des errants. Avec toute la question de la responsabilité, de la passation de pouvoir et du sacrifice. Le tout dans un esprit parfois western, finalement épique.

Nains - T.4 - Oosram des errants - Jarry - Bordier - Assemblee

Résumé de l’éditeur: Toute révolte commence dans les larmes et finit dans le sang. Oösram était le plus grand général de la forteresse de Goll-Garsëm, mais il a trahi son ordre et son roi. Depuis il n’est plus rien. Sa barbe a été coupée, ses biens confisqués, sa gloire oubliée. Lui et sa famille sont désormais des Errants, travaillant la terre, soumis aux caprices des puissants. Avec le temps, Oösram pense avoir fait le deuil de son ancienne vie, mais peut-on renier ce que l’on a toujours été ?

Nains - T.4 - Oosram des errants - Jarry - Bordier - Guerre

On passe d’une forteresse (celle du troisième tome où était enfermé un diabolique trésor) à l’autre, mais les héros ne se ressemblent pas pour autant. Cette fois, c’est à un patriarche que Nicolas Jarry passe le flambeau de cette course-relais qui ne faiblit pas. Et le scénariste prend ici le parti de retourner le propos du premier tome de cette série (et qui voyait un fils s’échapper du sillon tracé par le père) en voyant cette fois un père ayant perdu toute dignité, parce que trop avide, lutter pour offrir meilleur avenir à sa famille.

Nains - T.4 - Oosram des errants - Jarry - Bordier - torture

Variant intelligemment sur une intrigue somme toute déjà vue, les deux auteurs réussissent une nouvelle fois à plonger le lecteur dans un monde assurément fantasy sans pour autant ôter un certain propos sur le monde d’aujourd’hui où la précarité guette et où les migrants fuient vers des horizons meilleurs. Et d’horizon, il en est question, tant Jean-Paul Bordier (elficologue chevronné) arrive à jouer sur le ton du western (y passe même une carriole digne de Mas Max) sur les trente premières planches avec toute la tension que peut engendrer l’apparition d’un vétéran de guerre, blessé, meurtri par le destin mais acharné sur son but. On s’attendrait presque à voir surgir Clint, tant le dessin de Bordier en impose (et les couleurs du Digikore Studios en rajoute une couche) et réussit à combiner les genres, pour un final dans la pure tradition de la fantasy, avec une bataille épique tenant toutes ses promesses.

Nains - T.4 - Oosram des errants - Jarry - Bordier - combat

De son côté, Nicolas Jarry n’est pas en reste et semble de plus en plus faire corps avec son récit. Verbeux, Jarry ne lésine désormais plus sur les expressions naines (timides dans les précédents tomes), en usant sans en abuser et donnant une éclaircie humoristique sur l’histoire sombre de ce nouveau chapitre. Sans se hisser à la hauteur du chef d’oeuvre qu’était le premier album, Oösram des errants réussit à assurer la continuité, à affirmer toujours plus fort son statut grand public (pas que les geeks, donc, ni ceux qui ont déjà lu les trois premiers tomes) et à offrir un grand moment de BD mené tambour battant par des auteurs décidément très doués.

Nains - T.4 - Oosram des errants - Jarry - Bordier - Couverture

Série: Nains

Tome: 4 – Oösram des errants

(Récit complet)

Scénario: Nicolas Jarry

Dessin: Jean-Paul Bordier (Fb)

Couleurs: Digikore Studios

Designer: Pierre-Denis Goux

Sous la direction de Jean-Luc Istin

Genre: Heroic fantasy

Éditeur: Soleil

Nbre de pages: 58

Prix: 14,95€

Date de sortie: le 25/05/2016

Extraits:

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Et comme on ne peut définitivement pas s’arrêter en si bon chemin, voilà quelques bribes de ce que sera le cinquième opus, Tiss du bouclier, dessiné par Nicolas Demare (qui a l’air d’avoir sué plus que de raison pour offrir du spectacle qui risque de torgnoler). De quoi mettre l’eau à la bouche

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