La taverne du Cheval Rouge (Frontier Gal, Charles Lamont, 1945)

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« Une fille de saloon est amoureuse d’un hors-la-loi. »

Ça, c’est le synopsis wikipedia, en réalité très éloigné du sujet réel du film. Et la lecture de l’excellent Undertaker nous a donné envie de parler de ce bon western.

Au début du film, on assiste à une poursuite : Johnny Hart (excellent Rod Cameron, dont je recommande au passage le génial PanhandleLe justicier de la Sierra) échappe à une horde de poursuivants et arrive dans un saloon, où il se heurte à la tenancière, Lorena Dumont (Yvonne De Carlo), qu’il séduit avec force (il l’embrasse de force à de nombreuses reprises) et humour cynique. Il la vole à un gars assez louche, Blackie, selon lui responsable de la mort d’un ami. Avide de vengeance envers ce même Blackie, il finit en taule pendant six ans, complètement élidés. Lorsqu’il ressort, il revient au saloon, où il retrouve Lorena (qui l’avait forcé à l’épouser sous la menace d’une arme – une femme au tempérament bien trempé) et surtout sa fille, née après son départ en taule et dont il ignorait l’existence. Le conflit naît avec Lorena et sa quête de vengeance reprend…

En fait, le méchant n’est pas très intéressant. De même, contrairement à ce qui est annoncé, Yvonne de Carlo n’est pas du tout l’héroïne du film. Le héros reste Rod Cameron, présent durant tout le métrage et s’initiant au rôle de père. Le véritable sujet est là : un type sans codes particuliers, solitaire et cynique, se range et finit par accepter son rôle de père. Il affronte sa fille (une future teigne comme maman) et se laisse progressivement séduire par elle au point d’en réclamer la responsabilité.

Outre ce sujet, assez surprenant dans l’univers westernien, le film offre un ton très plaisant et saupoudré d’un humour réellement drôle et réjouissant. Un vrai plaisir aujourd’hui édité chez Sidonis.

La taverne du Cheval Rouge (Frontier Gal), de Charles Lamont, avec Rod Cameron, Yvonne de Carlo. 1h32. Edité en 2013 par Sidonis Calysta.

Par Gérald Sanzo.

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