Terry Gilliam ou l’odyssée d’un homme libre

Terry Gilliam, dans sa biographie « Gilliamesque »(éd. Sonatine, Paris, 2015), narre sa vie trépidante et si arty. De son enfance dans le Minnesota des années 1940 aux studios de Londres pour ces tournages. Terry Gilliam nous raconte un parcours intimiste et professionnel assez incroyable et comme toute personne de cette génération sixties, cela passe donc par la guerre du Viêtnam, le Swinging London ou ses premiers pas à la BBC. Cela passe aussi par de sacrées rencontres et personnages haut en couleurs, comme Johnny Depp, Hunter S. Thompson, George Harrison, Robert De Niro, les Monthy Python, Bruce Willis ou Brad Pitt.

Intéressons-nous au personnage et à l’artiste Terry Gilliam ; d’abord illustrateur et dessinateur pour des revues et magazines dans les années 1960. Point de salut pour un américain du Midwest sans passer par la case New-York, sous la tutelle artistique de Harvey Kurtzman pour ses revues »Help » et « Mad ». Comme tout bon jeune homme de cette époque, il serait bon pour le Viêtnam, mais fait son service militaire au sein de la garde nationale, ce qui est moins risqué, je vous l’accorde…

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L’absurdité de la guerre du Viêtnam, les va-t-en guerre conservateurs, la bêtise de Nixon lui font prendre conscience que son avenir se trouve sûrement en Europe et surtout en Grande-Bretagne où il collabore à divers journaux comme « Nova », « le Sunday Times » ou comme rédacteur en chef du « Londoner ». Il fait ses débuts à la télévision anglaise grâce à John Cleese en 1969 ; l’émission « Monty Python’s Flying Circus » avec les Monty Python le fait connaître du grand public. En effet, il y est à la fois acteur et animateur dessins, il y réalise des collages loufoques et de petites animations entre les sketchs.

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Son passage à la télévision lui fait découvrir l’art de la mise en scène, ce qui se concrétisera par les films « Monty Python, Sacré Graal »(1975) (coscénariste et coréalisateur) et son premier film « Jabberwocky »(1977), qui s’avère un échec public cuisant, alors que le premier film des Monty Python avait « cartonné ». Cette volonté de mettre en scène seul est lié aussi aux difficultés relationnelles au sein de la troupe comique, avec Terry Jones notamment, mais aussi sa volonté de mettre en image son propre univers, fait de fantasmes, de mini-sketchs animés ou de personnages bizarroïdes.

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A partir des années 1980, Terry Gilliam développe sa maturité artistique et son style visuel si particulier, avec son second film « Bandits, bandits »(1981), mais aussi « Monty Python, le sens de la vie »(le sketch sur les assurances du début, c’est lui) et surtout son chef d’oeuvre « Brazil »(1985), coécrit avec Tom Stoppard. Film visionnaire, oeuvre universelle qui n’a pu se faire que grâce aux soutiens d’acteurs aussi chevronnés que Robert De Niro, Jonathan Pryce ou Michael Palin. Son tournage et sa sortie américaine furent épiques, la Universal ne comprenant pas du tout le sens profond de ce film, cherchant à développer d’autres fins alternatives, plus hollywoodiennes avec happy end à la clé.

Terry Gilliam, avec son sens inné de la provocation, organisant, à travers les USA, des projections pirates et utilisant les médias nationaux pour interpeller Sidney Sheinberg, alors président d’Universal sur la situation de son film. Film labyrinthique aux influences diverses, que ce soit Kubrick, Welles, Eisenstein, George Orwell ou même Kurosawa…film sur la liberté individuelle face aux bureaucraties prégnantes de nos sociétés occidentales, ce long métrage se définit aussi par de vrais gags visuels, l’utilisation de gadgets technologiques ubuesques, un univers kafkaien de tous les instants avec cette idée qu’il ne faut aucunement laisser de côté nos rêves face à une réalité bien décevante.

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Thématiques que l’on retrouvera sur ses autres films, comme « les aventures du baron de Munchausen »(1987) ou « l’armée des 12 singes »(1995). Et ce qui est toujours intéressant dans le cas de Gilliam, c’est son statut d’artiste international à l’univers fort, dans une industrie mondialisée et normative ; en gros, comment se battre pour garder sa singularité artistique face à des obstacles de toute sorte. Ses mémoires pré-posthumes (comme il les appelle) reviennent sur ses tournages épiques, notamment son projet avorté « l’homme qui tua Don Quichotte »(2000) avec Jean Rochefort en Don Quichotte.

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lost in la mancha affiche

Livre de souvenirs avec de nombreuses photos et oeuvres personnelles (affiches, photos de tournage, collage en tout genre…). Terry Gilliam est un personnage polysémique, à la fois graphiste, caricaturiste, photographe, vidéaste, réalisateur et scénariste. Bref, un artiste somme..

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« Gilliamesque »(éd. Sonatine, Paris, 2015)

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