De cases en grand écran, la BD fait parler les pionniers du 7ème Art

Miroir, mon beau miroir. Et si la BD se faisait le miroir du cinéma d’antan, de celui de grand-papa (ou peut-être est-ce d’arrière-grand-papa ?) ? Les liens entre cinéma et BD sont ténus, bien plus que laisse le croire leur place dans « l’échelle des arts » (quoi que du 7ème au 9ème, il n’y a pas grand chose). La preuve en deux bandes dessinées qui viennent de sortir. Pouvoir à l’image. 3, 2, 1, ça tourne, que ce soit la caméra ou les pages de ces morceaux d’histoire cinéphile.

La parole du muet: au cinéma, il n’y a pas de rêve chimérique qui tienne!

Dans La parole du Muet, Laurent Galandon traque ce moment révolutionnaire où le cinéma muet a balbutié ses premiers mots. Dans un Paris des années 20 fidèlement reconstitués et plus vrai que filmé, Galandon initie une fiction qui colle au plus près de l’histoire du Septième Art. Un petit bout de la lorgnette fascinant mis en images par Frédéric Blier.

La parole du muet - Galandon - Blier - strip tease

Résumé de l’éditeur: Parce qu’il se sent mal aimé dans sa famille, Célestin quitte sa province pour la Capitale où il espère bien réaliser son rêve d’enfance : faire du cinéma ! Mais lorsqu’on n’est qu’un obscur clerc de notaire, sans référence ni connaissances, un tel projet s’avère ardu. Malgré les conseils de son ami, Anatole Fortevoix, ancien bonimenteur, aujourd’hui directeur d’une salle de cinéma, qui l’incite vivement à retourner œuvrer dans l’office notarial paternel, Célestin trouve une place d’assistant décorateur dans un studio. Un premier pas qui galvanise suffisamment l’apprenti réalisateur pour que, de rencontres inattendues en situations burlesques, il s’engage sur des chemins de traverse, bien décidé à transformer son rêve en réalité…

La parole du muet - Galandon - Blier - Plateau de tournage

Par l’intermédiaire de la bonhomie de son personnage principal, La parole du muet est une fenêtre ouverte sur la petite histoire du Grand Écran. Sans s’encombrer de personnages ayant réellement existé, Galandon et Blier (un nom fait pour faire du cinéma même en BD) tournent leur propre version dans un esprit de polar (que rendent parfaitement les couleurs de Sébastien Bouet) comme on les aime et avec une once de mystère.

La parole du muet - Galandon - Blier - Personnages

Car oui, le tandem a pu retrouver la féerie des premiers pas du cinéma, quand la magie opérait encore (le projectionniste était-il un sorcier ou un savant?). Avec en plus le luxe du « All Access » qui nous emmène aussi bien sur le devant de la scène que dans les coulisses à la découverte d’un cinéma comme on en fait plus, techniquement et artisanalement. Et on dirait bien que les deux auteurs ont craqué l’allumette pour rallumer la lanterne magique!

La parole du muet - Galandon - Blier - course poursuite

La parole du muet - Galandon - Blier - couverture

Série: La parole du muet

Tome: 1 – Le géant et l’effeuilleuse

Scénario: Laurent Galandon

Dessin: Frédéric Blier

Couleurs: Sébastien Bouet

Genre: Histoire, Polar

Éditeur: Bamboo

Collection: Grand Angle

Nbre de pages: 48 (+ 8pp. de dossier)

Prix: 13,90€

Date de sortie: le 06/04/2016

Extraits:


Louise, le venin du serpent, l’amour de la vie sans lien ni menottes

On ne change pas vraiment d’époque mais on va quelques kilomètres plus loin. En Allemagne, mais aussi de l’autre côté de l’Atlantique. Car Chantal Van Den Heuvel et Joel Alessandra nous y emmènent pour suivre le destin entre muet et parlant d’une des actrices les plus sous-estimées du cinéma, remisée au placard comme un vulgaire accessoire après avoir défié Hollywood et la Paramount. Son nom: Louise Brooks, mais vous la connaissez mieux sous le nom de Loulou.

Louise - Le venin du serpent - Van Den Heuvel - Alessandra - enfance

Résumé de l’éditeur: Tu étais la beauté, l’esprit, la grâce incarnés. Et ton jeu était sublime. Pourtant, un seul film, Loulou, aura marqué ta carrière. Hollywood, « l’inhumaine usine à films », t’a très vite blacklistée. Parce que tu en refusais les règles ? Sans doutes… Mais aussi, tu disais de toi-même : « Je suis le poignard de ma propre plaie ». Pourquoi, Louise ?

Louise - Le venin du serpent - Van Den Heuvel - Alessandra - Crayonnes

« Je déteste Hollywood ». C’est peu dire que l’arrivée de Louise Brooks à Berlin, en octobre 1928, fut remarquée à plus d’un titre (de journal). Et sa réputation l’avait précédée: fêtarde sans limite, femme de caractère, actrice vénéneuse. Si Georg Wilhelm Pabst, l’expressionniste par excellence, veut en faire sa muse, il va falloir prendre son mal en patience, car Louise n’en fait qu’à sa tête. Pourtant, au-delà de sa popularité et de l’image qu’elle renvoie, Louise est une personnalité bien plus complexe et quelques fêlures endormies qui, telles un volcan, peuvent se réveiller à tout moment: une mère semblable à l’acariâtre belle-mère de Cendrillon, une carrière de danseuse injustement sabordée, un mari trop violent et intéressé…

Louise - Le venin du serpent - Van Den Heuvel - Alessandra - Balancoire suspendue

« La vie est une fête et un désastre », sans doute, cette phrase récente de Jean D’Ormesson ne peut que convenir à Louise Brooks. 17 ans seulement de carrière (dont une fin sacrifiée au rayon des scènes coupées au montage), et pourtant une aura qui flotte encore comme la fragrance d’un parfum bien connu de Cacharel. Ce n’est dont qu’un hommage bien mérité que rendent aujourd’hui Van Den Heuvel et Alessandra, avec classe et une étude fort bien ficelée d’un mythe déchu d’Hollywood. Jonglant habilement entre les différentes époques et mettant à profit une image léchée, en fusion avec l’époque cinématographique qu’elle raconte.

Louise - Le venin du serpent - Van Den Heuvel - Alessandra - Georg Pabsch

Le venin du scorpion est un témoignage fort sur la vie d’une femme qui a refusé la gloriole des starlettes pour vivre une vie entre les hauts et les bas, mais une vie bien remplie.

Louise - Le venin du serpent - Van Den Heuvel - Alessandra - Couverture

Titre: Louise – Le venin du scorpion

Récit complet

Scénario: Chantal Van Den heuvel

Dessin et couleurs: Joël Alessandra

Genre: Biopic, Cinéma

Éditeur: Casterman

Nbre de pages: 128

Prix: 22€

Date de sortie: le 18/05/2016

Extraits:

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