Emmanuel Moynot: « L’Original, c’est le constat de la fin du monde »

C’est sur les vestiges d’un casse des années 90, dans un monde révolu que le Bordelais Emmanuel Moynot revient aux affaires, noires et sanglantes comme il se doit. Avec son nouvel album, L’Original, l’auteur complet se fait témoin du dernier fait de gloire d’un vieux truand d’extrême-droite (qui n’a rien à envier à ceux qui peuplent les grands polars français) qui va s’associer avec des jeunes d’extrême-gauche. Sauf que tout ne va pas se passer comme prévu. Nous avons posé quelques questions à Emmanuel Moynot.

Photo de couverture signée Florian Belmonte
Photo de couverture signée Florian Belmonte (site: http://florianbelmonte.com/)

Bonjour Emmanuel Moynot, alors vous commencez votre nouvel album par un prologue, qui comme le titre, est original. Portrait de l’artiste en vieux con, pourquoi? À ce que je sache vous n’êtes ni vieux, ni con, non?

C’était une façon d’indiquer que même si je donnais des informations sérieuses, je ne voulais pas le faire sérieusement. Tout en admettant que même si je ne me prends pas toujours au sérieux, je suis capable de prendre le recul nécessaire pour anticiper l’avenir.

L'Original - Emmanuel Moynot - Casterman - prologue (1)

Il est important, d’ailleurs, ce prologue. Il resitue bien le cadre et le décor de cette histoire d’ancien barbouze sur le déclin tout en mettant les choses au net par rapport à l’apport que peut donner l’auteur de BD par rapport à ce qui est, au départ, un fait réel mais qui s’en éloigne. Encore plus à l’heure où la dénomination « inspiré de faits réels » a été banalisée et ne veut plus dire grand chose. On se demande parfois que croire ou pas.

Je trouvais ça important car sur cette affaire, qui est en fait celle de Rey-Maupin, il y a eu un gros ouvrage documentaire de Chantal Montellier. Et je ne voulais absolument pas faire croire que mon ouvrage se porterait sur le même terrain. Du documentaire, j’en ai déjà fait, si j’avais voulu en faire sur ces bases-là, je l’aurais fait. Il se trouve que cette histoire m’évoquait plus de fantasmes que de réalité, et c’est clairement vers ça que je voulais m’orienter. Déjà à l’époque quand l’affaire a été médiatisée, je me suis mis à imaginer une situation assez proche de celle qui est à l’oeuvre dans L’Original, où des jeunes gens fortement naïfs étaient manipulés par une voix qui serait venue de leur droite. Et j’ai juste mis 20 ans à trouver le biais suffisamment convaincant pour y arriver.

Du coup, comment y êtes-vous arrivé?

En croisant des personnages de mes recherches sur Pierre Goldman (ndlr. pour Pierre Goldman, la vie d’un autre) qui ont suscité le personnage de Picot, mon « héros ». Notamment René Rescinuti de Says qui est l’homme qui a revendiqué sur la fin de sa vie l’assassinat de Pierre Goldman. Il a des points communs avec Picot, son passage en Amérique du Sud, son engagement dans l’OAS, le SAC puis dans tous les courants les plus mystérieux et les plus extrêmes de l’extrême-droite.

L'Original - Emmanuel Moynot - Casterman - Picot

Finalement, on le sent ces derniers temps, on y revient (ou alors on n’en est pas sortis) de ces années noires de la France. Récemment, Collombat et Davodeau livrait une grand enquête en bande dessinée.

Étienne et moi, nous sommes issus d’une génération qui a grandi au moment de certaines affaires. Il faut bien y jeter un oeil et y réfléchir si on veut que nos enfants en sachent quelque chose. D’autant plus que le pouvoir en place ne cherche pas à évoquer ces choses-là, il faut bien que les gens présents, même si trop jeunes pour porter un regard objectif, et qui ont un lien avec ces événements historiques en parlent.

Passage de génération, également à l’oeuvre dans cet album entre ce vieux de la vieille en bout de course après avoir roulé sa bosse un peu partout et ces jeunes paumés qui n’ont pas forcément les bons réflexes au cas où le casse foirait. Il y a ce dialogue entre les deux générations.

Oui, et surtout ce miroir entre ce gaillard d’extrême-droite vieillissant et ces gamins finalement d’extrême-gauche. C’était ce qui m’intéressait, prendre des figures qui s’opposent plutôt que de se rejoindre – comme on le dit trop souvent. À partir du moment où elles s’opposaient, il était inévitable qu’une de ces deux figures disparaisse.

