Dan San, l’ivresse des profondeurs en prélude des Nuits Botanique

Le mois de mai à peine entamé, voici déjà que les Nuits Botanique se mettent en marche, doucement mais sûrement, prêtes à faire vibrer notre si belle capitale. Et en ce dimanche estival, c’est Dan San qui a envahi le Cirque Royal pour une release party fébrilement grandiose.

En ce dimanche caniculaire jour de fête des mères, il en fallait du courage pour abandonner les barbecues familiaux et venir s’enfermer dans le Cirque Royal, pourtant d’emblée, après s’être imprégné de cet étonnant second album pendant quelques mois, nous savions que nous n’allions pas être déçus. Il faut dire que ce premier concert en Belgique vendait du rêve ; Dan San revenant, après une longue absence productive, pour nous présenter leur nouvel album, accompagnés d’une petite partie du Mons Orchestra.

Ensorcelant dès les premières notes, élégamment portée par un quatuor à cordes, Dan San, tout de blanc vêtus, sort de l’ombre, enveloppé dans une lumière feutrée qui laisse apparaître les six musiciens sous un aspect fantomatique. Et pour ouvrir ce bal divin, c’est Red Line qui est susurrée au public fébrile et, déjà l’émotion est au rendez-vous. On retrouve cette harmonie vocale douce et séduisante qui semble élever tout autour de la salle un véritable cocon délicat dans lequel on se blottit sans peine. Le voyage peut commencer, nous emmenant au cœur d’une nature romanesque, tantôt terrestre, souvent marine, d’où s’évapore une multitude de sentiments délicats qui semblent parler directement à l’âme.

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Les morceaux s’enchaînent et le groupe semble aussi dépassé que son public par ce grand moment qui est en train de s’orchestrer. L’adrénaline se fait sentir, montant crescendo, leurs interventions sont farouches, transpirant l’émotion, et pourtant ils sont à la hauteur, touchants et imparfaits, sans doute toute leur force réside-t-elle dans cette grande humanité qui les habite.

Ce soir, Dan San donne sans compter, à coup d’envolée instrumentale captivante et de magnifiques harmonies vocales voyant les voix de Thomas Médard et Jérôme Magnée s’accorder à la douce féminité de Leticia. La traversée de cet océan musical est grandiose ; Nautilius, Seahorse, Ocean, tous ces morceaux déjà incroyables sur l’album prennent dès lors une dimension supplémentaire, presque cosmique, et on ne peut qu’être ravi lorsque vient s’immiscer entre toutes ces nouveautés, un morceau plus ancien revisité, Question Marks. C’est alors que  l’on se rend compte du chemin parcouru depuis ce premier album, le groupe revient plus fort encore, nous livrant un album longuement mûri qui se révèle d’une profondeur inattendue.

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Dimanche 8 mai, un jour étrangement caniculaire (ben oui, pour un printemps!) qui restera gravé dans la mémoire de cette talentueuse formation liégeoise, comme un moment magique, suspendu hors du temps, d’un envoûtement rarement atteint. Une soirée magique marquée par une fascinante communion entre le groupe et son public, si eux ne sont pas près de l’oublier, nous non plus, c’est certain.

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