Les critiques de Julien #1: Batman invisible face au Garçon et la Bête

Hé oui, Branchés Culture s’offre le luxe de bonifier et la richesse de nouveaux chroniqueurs, encore et toujours, tous bons dans leurs domaines. Ainsi, alors que Gérald continue de nous gratifier de quelques merveilles pas piquée des vers, nous avons trouvé un autre Monsieur Cinéma à nous. Celui-là même qui scrute les sorties et n’hésite jamais à dépenser sa paye par amour cinéphile. Julien, il est comme ça, tellement passionné qu’il ne peut résister à l’appel du grand écran et essaie – autant que possible – de visionner l’intégralité des films à l’affiche.

Voilà donc lancée notre rubrique « Les critiques de Julien » avec pour la première, un aperçu des sorties de ces dernières semaines entre le bon, le moins bon et une petite merveille pour les enfants, justement en vacances.

Top en stock

« 10 Cloverfield Lane », film pop-corn fort en goût

Une surprise, sans en être une. S’inscrivant dans le même esprit que « Cloverfield » (film de science-fiction sorti en 2008 dans lequel New-York était attaqué par un monstre inconnu) auquel il n’emprunte que le titre (en partie), « 10 Cloverfield Lane » est la belle réussite, en tout point de vue, de ce mois de mars.

Un surprise tout d’abord au niveau du marketing, car nous avons appris l’existence de ce film seulement le 15 janvier 2016, suite à l’apparition du premier trailer sur la toile, faisant de ce film un projet très bien gardé, et ayant généré peu de promotion (le trailer et la curiosité ayant très bien fonctionnés).

Ensuite, sur le plan scénaristique, où « 10 Cloverfield Lane » nous embarque dans un huis clos – et pas que – oppressant parfaitement bien exécuté, et regorgeant de tiroirs. Pour vous faire un peu le topo, imaginez un jour que vous vous réveillez dans un bunker anti-atomique, et que l’on vous empêche d’en sortir, sous prétexte que l’air dehors est toxique, et qu’une force inconnue a envahi la Terre… Oui, que ferriez-vous dans ce cas, d’autant plus si la personne qui vous loge semble cacher certaines choses? C’est justement tout ce à quoi répond ce film, et de manière instinctive.

Enfin, on suit donc de très près, et avec beaucoup d’empathie et de crainte, les trois seuls personnages principaux dans cette aventure, où tous faits et gestes semblent, à un moment donné, irréversibles, jusqu’au dénouement, où l’enfer n’a jamais porté aussi bien son nom…

Porté par un étonnant John Goodman et une palpitante Mary Elizabeth Winstead (décrochant ainsi son meilleur rôle), surfant sur un scénario jouant sur plusieurs facettes et posant de bonnes questions, « 10 Cloverfield Lane » est un film qui donne du fil à retorde au cinéma de science-fiction. Du vrai bon cinéma popcorn comme il en faut!

10 Cloverfield Lane - affiche

Titre: 10 Cloverfield Lane

Réalisateur: Dan Trachtenberg

Acteurs: Mary Elizabeth Winstead, John Goodman, John Gallagher Jr. etc.

Genre: Science fiction, Thriller

Origine: USA

Durée: 103′


« Le Garçon et la Bête », un face-à-face revigorant

Attention, coup de coeur ! « Le Garçon et la Bête » n’est pas qu’un film d’animation visuellement détaillé. Riche en situations importantes pouvant investir la vie de tout un chacun, et de messages universels, voilà un film à voir en famille.


Tout d’abord, il n’est pas courant de voir un film d’animation japonais débarquer sur nos écrans. Et justement, jamais ce genre de cinéma (car il en est bien un à lui seul) n’a été aussi bien mis en valeur qu’à travers cette aventure poétique, colorée, et initiatique. Ensuite, « Le Garçon et la Bête » aborde plusieurs thèmes sans tomber dans les clichés, tels que le dépassement de soi, la quête identitaire, le pardon, l’acceptation de la différence, et bien d’autres.

Ajoutez à cela un récit bercé de légendes nippones et d’une multitude de personnages principaux humains et animaux tous aussi intéressants et caractérisés les uns que les autres, et « Le Garçon et la Bête » est un voyage revigorant dans un monde parallèle au nôtre, qui épate, scène après scène.

