Une fête des solidarités au succès grandissant, les 29 et 30 août

On l’avoue, on n’a pas eu le temps de vous en parler. Pas encore, trop de choses à penser dans cet été culturellement mouvementé durant lequel on a essayé d’être sur tous les fronts. Musicaux surtout! Et à une semaine de l’événement, l’occasion se présente d’enfin vous parler du Festival qui prend de la hauteur sur la Citadelle de Namur, la Fête des Solidarités. Après deux précédentes éditions plus qu’enthousiasmantes, voilà que la troisième édition du Festival organisé par la mutualité Solidaris décroche son premier sold out pour la journée de dimanche où est attendu un certain… Calogero. On vous dresse le portrait du Festival Namurois.

La Fête des solidarités, c’est un Festival de musique, de concerts sur un site d’exception, mais pas que, loin s’en faut. C’est un Festival parmi les rares autres en Belgique (citons Esperanzah! en tête ou La Semo) qui ose le débat et le partage d’émotions dans des domaines différents. Des arts de scène comme le théâtre mais aussi dans des débats, qu’ils soient organisés (dans le Magic Mirror) ou plus spontanés (dans le village des associations). Et dans cette diversité, la qualité est souvent de mise.

En musique, s’il vous plaît

Mais, c’est vrai sans doute convient-il de parler du plan musical, la façade, celle qui attire les regards et la foule. Et pour le coup, en deux jours, la Fête des solidarités a une nouvelle fois réussi à faire dans l’éclectisme et dans le beau monde. Ainsi, le samedi, après des débuts enfantins en compagnie d’Ici Baba (un duo loin d’être inconnu puisque composé de Samir Barris et Catherine de Biasio, oui oui la sœur de l’autre) pour une balade musicale et champêtre, la programmation tant côté théâtre de verdure que côté esplanade. Et tant qu’à bien démarrer, autant le faire avec une régionale de l’étape, la merveilleuse Li-Lo* et son univers si tendre et si charmant, empreint de celui de son sculpteur de compagnon, Stéphane Halleux. Autre belge au talent qui monte en flèche, le Tournaisien Youness enchaînera dans un mix urbain qui détonne de son rap bien senti. Dans la découverte culturelle, la Palestinienne Dalal Abu Amneh tiendra sûrement une belle place, de sa musique enivrante à son engagement pour la cause palestinienne et d’un monde de paix. Vu et revu durant tous les festivals de l’été, l’infatigable duo toulousain Bigflo & Oli sera lui aussi de la partie pour faire monter la température d’un cran supplémentaire. Avant l’arrivée des messies de la fête de Magic System. Et le reggae n’a lui non plus pas été oublié et s’incarnera par la présence des Danakil, toujours très apprécié par le public belge. Avant une programmation audacieuse, celle d’Hubert-Félix Thiéfaine, ce sexa au style si particulier et bénéficiant d’une nouvelle notoriété sur le tard (une Victoire de la Musique, c’est pas mal, non?) viendra présenter sa Stratégie de l’inespoir au public namurois. Après quoi, avec la remplaçante de charme (peut-être pas de luxe tant il y a un énorme fossé entre les deux artistes) de Sinead O’Connor, Alice on the roof sèmera, on n’en doute pas, la folie comme aux Francofolies ou à Ronquières. L’artiste la plus présente cet été, tout festival confondu, est un véritable phénomène alors qu’elle n’a encore à son actif que 4 titres sur un EP et son expérience dans The Voice. Bref, l’immanquable, si du moins vous ne l’avez pas encore déjà vue plusieurs fois. Enfin, pour refermer cette première soirée, on passera de l’Anglais au Marseillais, oui p’tit frère, avec ces icônes que sont les IAM. Pour un concert fait de tubes, et plus particulièrement de ceux de leur leader, Akhénaton, exclu belge!

