Un vent puissant et alaskain a tout emporté du Belvédère

Le groupe d’indie pop rock Alaska Alaska a fait sa rentrée namuroise en grandes pompes le samedi 28 février. Pour la présentation de son premier EP.

Le mot avait été passé. Et sur le coup de 20h, quelque 130 personnes ont afflué sur les hauteurs de la Citadelle pour se laisser envoûter par la musique d’Alaska Alaska. Le groupe namurois qui monte avait en effet choisi le Belvédère pour la « release party » de son premier effort discographique, Nightingale’s creed, un EP de 5 titres aux ambiances et inspirées, dantesques surtout. Un EP déjà disponible numériquement depuis quelques mois mais qui trouve enfin la route des lecteurs cd’s.

Une première partie psychotique

Mais avant de laisser entrer en scènes les régionaux de l’étape, c’est Le Colisée qui a ouvert le feu avec sa pop toute en psychédélisme. David Nzeyimana, alias Le Colisée, déjà venu au Belvédère en clôture des dernières Beautés Soniques, est cette fois venu seul, avec sa guitare. Ca ne l’a pas empêché de charmer les premiers arrivés avec des compositions aux univers chargés et extrêmement originaux. Et notamment une reprise personnalisée d’Un homme heureux de… William Sheller. Ahurissant, passionnant et dansant.

L’entrée des héros

Après quoi, sur le coup de 21h45, pas loin de l’heure de tous les possibles, les brumes bleutées de l’Alaska se sont installées devant un public déjà conquis de proches et de fans de la première comme de la dernière heure. Dès la première mesure, le ton était donné, rock à la fois épique, profond et endiablé. Enivrant même. Il faut dire qu’en trois ans, les six gars d’Alaska Alaska (dont les deux récemment venus Alexandre de Bueger, le batteur également d’Alaska Gold Rush, et Nicolas Pierson, le bassiste aussi dans MAW//SITT//SII) ont non seulement émergé de la bruine, fait quelques concerts assez prestigieux et été les auteurs d’une impressionnante marge de progression. Si bien que, de concert en concert, leur évolution est palpable. Appliqué comme jamais et emmené par la voix si caractéristique de Martin Leroy, Alaska Alaska a aussi amorcé le futur, avec quelques nouvelles compositions plus enjouées. Plus pop. Qui ont fait danser les plus téméraires du Belvédère. Comme Masterpiece, créé il y a seulement trois semaines et faire figure de prochain single tubesque et explosif. Enfin, si sa présence scénique et communicative est peut-être encore à travailler, avec ses ambiances finement esquissées, ses arrangements soignés et ses textes ciselés, Alaska Alaska est sans nulle doute l’une des plus belles promesses que le monde pop-rock namurois ait compté ces dix dernières années. Prochain concert namuro-alaskain au Saint Louis Rock, le 25 avril 2015.

Le bémol

Pourtant, à ce tableau si parfait, je ne peux m’empêcher de rajouter une petite ombre. Car, oui, si le concert est bon, pourquoi ne pas l’écouter? Éternel mystère. Aujourd’hui, de plus en plus, les concerts semblent s’écouter d’une oreille distraite, tout en criant dans l’oreille de son voisin ce que vous avez mangé la veille. Question de respect? De ceux qui font la musique, mais aussi de ceux qui l’écoutent. De ce point de vue, le concert d’Alaska Alaska fut épouvantable, ça piaillait de tous côtés, sur tout et sur rien. Et certainement pas à propos du concert du jour. Certains voient sans doute la musique comme un bruit de fond, comme si les textes (rendus, une fois n’est pas coutume, par un excellent mixage du son) ne valaient pas la peine d’être écoutés. Pourtant, il restait des places dans le fond où les bruyants n’auraient embêté personne. Dommage, car quand ceux-là ont vraiment fait l’effort d’écouter, les musiciens avaient eux quitté la scène.

Et pour écouter:

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