L'Original - Emmanuel Moynot - Casterman - rough

Je reviens au prologue qui, lui, est un peu le calme avant la tempête, luxuriant, plein de couleurs vives. Votre lecteur n’y est pas forcément habitué. D’autant plus que l’histoire qui suit est ténébreuse, emplie de noirceur. Où la trouvez-vous cette noirceur?

Elle est en chacun de nous. Je n’ai jamais caché que cette veine noire, qui est ma principale, j’allais la chercher au plus profond de moi-même. Je crois que d’une certaine manière, cette noirceur est une façon de rendre acceptable pour l’autre ce qui l’est le moins pour moi. De voir si j’arrive à séduire avec ce qui me plait le moins chez moi! C’est quasi psychanalytique.

En tout cas, ça sent le roussi dès le début dans L’original. « Ça ne peut pas finir bien ».

Ça ne peut que finir mal quand les gens prennent des voies aussi radicales. C’est surtout le constat de la disparition d’un monde, qu’on l’aime ou pas. Déjà en 1994, il était en train de disparaître. Et, vingt ans après, le monde n’est plus le même, les idées sont moins présentes, les religions ont pris leur place. Et du point de vue de la violence, cela produit des situations au moins aussi sinistres.

L'Original - Emmanuel Moynot - Casterman - Explosion

Au niveau de ce casse qui tourne mal, comment avez-vous mis en place les pièces? Imaginez ce genre de situation, n’est-ce pas se mettre dans la tête du braqueur?

J’ai essayé que ce soit crédible. Je ne me suis pas vraiment documenté sur le vrai casse, celui de Florence Rey et Audry Maupin, qui était plutôt sommaire. Par contre, j’ai essayé de me représenter la manière pourrait se passer, les conditions en plein Paris. Je devais lui donner une réalité. Même si bien entendu, l’endroit où je situe le dépôt d’armes, c’est de la fiction. Il ne s’agit pas de donner des idées à quelque braqueur.

J’avais envie qu’il y ait quelque chose d’encore plus spectaculaire dans cette histoire. Après quoi, je me suis contenté de regarder le plan des rues de Paris et de voir par où ils pouvaient passer… ou plutôt là où ils auraient du passer pour ne pas se faire prendre. C’est naturellement plus facile à dire quand on tient les deux bouts de la ficelle. Mais, en effet, j’ai préparé ça un peu comme aurait pu le faire un truand.

Spectaculaire et sanglant!

C’était ma volonté dès le départ! Je m’étais beaucoup amusé sur L’homme qui assassinait sa vie. Les scènes de violence étaient tellement exagérées que, selon moi, on ne peut qu’en rire. J’ai essayé de retrouver cette même veine sur L’Original. Une veine exagérée au point d’être grotesque…

L'Original - Emmanuel Moynot - Casterman - balle

Ou en tout cas du domaine de l’ultra-violence, de l’ultra-réaliste…

C’est le genre de chose qu’on peut trouver au cinéma. Notamment dans les Tarantino, même si ce n’est pas ce que je préfère. Dans ses films les plus réussis, il y a quelque chose de jouissif dans les scènes violentes. C’est presque la caricature du cinéma violent au premier degré. Peut-être est-ce moins perceptible en BD. Parce que le fait que ce soit dessiné induit déjà une distance. Mais, pour moi, c’est une violence au second-degré, une manière de dire que mon propos n’est pas là. La violence physique qui est représentée est une métaphore de la violence du passage du temps.

Si on reste dans la comparaison cinématographique, le cinéma enchaîne les plans. Tandis que la BD permet de s’arrêter indéfiniment sur une case. Pour moi, la violence n’en est que plus éclatante.

En fait, dans ma première partie de mon oeuvre – si tant est qu’il y ait plusieurs parties -, j’avais une manière de raconter relativement statique. Depuis quelques albums, j’ai essayé de travailler la dynamique et la représentation de pures scènes d’action sans dialogue. Tout en arrivant à les faire comprendre. Le déplacement des objets et des personnes dans l’espace, c’était un challenge passionnant. Et ça, c’est essentiellement « bande dessinesque » – si le mot n’existait pas, ça y est je l’ai crée! -. Le mouvement fait partie de la vie et de la bande dessinée. Et tant qu’on ne l’a pas abordé, on n’utilise pas l’outil à son plein potentiel.

L'Original - Emmanuel Moynot - Casterman - rough (2)

On s’améliore toujours?

J’espère! En tout cas, c’est la seule raison de continuer à faire des livres. Surtout dans cette période où il est si difficile de les faire parvenir aux lecteurs.

L’Original, c’est un titre fort dans une époque où les réseaux sociaux tendent à la standardisation et au conformisme. Où on accélère les copies conformes.