Le lendemain, pas de quoi se défaire non plus à moins de ne pas avoir sa place. C’est soldout et ce n’est pas vraiment étonnant au vu des pointures qui défileront sur les deux scènes. Avec de la douceur d’abord, celle du conte initiatique proposé par Les vaches aztèques. Après quoi, l’Esplanade s’ouvrira avec les belges de Chicos y Mendez, groupe aux mélodies plus latino déjà bien implanté chez nous avec déjà quelques belles dates à son actif. De l’Amérique latine à Bujumbura, il n’y a que quelques pas, rapidement franchis entre Esplanade et Théâtre de Verdure, pour souhaiter la bienvenue à Gael Faye, ce franco-congolais entre hip hop et créoleries. Changement de style radicale ensuite avec les énergumènes sympathiques de Gonzo, supergroupe à la belge comptant entre autre Saule pour un mélange de rock, de punk et d’une bonne dose de surréalisme comme ils nous l’avaient montré aux Francos, sans électricité même. Et tant qu’ à parler d’icône, n’ayons pas peur des mots, Hindi Zahra sera là pour la suite avec toute la multiculturalité dont ses origines et, forcément sa musique, sont empreints, du soul au blues en passant par le folk. Une pluralité aussi de mise pour le concert suivant emmené par une vedette de variété qui n’est plus à présenter, un grand monsieur, un big bazar à lui tout seul, Michel Fugain et le projet Pluribus. Mais, c’est bien de faire la part belle au sud du pays, mais le nord? Ne l’auriez-vous pas oublié. Non, du tout, Milow, l’engagé, l’investi dans la « technology » du coeur, sera là pour présenter son cinquième et nouvel album. Retour en francophonie avec un agitateur parmi les plus adorés en Belgique comme le prouve ses concerts récidivistes à Spa, Incourt ou La Semo. Cali a l’âge d’or et n’a pas changé, nul doute qu’il accomplira une nouvelle fois un des crowdsurfings dont il a le secret. Tout doucement, la soirée touchera tout doucement sur sa fin mais pas de quoi renoncer au plaisir d’écouter le couple à la ville comme sur scène, Rodrigo y Gabriela. Virtuoses des guitares, leurs riffs seront inévitables. De la guitare à la basse énergique de Calogero, il n’y aura plus qu’à rejoindre une dernière fois l’Esplanade pour assister à la clôture de cette grande fête à l’éclectisme. Plus assis que jamais grâce à l’immense succès de ses Feux d’artifice, le compositeur-bête de scène français est une des grandes raisons du sold out du dimanche. Mérité, d’ailleurs nous ne sommes qu’impatience!

Arts et armes pacifiques de scène

Mais si la musique donnera à danser, la scène, on l’a dit, donnera aussi à réfléchir sous le chapiteau du Magic Mirror. Et la Fête frappe fort avec deux pièces parmi les plus populaires et fortes que la Belgique ait comptées ces dernières années. Le¨samedi à 16h20, ce sera Djihad d’Ismaël Saidi avec Reda Chebchoubi, Ben Hamidou et Shark Carrera, une oeuvre auréolée de succès (reconnue d’utilité publique par la Ministre Joëlle Milquet, vue par des centaines de classe et des milliers de spectateurs et acquise par Plug Rtl pour une diffusion très prochaine). Djihad frappe fort, ou plutôt calme fort les ardeurs racistes, intégristes et puantes. Désamorcer les idées véhiculées de-ci de-là par le rire et le dialogue et par une finesse d’écriture, voilà l’oeuvre qui fait du bien à voir.

Le dimanche, sur le coup de 20h20, se transformera en meeting de l’irrévérencieux David Murgia. Son Discours à la nation (adapté d’Ascanio Celestini) n’a cessé de faire fureur depuis sa première présentation. Seul en scène, le personnage tribun campé par David Murgia est d’un cynisme inimaginable avec pour seul objectif l’asservissement de ce peuple, ce cher peuple. Discours à la nation n’est rien de moins qu’un choc frontal, yeux dans yeux avec les puissants pour mieux dénoncer les dérives de nos sociétés.