Le garcon et la bete - affiche

Titre: Le garçon et la bête

Réalisateur: Mamoru Hosoda

Avec les voix de: Koji Yakusho, Aoi Miyazaki, Shôta Sometani …

Genre: Animation, Aventure

Origine: Japon

Durée: 118 min.


« A Perfect Day », coup de poing nécessaire

1995, quelque part dans les Balkans, à l’aube de l’après-guerre, une troupe d’humanitaires tente de sortir un corps d’un puits à l’aide d’une corde, afin de pouvoir rapidement y purifier l’eau, et ainsi permettre à des familles de s’y approvisionner. Mais le problème, c’est que cette corde cède, et qu’il faut donc en trouver une autre…

Tragi-comédie, « A Perfect Day » raconte une journée ordinaire de cette « Aide Sans Frontières », durant laquelle elle devra remuer ciel et terre afin de trouver une nouvelle corde, symbolisant la guerre, ses situations dérisoires, et la bêtise du système.

Un film coup de poing au ton vacillant intelligemment entre humour et drame de guerre, avec un casting sympathique faisant des merveilles, ainsi qu’une bande-originale permettant de maintenir un rythme sans failles. Du cinéma nécessaire, et pas du tout ennuyant!

A perfect day - afficheTitre: A perfect day

Réalisateur: Fernando León de Aranoa

Acteurs: Benicio Del Toro, Tim Robbins, Mélanie Thierry …

Genre: Drame, Comédie

Pays: Espagne

Durée: 106 min

Flop niveau

« Moonwalkers », débridé mais sans mordant

Résumé distributeur: Juillet 1969, Tom Kidman, l’un des meilleurs agents de la CIA de retour du Vietnam, est envoyé à Londres pour rencontrer Stanley Kubrick et le convaincre de filmer un faux alunissage au cas où la mission Apollo 11 échouerait. Kidman ne trouve pas Kubrick, mais il tombe sur Jonny, le manager raté d’un groupe de rock hippie. Tout les oppose, mais ils n’auront pas d’autre choix que de travailler ensemble, remplacer Kubrick, tromper la CIA, éviter les drogues hallucinogènes et sauver leur vie en montant la plus grosse supercherie de l’histoire.

Tourné intégralement en Belgique, cette comédie débridée a le mérite de jouer dans la dérision, mais manque de ton et de mordant pour convaincre véritablement dans son trip. En effet, on s’ennuie vite devant ce scénario, certes peu commun, mais auquel on ne croit pas une seule seconde, faute de moyen. Heureusement, Ron Perlman fait le show, au contraire de Rupert Grint, qui se contente de suivre, et faire son béa… Dommage.

Moonwalkers - afficheTitre: Moonwalkers

Réalisateur: Antoine Bardou-Jacquet

Acteurs: Ron Perlman, Rupert Grint, Robert Sheehan …

Genre: Action, Comédie

Origine: Grande-Bretagne

Durée: 107 min


« La 5ème Vague », la noyade!

Résumé du distributeur: Quatre vagues d’attaques, chacune plus mortelle que la précédente, ont décimé la presque totalité de la Terre. Terrifiée, se méfiant de tout, Cassie est en fuite et tente désespérément de sauver son jeune frère. Alors qu’elle se prépare à affronter la cinquième vague, aussi inévitable que fatale, elle va faire équipe avec un jeune homme qui pourrait bien représenter son dernier espoir – si toutefois elle peut lui faire confiance…

Malgré des effets spéciaux réussis (lors des trois premières vagues) et une toute petite première partie prenante (mais classique dans le genre), « La 5ème Vague » s’enfonce ensuite dans une mièvrerie sans nom. De plus, on sent le poisson pourri à trois kilomètres à la ronde, et ce même dès la première demi-heure de film… Dès lors, on s’ennuie ferme, puisque plus aucun enjeux dans ce déjà très pauvre scénario, adapté d’une trilogie de bouquin singé Rick Yancey. Pire, on rigole même face à tant d’incohérences et de sentiments nauséabonds. Le comble pour un film de science-fiction…

La cinquieme vague - afficheTitre: La 5ème vague

Réalisateur: J. Blakeson

Acteurs: Chloë Grace Moretz, Nick Robinson, Alex Roe …

Genre: Science fiction, Aventure

Origine: USA

Durée: 112 min


« Batman V Superman: l’Aube de Justice », Batman ou Invisible Man?