Oui. Et, il y a un jeu de mot qui me fait beaucoup rire. Comme Picot, ça doit être mon seul point commun avec lui, j’aime les blagues qui ne font rire que moi. J’ai décidé de l’appeler Picot, en verlan ça donne « copie ». Et comme il est Picot, il n’est pas la copie, il est l’original.

Puis, j’ai souvent donné des titres très longs à mes albums, comme Pourquoi les baleines bleues viennent-elles s’échouer sur nos rivages. Cette fois, pourquoi ne pas donner un titre qui tienne en un seul mot tout en ayant un certain impact. Et puis, c’est évident que ce personnage dans son époque, et encore plus dans la nôtre, est un homme à part dans sa société.

L'Original - Emmanuel Moynot - Casterman - Crayonné

Un vestige même, un dinosaure comme ceux qui sont à l’oeuvre dans les vieux polars du cinéma français. D’ailleurs, le cinéma français ne s’intéresse plus vraiment à ce genre, si ce n’est peut-être dans les films d’Olivier Marchal. Alors que la BD ne cesse de faire revivre le polar noir. D’ailleurs, il y a un peu de Belmondo dans le flic qui pourchasse Picot.

C’est clair qu’on est loin des films flamboyants de Belmondo qui faisaient des tonnes d’entrées. Le cinéma français n’est-il pas lui-même en train de disparaître? J’ai l’impression qu’il s’amenuise comme une peau de chagrin et qu’il se donne de moins en moins la chance d’exister en singeant le cinéma américain, sans conserver son originalité, pour en revenir au titre.

C’est un peu pour ça que mon flic ripoux à un nez cassé et les lèvres épaisses. Parce que Belmondo a été l’idole des flics français pendant des décennies et que maintenant, il a tellement disparu des écrans. Je me suis dit que s’il fallait un flic pour représenter cette période révolue, c’était bien cette figure-là que je devais prendre.

L'Original - Emmanuel Moynot - Casterman - Belmondo

Quels grands polars vous ont marqué?

Ils se trouvent moins au cinéma que dans la littérature. L’auteur le plus important pour moi depuis trente ans, c’est Jim Thompson. Qui a d’ailleurs été spécialement bien adaptés par des réalisateurs français comme Corneau avec Série Noire ou Tavernier avec Coup de torchon. Puis, plus récemment j’ai découvert Joe R. Lansdale qui a écrit toute une série de polar mettant en vedette deux Texans totalement différents: un noir homosexuel et un blanc hétérosexuel, Hap Collins et Leonard Pine. C’est très drôle. Parallèlement, Lansdale a écrit toute une série de romans indépendants d’une grande noirceur et très réussis.

Le polar est ma nourriture de base! Après avoir lu beaucoup pour me documenter sur Pierre Goldman, je n’arrivais plus à lire. Pour m’y remettre, je suis passé par les bases, le polar.

Emmanuel Moynot - Autoportrait

Vous en sortez parfois de cette noirceur?

Bien sûr, je n’ai pas fait que ça. J’ai fait des choses qui s’en éloignaient. Notamment dans la collection Carrément BD de Paul Herman. Bon, disons que ça fait un moment que je ne me suis pas éloigné du polar. Mais, dans ma vie, tout va bien, je vous rassure.

Cette veine noire dont vous nous parliez, on n’en vient jamais à bout? Vous avez toujours des idées?

J’ai beaucoup de projets en tête, en espérant que les jours s’allongent et que le temps s’accélère pour pouvoir tous les réaliser. Il y a un nouveau Nestor Burma qui m’occupe à plein temps. Puis, j’aimerais faire un deuxième volet qui répondrait à L’Original en inversant la proposition. C’est à dire en partant d’une femme beaucoup plus âgée, un personnage très fort. J’ai également un projet qui se situerait aux États-Unis, un road-movie croisé et choral. Plusieurs personnages se déplaçant dans la même direction et se croisant à peine. J’en ai encore d’autres.

Emmanuel Moynot - Projet road movie

Comment le scénariste que vous êtes collabore-t-il avec le dessinateur que vous êtes aussi?

Ils ont le même but, raconter une histoire. Il y a des moments où les deux facettes sont indissociables: le scénariste pense aux images et le dessinateur rectifie les dialogues. On s’imagine que, quand les personnes sont dissociées, l’histoire est imaginée par le scénariste. Or ce n’est pas toujours le cas et quand on travaille seul, on se rend compte que l’écriture comme le dessin sont deux outils au service d’une même cause. Et qu’aucune des deux disciplines ne prime sur l’autre. Pour moi qui suis auteur complet, l’idéal est d’être auteur complet. Pour en avoir discuté notamment avec Étienne Davodeau, il est tout à fait d’accord avec moi. Même si on ne méprise pas ceux qui travaillent en tandem, loin de là. Mais travaillant de cette manière, on a du mal à imaginer le faire autrement.