Des hauts et débats

Et pour ceux qui se sentiraient l’âme de pousser leurs arguments sur la place publique (mais aussi pour les autres qui n’osent peut-être pas prendre la parole mais ont l’oreille attentive aux pour et aux contres), trois débats tous azimuts prendront place sous le même Magic Mirror, décidément bastion de la parole et de la discussion démocratiques.

Ainsi, le premier abordera, samedi de 13h30 à 15h30, ce thème: « Les entreprises créatrices de bénéfices à la société ? » Animé par l’éditorialiste en chef du Soir, Béatrice Delvaux, ce tour de parole réunira Thierry Bodson (Secrétaire général de l’Interrégionale wallonne de la FGTB), François Fornieri (CEO Mithra Pharmaceuticals), Paul Jorion (Titulaire de la chaire « Stewardship of Finance » à la Vrije Universiteit Brussel), Raphaël Sebbe (CEO de Creaceed) et Hilde Vernaillen (Présidente du Comité de direction du Groupe P&V Assurances) pour discuter de la capacité des entreprises à être bienfaitrices ou non d’une entière communauté.

« Le Politique, La Finance et L’Individu : pouvoirs et dynamiques de changement » sera le thème du deuxième débat, le dimanche de 13h20 à 14h50. Mené par l’auteur Jean Cornil, il rassemblera autour de la table Jean-François Kahn (Journaliste et écrivain), Bruno Colmant (Professeur d’université, économiste, fiscaliste), Susan George (Présidente d’honneur d’ATTAC-France) et Jean-Pierre Hansen (UC Louvain, Académie royale de Belgique, Président du Forem) pour voir plus clair dans le pouvoir de la finance et dans ce que la politique peut encore fournir comme vision de société.

Enfin, le dernier de cette trilogie, abordera les jeunes à travers cette question: « Génération Y : Les jeunes adultes, acteurs de changement ou victimes du passé ? ». Avec cette volonté de sortir des sentiers battus du débat traditionnel pour « créer une réelle dynamique d’échange entre les intervenants et le public. » D’ailleurs, aux dernières nouvelles, personnes ne mènera le débat mais ce moment sera cadré par différents acteurs (dont certains se seront produits/se produiront au cours du week-end):  Mr Mondialisation (Bloggeur), Geneviève Damas (Comédienne, metteur en scène et auteure), Abdel En Vrai (Humoriste), Gaël Faye (Auteur, compositeur et interprète), Baptiste Lalieu alias Saule (Auteur, compositeur et interprète), David Murgia (Comédien) et Ismaël Saidi (Comédien, réalisateur et scénariste).

Et les têtes blondes dans tout ça?

Eux non plus ne seront pas oubliés avec les premiers concerts de la journée et un affiche qui ne les oublie pas mais aussi des animations qui leurs sont dédiées. Avec la présence d’Action Ciné Médias Jeunes, de la folie d’Attentions Jongleurs (Samedi à 16h50 et 21h30 et Dimanche à 15h30 et 21h45), de Coco et Charnel de la Cie du Parking (Dimanche 13h30, 15h45 et 17h30), de Créacirque (tout au long du festival), de CRECCIDE ( association pluraliste dont l’objectif est de mettre en oeuvre en wallonie et à Bruxelles, tous les moyens susceptibles de développer la connaissance de la démocratie et des comportements citoyens auprès des enfants), d’Excepté Jeunes, de Funeral Wedding par la Cie Cie Ebadidon (Samedi  13h45, 16h30 et 18h45) et des Jeunesses Scientifiques de Belgique.

Voilà, vous savez tout ou presque sur ce festival qui, à notre sens, en-dehors des considérations et du flou politiques qui l’entourent (rien de plus normal au vu de son organisation par Solidaris) mérite qu’on ne s’arrête pas à ça et qu’on le considère comme un vrai et beau festival dans un cadre incroyable).

Infos et réservation: www.lafetedessolidarites.be

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