Résumé distributeur: Craignant que Superman n’abuse de sa toute-puissance, le Chevalier noir décide de l’affronter : le monde a-t-il davantage besoin d’un super-héros aux pouvoirs sans limite ou d’un justicier à la force redoutable mais d’origine humaine ? Pendant ce temps-là, une terrible menace se profile à l’horizon…

Zack Snyder était-il vraiment le bon élément pour mettre en image l’affrontement entre l’extraterrestre de Krypton et le chevalier noir de Gotham City? La réponse, vous la connaissez. Tout d’abord, c’est avec peu d’enthousiasme et d’intérêt que l’on retrouve le personnage de Henry Cavill, Superman, là où ce même réalisateur l’avait laissé il y a quelques mois. On découvre aussi le nouveau visage de Batman, sous les traits de Ben Affleck. Et là, c’est la catastrophe, non pas qu’il s’en sort mal, mais bien parce que son personnage est complètement effacé, et ne fait surtout pas le poids par rapport à son (faux) rival. Sans parler de Gotham City, complètement absent! Alors que Christopher Nolan faisait de Gotham City un personnage essentiel dans sa trilogie « The Dark Knight », Snyder, lui, n’en fait qu’une bouchée.

Quel gâchis! Sans parler du personnage de Jesse Eisenberg (Lex Luthor, seul dans son tripe), Gal Gadot (Wonder Woman, juste là pour attirer le regard) et de Alfred, le nouveau majordome de Bruce Wayne (triste et pâle Jeremy Irons)…

Batman v. Superman - affiche

Titre: Batman v. Superman: L’aube de la justice

Réalisateur: Zack Snyder

Acteurs: Ben Affleck, Henry Cavill, Jesse Eisenberg, Jeremy Irons …

Genre: Action, Fantastique

Origine: USA

Durée: 153 min


« Gods Of Egypt », c’est presque les Chevaliers du Zodiaque!

Résumé distributeur: Dans une époque ancestrale, durant laquelle les Dieux vivaient parmi les hommes, la paix règne en l’Egypte. Mais Seth, Dieu du désert, qui convoite le pouvoir, assassine le roi et condamne Horus à l’exil, plongeant le royaume d’Egypte dans le chaos. C’est l’intervention d’un jeune voleur, Bek, qui va sortir Horus de sa prison. Ensemble, ils se lancent dans une aventure épique qui va donner lieu à une guerre sans précédent. Jusqu’aux frontières de l’au-delà, monstres et armées des dieux se déchainent dans une lutte dévastatrice…

Cela n’était pas bon signe… Après de nombreux retards de sortie, une guerre de distributeurs, des trailers et bandes-annonces grandiloquents, « Gods Of Egypt » est enfin là ! Et le réalisateur Alex Proyas (« The Crow », « I, Robot », « Prédictions ») devait sans doute avoir l’envie de parler un peu de la mythologie de son pays natal (l’Égypte), mais en très gros, voire beaucoup trop gros.

« Gods Of Egypt » est un fourre-tout pas possible qui ne ressemble à rien, si ce n’est à un blockbuster au budget énormissime, et donc aux effets spéciaux conséquents. Le problème, c’est que ceux-ci sont au service d’une histoire semblant tout droit sortie de l’imagination d’un enfant ayant fumé la moquette… On se croirait même dans « Les Chevaliers du Zodiaque », tous les épisodes réunis en un !

Dans « Gods Of Egypt », il n’y a rien à sauver, si ce n’est un spectacle visuel explosif entre dieux et monstres de la mythologique égyptienne. Et encore, certains effets ne sont pas réussis, et l’écoeurement n’est pas loin… Quoi qu’il en soit, voilà un naufrage commercial et cinématographique à s’en mordre les doigts !

Gods of Egypt - affiche

Titre: Gods of Egypt

Réalisateur: Alex Proyas

Acteurs: Nikolaj Coster-Waldau, Gerard Butler, Brenton Thwaites …

Genre: Fantastique, Aventure, Action

Origine: USA

Durée: 127 min

Faites vos choix 🙂 C’est tout… pour le moment! Bonne séance!

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