Puis, il y a une troisième facette chez vous. La musique! Vous en faites encore beaucoup?

J’essaie d’en faire chaque semaine. Malheureusement, ce sont des projets longs à mettre en place. Et il n’y a rien de concret jusqu’ici.

Il y a quelque chose de plus concret dans un autre domaine encore! J’ai joué dans un film qui, après deux ans de difficultés, va enfin sortir le 22 juin. Il s’intitule Cosmodrama et a été réalisé par Philippe Fernandez. Il sortira probablement dans un nombre limité de salles, malheureusement.

Emmanuel Moynot - Cosmodrama

Mais comment vous êtes-vous retrouvé à faire l’acteur?

À la demande du réalisateur. Je l’ai rencontré dans la vie et il était intéressé par l’image que je projetais. C’est un rôle important aux côtés de Jackie Berroyer, Bernard Blancan, Emilia Derou-Bernal, Ortès Holz, Serge Larivière, Sascha Ley et Stefanie Schüler. C’est un huis-clos à bord d’un vaisseau spatial. Les sept personnages ont la même importance.

Justement, on sait que certains auteurs de BD disent faire l’acteur pour dessiner les personnages. Ça vous arrive parfois?

J’ai eu longtemps tendance à m’identifier à mes personnages principaux et à souffrir au moment où je les tuais. C’est peut-être moins vrai maintenant, j’ai appris à me distancier. Par contre, quand on dessine une expression, il faut la ressentir. Il n’est pas rare de grimacer au moment où l’on affuble le personnage d’une grimace.

L'Original - Emmanuel Moynot - Casterman - coup de chaussure

Pour revenir à la musique, l’utilisez-vous comme bande-son quand vous travaillez?

J’ai beaucoup d’albums dans mon ordinateur. Et par album, je laisse mon lecteur choisir les pistes, en mode aléatoire. Par album, car je suis un intégriste pour ça, je n’aime pas beaucoup les singles. J’aime bien écouter un album en entier.

Quelle est votre discothèque idéale?

C’est celle de mon ordinateur, principalement tournée vers le rock et notamment celui qui a reçu les influences du blues. Avec une réserve, je n’aime pas le blues-rock qui est trop codifié. J’aime bien être surpris. Dans les groupes les plus récents, il y a tout ce qui tourne autour de Jack White: The Raconteurs, The White Stripes. Puis, les Black Keys ou Queens of the Stone Age. Mais ce que j’ai aimé dans les décennies précédentes reste présent: G Love and the Special Sauce, les Stones, Dylan… Ça va dans cette direction-là.

On sait que la BD a de plus en plus tendance à s’affranchir de ses reliures. Si vous le pouviez quelle bande-son lui mettriez-vous?

Ah, si je pouvais, je ferais une bande dessinée avec mes chansons. Pour cet album-ci… (il cherche)… quand la musique s’invite dans un récit, il faut qu’elle soit narrative. Et malgré mon peu de passion pour la musique Wagnérienne. Un mix électro-rap-wagnérien pourrait s’y prêter. Un choc des cultures, il faudrait bien ça. Wagner contre l’électro-rap.

On va commander ça! Merci beaucoup, Emmanuel Moynot!

Dessins, recherches et rough: Emmanuel Moynot

L'Original - Emmanuel Moynot - Casterman - Couverture

Titre: L’Original

Histoire complète

Scénario, dessin et couleurs: Emmanuel Moynot

Genre: Polar, Thriller

Éditeur: Casterman

Nbre de pages: 80

Prix: 18€

Date de sortie: le 16/03/2016

Extraits: 

5 commentaires

  1. Excellente interview de Moynot à qui j’ai consacré un article sur L’original.
    http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article9140
    C’est une interview, comme je les aime, qui ouvre sur toutes les facettes de l’artiste de BD. En plus je viens d’apprendre qu’il habitait Bordeaux.
    En tant que voisin du Médoc, je le salue bien et lève mon verre de vin à sa santé et à la bonne continuation de son œuvre dans toutes les directions qu’il énonce. Avec tous mes encouragements.

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      1. Vous êtes bien trop modeste !
        Il y aussi l’art et le savoir-faire de poser les bonnes questions, qui est en jeu.
        En plus, dans votre article, vous offrez des visuels et des vidéos qui donnent du relief à votre interviewé, ce qui est très rare sur la toile. Encore un gage de qualité et de respect pour votre lectorat, auxquels (moi-même chroniqueur), je suis très sensible.
        Bonne continuation et aux plaisirs de lire vos prochains articles.

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